Les 25 ont adopté leur première liste commune de compagnies dangereuses, interdites d'accès à l'espace aérien européen. Parmi elles, de nombreuses compagnies africaines ou "de bout de ligne" qui n'étaient pas actives sur le Vieux continent. D'où certains doutes sur sa pertinence...
L'Union européenne a adopté mercredi sa première liste noire aérienne de 95 compagnies aériennes jugées dangereuses, annonce mercredi un communiqué de Bruxelles. Sur cette liste, 3 sont soumises à des "restrictions" de vol, visant, par exemple, certains appareils. Les 92 autres font l'objet d'une interdiction pure et simple et totale de pénétrer l'espace aérien de l'UE. Des mesures exécutoires à partir de samedi prochain. Les 25 ont ainsi banni en bloc toutes les compagnies de certains pays dont les systèmes de contrôle sont jugés "inadéquats". Il s'agit de la République démocratique du Congo - à l'exception d'une compagnie, interdite seulement partiellement - de Sierra Leone, de Guinée équatoriale, du Liberia et du Swaziland. Parmi les autres compagnies interdites, seules une petite dizaine ne sont pas africaines, mais originaires d'Asie centrale ou encore de Corée du Nord et de Thaïlande.
Longtemps réticents à l'idée d'une liste noire commune, les Etats membres ont fini par s'y rallier après la série de catastrophes aériennes de l'été 2005. Les critères d'élaboration de la liste, qui va se substituer à celles de chacun des 25, reposent sur les "résultats des contrôles effectués dans les aéroports européens", l'utilisation "d'avions mal entretenus, vétustes ou dépassés" ou "l'incapacité des compagnies à corriger les déficiences identifiées lors des inspections". Une partie des compagnies placées sur la liste noire ne volent pas actuellement dans l'UE. Mais "certaines pourraient essayer d'entrer sur le marché européen, par exemple avec des vols charters, donc cette liste aura aussi un effet préventif pour protéger les consommateurs", a expliqué un porte-parole de la Commission. La liste permettra également d’ouvrir des droits aux consommateurs ayant acquis auprès d’un voyagiste un voyage incluant un vol en dehors de l’Union opéré par une compagnie figurant sur la liste noire. Elle sera actualisée "aussi souvent que nécessaire" et au moins tous les trois mois, a encore précisé Bruxelles.
Généralement considérée comme "un bon début", cette première publication soulève cependant déjà des critiques. Pour René-Marc Chikli, président de l'Association de tours opérateurs-Ceto, "le contenu de la liste reste très marginal. Il s'agit surtout de compagnies dites de bout de ligne". Une opinion partagée par Gilles Meynard, pdg d'Air Partners International, un courtier aérien, qui affrète des avions à la demande. Selon lui, "certaines ne venaient pas en Europe, d'autres ont disparu, d'autres sont semble-t-il des compagnies fantômes". Le président de la Fédération internationale des victimes d'accidents aériens, Gérard David, s'est quant à lui dit "étonné" de l'absence de compagnies du bassin méditerranéen "alors qu'il y a récemment eu des problèmes, avec des passagers qui ont refusé de décoller ou qui ont quitté les avions".

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