La France a affiché un nouveau déficit du commerce extérieur en septembre, à 794 millions d'euros. Sur neuf mois, le déséquilibre atteint 3,3 milliards. Les exportations sont certes en hausse. Pourtant, euro fort oblige, c'est sur elles que se concentrent les principales inquiétudes.
Le commerce extérieur de la France est toujours dans le rouge, et sans doute durablement. En septembre, le déficit de la balance commerciale a atteint 794 millions d’euros, ce qui, sur neuf mois, le porte à près de 3,3 milliards, selon les données corrigées des variations saisonnières publiées mercredi par les Douanes. Alors que, sur la même période en 2003, le pays affichait un excédent, de 667 millions. Et d’après Marc Touati, économistes chez Natexis Banques Populaires, le déficit commercial « devrait dépasser les 4 milliards sur l’ensemble de 2004 ». Problème principal : les exportations. Elles ont certes augmenté en septembre, de 2,4% sur trois mois et de 7,2% sur un an, ce qui a permis à François Loos, ministre délégué au commerce extérieur, de saluer la « bonne nouvelle » de ce « record historique ». Mais à un rythme moindre que les importations, qui ont bondi de 4,5% et 13,2%.
Les économistes estiment que la hausse de l’euro est en partie responsable du déséquilibre de la balance commerciale. Non seulement l’euro fort rend moins attractifs les produits vendus en dehors des frontières de l’Union européenne, mais, à l’inverse, il rend plus intéressants l’importation de biens et services en provenance du reste du monde. Pour le moment, le niveau de la monnaie unique n’a pas encore de conséquences catastrophiques, dans la mesure où le boom du commerce mondial, qui atteindra une croissance de 15% cette année, masque encore ses effets négatifs. Mais le ralentissement annoncé pour l’année prochaine pourrait aggraver les « mauvaises performances françaises à l’exportation », selon Emmanuel Ferry, de la société de bourse Exane. Alarmiste, celui-ci estime même que le « déficit commercial est en passe de redevenir structurel pour la première fois depuis 1992 ». La faute à la « désindustrialisation », selon lui, et au « manque d'innovations technologiques ». Une inquiétude en partie partagée par Patrick Artus, de Ixis-CIB, pour qui « la structure des échanges commerciaux de la France n’est pas du tout orientée vers les pays émergents à forte croissance comme la Chine ».

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