Le taux de croissance du PIB mondial redeviendra probablement positif en 2010, mais il ne dépassera sans doute pas 1,6%, selon les prévisions de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement publiées lundi.
A en croire le rapport annuel de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced) sur le commerce et le développement 2009, publié lundi 7 septembre, la crise est loin d'être finie. "Sa gravité et son ampleur sont sans précédent et aucun pays n'est épargné", prévient l'organisme onusien en estimant que le PIB mondial devrait chuter cette année de plus de 2,5%.
Le PIB des pays développés se contractera en 2009 de 4% et celui des pays en transition de 6%. Quant aux pays en voie de développement, leur croissance devrait tomber de 5,4% en 2008 à 1,3% cette année.
Parmi les régions en développement les plus touchées figurent l'Amérique latine, où le PIB chutera probablement d'environ 2% en 2009. Contrairement à l'Asie de l'Ouest où le PIB devrait reculer, l'Asie de l'Est et du Sud devraient afficher une croissance de 3 à 4% cette année. Et si le continent africain devrait maintenir des taux de croissance positifs, de 3% en Afrique du Nord et de 1% en Afrique subsaharienne, il sera toutefois "quasiment impossible de réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement d'ici à 2015", alerte la Cnuced.
En 2010, le taux de croissance du PIB mondial redeviendra probablement positif, mais il ne dépassera sans doute pas 1,6%, selon les prévisions de la Cnuced.
"La profondeur de la récession a été si importante que, bien sûr, il y aura un rebond (...) mais nous ne voyons toujours pas de reprise réelle", a averti M. Panitchpakdi. Pour le patron de la Cnuced, "l'augmentation actuelle des prix des matières premières est principalement due à un plus grand appétit pour le risque". De son côté, le directeur de la division Globalisation et Stratégies de développement à la Cnuced, Heiner Flassbeck, reproche aux politiques de croire trop souvent "que la progression des places financières est une preuve de la reprise". "Mais c'est faux", assène-t-il.
Car les bonnes nouvelles ne sont pas encore là. Les exportations ne permettront pas de sortir de la crise puisque le "commerce mondial est censé reculer de 11% environ en termes réels" en 2009, selon la Cnuced. Quant à la consommation, elle est également en berne en raison de la montée du chômage dans la grande majorité des pays.
Un espoir tout de même: "Le rebond de l'économie chinoise, au deuxième trimestre de 2009, démontre l'efficacité des mesures de relance par le déficit budgétaire lorsqu'elles sont appliquées rapidement et avec détermination", relève le rapport.
"Nous recommandons de maintenir les politiques monétaires et budgétaires expansionnistes", martèle M. Flassbeck, qui demande également une "plus grande intervention des gouvernements sur les marchés" afin de réduire la "spéculation". M. Flassbeck a aussi défendu une refonte du système international des taux de change, déjà proposée en mars dernier par la Cnuced.
Quant aux pays en voie de développement, en particulier les pays africains, la Cnuced leur recommande de s'engouffrer dans le filon de "l'industrie verte". "S'adapter au changement climatique peut être vu comme une source de revenus", souligne le responsable de la division Macroéconomie et Politiques de développement à la Cnuced, Detlef Kotte. Pour lui, il s'agit "d'être parmi les premiers à développer la technologie verte au niveau local" avant de "l'exporter dans un deuxième temps", poursuit-il.


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