
Le changement des modes de consommation et l’érosion des vins français
La France va perdre sa place de premier producteur mondial de vin d'ici 2015 au profit de l'Espagne, selon une étude du Credoc pour les Vignerons indépendants. La production française passerait de 52,8 millions d'hectolitres sur la période 2000-2004 à 43,9 millions en 2015, indique le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc) dans son étude publiée mardi.
Les vins français sont pénalisés par la diminution des volumes consommés, surtout sensible pour les rouges (les blancs et les rosés restant stables), estimée à 2,6% par an entre 2000 et 2008 et 1,1% entre 2008 et 2015. Cette baisse, particulièrement sensible depuis quatre ans, est liée notamment à la montée des préoccupations de santé, une consommation plus occasionnelle des jeunes générations et des ouvriers et la concurrence des boissons non alcoolisés lors des repas.
Concernant les exportations, les vignerons français vont pâtir d'une perte de parts de marché sur les marchés traditionnels (Europe de l'Ouest) et sur les marchés émergents (Royaume-Uni, Etats-Unis, Chine et Japon), face à la concurrence des nouveaux producteurs en Amérique et en Océanie, souvent plus agressifs et efficaces commercialement. Sur les 12 principaux marchés étrangers (81% des ventes françaises), les exportations en volume baisseraient de 1,1% en moyenne par an entre 2005 et 2015.
Dans ce contexte, les Vignerons indépendants, qui représentent 35% des exploitations viticoles françaises, 53% du vignoble nationale et 49% de la production nationale, vont résister même si des adaptations aux nouveaux modes de consommation seront nécessaires. Leur nombre devrait diminuer de 2,2% par an en moyenne entre 2000 et 2015 pour atteindre 27.791 à cette date, alors que leur production ne se réduira que de 0,6% par an en moyenne, du fait de la hausse de la taille moyenne des exploitations (17 hectares en 2015).
« Il faut sur certains marchés adapter les produits aux nouvelles demandes. On essaie de faire passer le message », a commenté Michel Issaly, président du syndicat des Vignerons indépendants de France, lors de la présentation de l'étude mardi. Selon le Credoc, qui a interrogé de nombreux vignerons indépendants, les solutions passent notamment par un regroupement de certaines exploitations dans le domaine de la logistique, voire du commercial, à la fois pour limiter les coûts mais également pour obtenir un meilleur accès aux circuits de distribution, en particulier les grandes surfaces.

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Le commentaire de gesmap est plus qu'approximatif : La hausse du degré alcoolique est dût au réencépagement qualitatif du vignoble et aussi a la hausse des temperatures qui engendre des concentrations de sucre plus élevées...Il n'y a donc plus de chaptalistion en Languedoc depuis 2003. Le prix du vin de table est constament en baisse et en dessous des couts de production d'où des importations en hausse de ces types de vin.... , notamment d'Espagne. Enfin, il y a plutot moins de feuilles dans une vendange faite à la machine que dans celle faite à la main : Les feuilles sont extraites par ventilation. Ce qui met en difficulté le vin français c'est surtout la stucture de ses entreprises : beaucoup de petites unités face à de grosses multinationales étrangéres qui mettent en marché des marques et peuvent financer du marketing. La méconnaissance du vin lui fait aussi du tort : Le seul vrai vin " naturel" sans conservateur, sans correction de la part du vigneron c'est le vinaigre. Le vin est un produit de la culture humaine autant que de la nature. Par pseudo-romantisme, par l'illusion de croire qu'avant tout etait meilleur et mieux fait, nous sommes en train en France d'abandonner une culture qui reste l'une des rares a n'être pas subventionnée.
C'est un désastre, car on perd un savoir-faire dans la viticulture française. C'est vrai que lorsqu'on compare la production vinicole dans les années 40 avec ce que l'on fait actuellement, il y a eu une montée des additifs chimiques et de la "chaptalisation" (comment explique-t-on le fait que pratiquement tous les vins ont des degrés d'alcool de 12° alors qu'à l'époque il variait de 10°5 à 14° selon les régions et qu'en laissant une bouteille à l'air, il ne se développe plus de "mer" donnant du vinaigre (sulfites?)). Les vignerons ne font plus leur travail comme autrefois (les machines vendangeuses y mettent aussi les feuillages dans la récolte du raisin) et de plus, ils veulent vendre des vins de table au prix des appellations contrôlées (cf surout le Languedoc). Tous ces facteurs font du tort à la viticulture française (sans parler des fraudes à l'étiquetage). Ensuite on multiplie les nouvelles appellations au lieu de conserver l'inventaire classique du début du vingtième siècle. Ne pas oublier l'influence néfaste de la publicité anti-alcool sur le public faisant du vin une drogue! En 1900, la production était de l'ordre de 100 millions d'hectolitres, 100 ans après environ 50 millions d'hectolitre tandis que la population augmentait de 150%.