Une étude du CEPII a observé la « fuite des cerveaux » européens à travers les recensements américains. S’il progresse, l’ampleur du phénomène est cependant à relativiser en France. Seuls 1,5% des chercheurs français ont émigré pour les Etats-Unis entre 1991 et 2000.
L’Europe a de la fuite dans les idées. Des inquiétudes s’expriment fréquemment sur l’expatriation des « cerveaux » vers l’étranger, en particulier les Etats-Unis. Le Vieux continent ne saurait pas retenir ses meilleurs talents alors qu’il supporte le coût de leurs formations.
Une étude du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) vient de nouveau accréditer ce phénomène. En observant les statistiques des recensements américains, elle constate que l’expatriation européenne, bien que faible, est en augmentation. Les expatriés sont, en outre, plus instruits que la moyenne et cette sur-représentation des plus diplômés est-elle aussi en progression.
Pourtant, en Europe, comme aux Etats-Unis, la principale source de création de richesse réside désormais « dans les savoirs et les compétences, davantage que dans les ressources matérielles », rappelle l’auteur de l’étude, Ahmed Tritah . A l’instar des biens et des services, la demande pour ces compétences et ces talents s’adresse à un marché de plus en plus globalisé et concurrentiel. L’enjeu est d’importance. Aussi suscite-il fréquemment des mises en garde.
En France, un rapport de la commission économique du Sénat s’était penché sur la question. A l’échelle du continent, le troisième rapport européen sur les sciences et les technologies observait déjà que l’Europe forme un grand nombre de diplômés de l’université, de docteurs et d’étudiants en formation post-doctorale, mais qu’un nombre important d’entre eux allaient exercer leurs talents ailleurs. Au risque de compromettre l’objectif, fixé par le Conseil européen de Lisbonne, de faire de l’Europe l’économie fondée sur le savoir la plus compétitive au monde.
L’étude du CEPII a exploité les données des quatre recensements américains effectués entre 1980 et 2006. Que constate-t-elle précisément ? Dans tous les grands pays européens, à l’exception de l’Italie, les taux d’expatriation augmentent. Plus de la moitié des expatriés européens sont d’origine allemande ou anglaise. Avec respectivement 0,3% et 0,4% des 25-64 ans expatriés aux Etats-Unis en 2006, l’Espagne et la France ont les taux les plus faibles d’Europe, dont la moyenne est de 1,1%. Mais ce sont ces deux pays qui connaissent la plus forte progression relative. Entre la cohorte de 1981-1990 et celle arrivée aux Etats-Unis entre 1996 et 2006, le taux d’expatriés français a augmenté de 77%.
En outre, cette émigration est de plus en sélective, concernant davantage les plus diplômés. La sélectivité est d’autant plus grande que le niveau moyen d’études de la population est faible. Ainsi, au Portugal, les expatriés aux Etats-Unis ont suivi un nombre d’années d’études près de deux fois plus élevé que leurs compatriotes. Et la sur-représentation des plus diplômés est systématiquemet plus forte pour les cohortes d’émigrants les plus récentes, Royaume-Uni excepté.
Concernant les seuls chercheurs, leur taux d’expatriation est partout sensiblement plus élevé pour la cohorte 1991-2000 que pour la cohorte précédente. Mais c’est en France que ce ratio reste le plus faible : seul 1,5% des chercheurs ont émigré aux Etats-Unis entre 1991 et 2000.
Cette étude du CEPII invite à mettre en perspective cette fuite des cerveaux européens et les objectifs non tenus de la stratégie de Lisbonne. En mars 2000, le Conseil européen, réuni dans la capitale portugaise, avait appelé à augmenter les dépenses de recherche et développement au sein de l’Union. A la fin des années 90, celles-ci atteignaient en moyenne 1,8% du PIB dans l’UE à 15. L’objectif était de les porter à 3% du PIB en 2010. Or dans la majeure partie des Etats membres, ce ratio n’a guère augmenté et reste inférieur à 2%.

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Cet article est lacunaire en ce sens qu'il se contente juste de décrire une situation sans aucunement chercher à l'analyser. Il aurait été intéressant de remettre en perspective les chiffres annnoncés avec les motifs et les causes expliquant ces départs depuis l'Europe vers les Etats-Unis.
Exporter des bacs 9 Importer des bacs -9 c'est ce que le France réussi de mieux. Bravo et grand merci, en tout cas, à ceux qui ont décidé, malgré tout, de rester.
1- La crise économique américaine pourrait bien ralentir le processus, surtout s'il s'y rajoute une crise énergétique et écologique. 2- Il faut se demande pourquoi, parce que les chiffres présentés n'indiquent pas pourquoi. On peut imaginer la qualité de vie (Silicone Valley, le taux d'imposition, la sécurité, le désordre universitaire en France, le niveau des salaires ou la proximité linguistique. Il n'y a pas de fatalité à cela. 3- Il existe aussi une francophonie et il peut très bien exister un modèle de chercheurs francophones ou francophiles. 4- On peut aussi penser que certains ne sont pas forcément attirés par les USA mais fuient la France tant l'administration, la fiscalité, les inerties à l'innovation sont nombreuses. 5- Alors il nous faut restaurer la qualité de vie chez nous, l'image de la France, les capacités de libération de la création, imaginer un nouveau modèle de société en avance sur les autres : l'écologie réelle et appliquée. C'est aussi un aspect très important de la recherche d'aujourd'hui et de demain. 6- Il ne faut surtout se complexer vis à vis des USA, ils sont sur la mauvaise pente.