C'est tout le contraire. Ce paradoxe apparent n'est pas que le fruit du hasard. Démonstration et explications.
Il faut changer le rapport des forces entre le capital et le travail. » Prononcée devant ses camarades du Pas-de-Calais, la harangue de Ségolène Royal sonne comme une menace pour les marchés. Mais, au regard des performances boursières réalisées sous la gauche, les spéculateurs devraient plutôt souhaiter une victoire socialiste en 2007. En effet, depuis 1974, un investissement en actions françaises réalisé dans les périodes où la droite était au pouvoir (dix-sept ans et dix mois) aura progressé à un rythme annuel d'à peine 2,3 %, quand un placement sous mandat socialiste (quatorze ans et huit mois) rapportait 18,3 % par an. Le livret A d'un côté, le fonds spéculatif de l'autre !
La palme revient à Laurent Fabius, Premier ministre de juillet 1984 à mars 1986, quand la Bourse française double de valeur (54 % par an). En deuxième position, Dominique de Villepin, arrive loin derrière : depuis sa prise de fonctions, le 31 mai 2005, le CAC 40 a augmenté de 30 %, soit 19,9 % en rythme annualisé. La troisième place, dévolue à Pierre Mauroy, épouvantail des marchés lors de son arrivée aux affaires, en mai 1981, peut aussi déconcerter. Mais, avec le tournant de la rigueur de 1982-1983, il finit son règne sur un festival boursier avec un gain de 17 % l'an. Seuls trois Premiers ministres voient la Bourse baisser, et ils sont tous de droite : Edouard Balladur, Jacques Chirac (en 1974 comme en 1986) et Jean-Pierre Raffarin.
A l'exception de 2001, la droite a occupé Matignon pendant les pires années boursières dans le monde (1974 et 1987). Mais une comparaison avec l'évolution de l'indice américain, le Dow Jones, permet d'effacer les aléas de la conjoncture et, si ce rapprochement réduit les écarts, la gauche garde largement l'avantage. Sous la droite, la Bourse française gagne 2,3 % en moyenne, quand Wall Street progresse à un rythme de 7,2 %. Mais, sous la gauche, le CAC 40 gagne 18,3 %, alors que l'indice américain n'augmente que de 10,3 %. Un gestionnaire de portefeuille impertinent pourrait conseiller d'investir à Paris avec les socialistes au pouvoir et de miser sur Wall Street quand arrive la droite !
On doit ajouter que la gauche a profité des réformes réalisées sous la contrainte européenne, comme la monnaie forte, l'arrimage du franc au mark, la libre circulation des capitaux ou la naissance de l'euro. Les socialistes ont eu la chance de participer à tous ces rendez-vous historiques.
Finalement, les propos d'estrade de Ségolène Royal seraient presque de bon augure pour les boursiers : en 1971, lors du congrès d'Epinay, François Mitterrand n'appelait-il pas à « la rupture avec le capitalisme » ?

La compagnie aérienne se prépare pour la libéralisation des liaisons internationales de janvier 2010. Par ailleurs, sous la pression du pétrole cher, le groupe est contraint de revoir à la baisse ses ambitions.
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