Les comptes de la Caisse des dépôts sont passés dans le rouge pour la première fois depuis 1816. Soit une perte de 1,5 milliard, selon Les Echos, pour l'institution qui gère les milliards de l'épargne des Français. Faut-il s'inquiéter?
Gestion de quelque 200 milliards d'euros d'épargne des Français, soutien aux banques, aux collectivités, à l'investissement, la Caisse des dépôts et des Consignations est volontiers présentée comme le « bras armé de l'Etat »... Problème, pour la première fois depuis sa création en 1816, elle va enregistrer des pertes pour son exercice 2008, chiffrées jeudi à 1,5 milliard d'euros par le quotidien Les Echos. A comparer avec un bénéfice de 2,5 milliards d'euros en 2007. S'il faut attendre la publication des résultats le 16 avril pour avoir confirmation de ce montant, on peut d'ores et déjà s'interroger sur les causes et les conséquences d'une telle contre-performance pour un établissement aussi crucial. Les réponses de L'Expansion.com
Quelles sont les missions de la Caisse des dépôts ?
Historiquement, la Caisse des dépôts avait pour mission d'investir sur du long terme et de façon sécurisée l'épargne des Français (le Livret A et l'épargne logement actuellement). Mais avec le temps ce super gestionnaire s'est vu imposer diverses autres missions. Banquier de la sécurité sociale, gestionnaire des régimes de retraites des fonctionnaires, elle est également chargée de financer les programmes de rénovation urbaines et des logements sociaux. Par l'intermédiaire de ses filiales, elle gère aussi un certain nombre d'activités concurrentielles : l'assurances des personnes, le développement des PME. Par exemple, elle détient à 100% le première société au monde de remonte-pentes : la Compagnie des Alpes.
Mais depuis quelques années, la Caisse a encore accentué ses interventions en tant qu'investisseur institutionnel. Qualifiée de véritable fonds souverain de l'Etat français par les opposants à cette transformation, la Caisse des dépôts n'est plus restreinte aux simples missions d'intérêt général. Elle est ainsi présente dans de nombreuses entreprises du CAC 40. D'Alcatel-Lucent à PSA Peugeot Citroen en passant par Michelin ou encore Dexia (la liste est loin d'être exhaustive), la Caisse des dépôts serait le premier ou deuxième actionnaire d'une entreprise du CAC 40 sur 3.
Comment expliquer ces pertes ?
C'est justement la chute vertigineuse des cours boursiers en 2008 qui serait à l'origine de ces pertes historiques. Des moins values chiffrées à un milliard d'euros par le journal Les Echos. « Si l'on avait appliqué par le passé les normes comptables actuelles, la Caisse aurait assurément été en pertes certaines années, notamment dans les années 1930 », se défend cependant un cadre de l'établissement au quotidien. Et en effet, avec l'obligation comptable de s'en tenir à la valeur actuelle de l'action alors même qu'aucun titre n'a encore été vendu, ces pertes potentielles ne pouvaient être que colossales.
Mais depuis le début de la crise l'intervention de la Caisse sur nombre de dossiers sensibles n'a certainement pas arrangé sa situation financière. Pressée et quasiment forcée par le gouvernement, elle a dû débourser 2 milliards pour le sauvetage de Dexia en septembre, mettre à disposition 17 milliards d'euros pour les banques en octobre, et prêter 2 milliards à Oséo pour financer les PME etc...D'une façon ou d'une autre, la Caisse a injecté près de 50 milliards d'euros depuis octobre affirmait récemment l'Expansion. (Pour lire l'article cliquez ici).
Un interventionnisme aujourd'hui très critiqué à gauche. « Les principales pertes sont dues au nouveau rôle d'investisseur de la CDC. Quand nous sommes entrés au capital de Dexia à hauteur de 2 milliards d'euros, il a fallu constituer des provisions très importantes », explique Jean-Pierre Balligand, député PS, membre titulaire de la commission de contrôle de la Caisse. Avant d'ajouter : « dans ces circonstances, le déficit était inévitable».
Ces pertes sont-elles graves ?
A priori... pas vraiment. « Les Français n'ont aucune crainte à avoir. En effet l'activité première de la Caisse reste la gestion de l'épargne et sur cette activité le bilan 2008 est largement positif », explique Jean-Pierre Balligand. Ainsi, seuls 10% des fonds d'épargne seraient placés en actions. « Pour le reste, comme toute activité d'investissement non spéculatif, la CDC diversifie au maximum ses placements pour les sécuriser.» ajoute-t-il. Au final, les activités business de la seule institution financière publique resteraient accessoires, la perte de 1,5 milliard n'affecterait que les fonds propres de la Caisse, et non les fonds d'épargne...
Malgré tout, cette perte débouchera inévitablement sur un manque à gagner pour l'Etat. Premier actionnaire de la CDC, il ne percevra pas le tiers du montant des bénéfices comme les années passées. Pour Jean Pierre Balligand, le gouvernement a obligé la CDC a sauver ce qui était sauvable. « C'était un peu notre rôle en tant qu'institution financière publique ». Mais il ne faudra pas tirer sur la corde éternellement : « pour jouer le pompier national, il faut que l'eau puisse continuer à couler ». Et aujourd'hui ce n'est vraisemblablement plus le cas...

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Et c'est la CDC qui devrait être l'actionaire en cas de privatisation de La Poste !!! Qu'il nous laisse notre boulot et le service public préféré des français. La Poste vit de ses bénéfices et n'a pas besoin de ces apprentis sorciers quel que soit leur position !!! Messieurs les Banksters, les postiers ne vous saluent pas !!!
Les gens de gauche ont toujours été très forts pour investir avec l'argent des autres......Quand ce n'est pas à leur profit....c'est la catastrophe!
Bonjour, Non ça ne m'inquiète pas ! Pourquoi ? Parce que la CDC est une institution publique ! Il n'est pas de même pour des maisons qui pseudos-mutualistes et pseudos publiques gèrent des fonds publiques sans que ses normes comptables et les vérifications comptables soient appliquées à l'ensemble du groupe qui la compose. Je veux parler du Crédit Mutuel. En fait les caisses de crédit Mutuel peuvent gérer des comptes annexes de la Sécurité sociales. ceci Pourquoi pas ! Mais encore faudrait-il que la vérification comptable des caisses soit effectuée par un organisme indépendant et dont les vérificateurs montrent patte blanche parce que trié sur des critères de probité. Or il n'en est rien les caisses du Crédit Mutuel ne sont vérifiées que par le Crédit Mutuel. Cela pose un problème déontologique certain, mais qui ne semble pas gèner outre mesure la gente politique. Peut être y a t-elle intérêt !
N'allez pas chercher plus loin pour comprendre la raison pour laquelle le taux d'intérêt du livret A va baisser. Ce sont finalement les petits épargnants qui trinquent pendant que le gouvernement pioche dans leurs économies pour effacer les erreurs (le mot est faible) des banques. Et on essaye de nous faire croire que notre argent sert à la construction de logements sociaux et à rien d'autre. On nous prend vraiment pour des imbéciles.