Les Vingt-Cinq ont arraché un accord lundi soir un accord sur le développement rural. Ce qui n'empêche pas le débat sur la PAC de s'envenimer, entre la Grande-Bretagne et la France.
L'Europe peut encore se retrouver sur la question agricole. Lundi soir à Luxembourg, les Vingt-Cinq ont en effet arraché, à l'unanimité, un accord qui simplifie les règles d'attribution des fonds communautaires pour le développement rural. Preuve que l'Union européenne bouge encore. Même si la polémique sur la politique agricole commune (PAC), initiée par Tony Blair à l'occasion des discussions sur le budget, n'en finit plus d'enfler. Alors qu'il s'apprête, jeudi, à prendre la présidence de l'Union, le premier ministre britannique, que beaucoup accusent d'avoir fait capoter le sommet de la semaine dernière, a de nouveau martelé, mardi, son message : « nous acceptons de reconnaître que le rabais est une anomalie qui doit partir, mais qui doit partir dans le contexte d'un changement des autres anomalies ». Autrement dit, pas de renégociation du rabais britannique, obtenu par Londres en 1984 parce que le pays payait plus qu'il ne recevait, sans remise à plat de la PAC.
Un marchandage auquel la France, appuyée jeudi par la Grèce, est opposée. Non seulement parce que la PAC a fait l'objet d'un accord unanime en 2002, qui sanctuarise les dépenses agricoles jusqu'en 2013. Mais aussi, selon Dominique de Villepin, le premier ministre, parce que « ces deux dépenses n'ont strictement rien à voir : il y a d'un côté des dépenses indispensables pour répondre à nos besoins alimentaires européens et nationaux ; de l'autre il y a le chèque britannique, un héritage du passé, un héritage désuet, […] une véritable dépense d'Ancien régime ». La France reste, de loin, le premier bénéficiaire de la PAC : en 2004, elle a reçu 9,4 milliards d'euros d'aides agricoles, sur un total de 44,8 milliards. La ristourne britannique, elle, se montait à 4,5 milliards l'année dernière.

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