
Conséquence du ralentissement économique, l’OCDE prévoit une remontée du chômage au sein de la zone en 2008 et 2009. Et cette hausse va peser sur les rémunérations.
Le gros de la crise des « subprime » est passé, estime l’OCDE. Mais ses effets, conjugués à d’autres turbulences, pétrole cher et retournement du marché immobilier notamment, « devraient peser sur le rythme de croissance économique pendant un certain temps », prédit l’organisation sise au Château de la Muette. Ainsi, l’OCDE s’attend à ce que la croissance économique de la zone tombe à 1,8% en 2008. Et 1,7% en 2009.
Conséquence, l’OCDE pronostique une remontée du chômage en 2008 et 2009. Mécaniquement, le ralentissement de la croissance va se traduire par moins de créations d’emploi.
En 2007, ce ralentissement était déjà à l’œuvre, rappelle l’OCDE. La croissance de l’emploi est descendue à 1,5%, contre 1,7% en 2006. Toutefois, plusieurs pays ont fait exception, comme la France, où les offres d’emplois ont été plus nombreuses l’an dernier.
Cependant, bien qu’en décélération, la croissance de l’emploi a continué de dépasser celle de la population active, pour cause de départ en retraite des générations du baby-boom. Générant un recul du chômage dans tous les pays de l’OCDE ou presque.
Or en 2008 et 2009, la croissance de l’emploi devrait ralentir encore. Elle s’établirait à 0,7% en moyenne dans la zone en 2008 et 0,5% en 2009. Ce recul sera bien plus soutenu en Espagne et en Irlande, avertit l’OCDE. Et dans la plupart des pays de la zone, la croissance de l’emploi sera désormais inférieure à celle de la population active. Faisant repartir le chômage à la hausse.
Le nombre de chômeurs passerait de 32 à 33 millions cette année. Il progresserait encore d’un million en 2009, prévient l’OCDE. Soit un taux de chômage de 6% au sein de la zone l'an prochain, un chiffre identique à celui de 2006. En France, l’OCDE prédit un taux de 7,5% cette année, et de 7,6% en 2009. Aux Etats-Unis, le nombre de chômeurs devrait atteindre 9,5 millions en 2009. Soit une augmentation de 2,4 millions d'unités depuis 2007.
Cette recrudescence du chômage va peser sur les salaires. Alors qu’il était en progression jusqu’à l’an dernier, passé de 0,9% en 2006 à 1,2% en 2007, le taux de croissance de la rémunération réelle va chuter à 0,5% en 2008, avant de se reprendre à 1,3% en 2009. Mais en France, l’OCDE prédit même un recul des rémunérations, de 0,1% cette année. l’Espagne et la Belgique devraient connaître une évolution identique. La baisse des salaires sera plus marquée encore en Irlande.

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