L'OCDE a fortement revu en baisse ses prévisions de croissance, notamment en France, mais aussi en Italie et en Allemagne. Comme le FMI, l'organisation appelle la Banque centrale européenne à assouplir enfin sa politique monétaire.
Le débat sur une baisse des taux d'intérêt en Europe n'est pas clos. Et cela même si Jean-Claude Trichet a déclaré lundi que « cela serait plus préjudiciable que bénéfique ». Car les pressions sur le président de la Banque centrale européenne s'accentuent. Après divers responsables politiques, notamment en Allemagne, après le Fonds monétaire international, l'OCDE s'y met à son tour. Dans ses perspectives économiques de printemps, présentées mardi, l'organisation pour la coopération et le développement économique, qui regroupe une trentaine de pays industrialisés, a en effet indiqué qu'un assouplissement monétaire était « requis » en zone euro. Et, pour élaborer ses pronostics, elle a retenu l'hypothèse d'une baisse du taux directeur de 0,5 point d'ici fin juin, ce qui le porterait à 1,5%. Selon Jean-Philippe Cotis, le chef économiste de l'OCDE, un tel scénario est rendu nécessaire par la coexistence de deux facteurs : « un affaiblissement des tensions inflationnistes et une croissance qui va rester molle pendant quelques temps ».
Cette « croissance molle » l'est même de plus en plus. L'OCDE a ainsi revu en baisse ses prévisions pour 2005, jugeant peu probable « une franche résurgence de l'activité avant la fin de l'année ». Au lieu de 1,9%, elle table désormais sur 1,2%. Avant d'anticiper un rebond à 2% en 2006. L'Italie serait la plus mal lotie, avec une croissance négative de 0,6% en 2005, un déficit et une dette atteignant respectivement 4,4% et 106% du PIB. L'Allemagne devrait enregistrer une croissance de 1,25%, contre une prévision initiale de 1,4%. Et la France s'en sortirait à peine mieux, avec un PIB en hausse de 1,4%, alors que l'OCDE attendait encore 2% lors des prévisions faites il y a six mois. Le déficit resterait aux alentours de 3% du PIB, contrairement aux engagements du gouvernement à l'égard de Bruxelles. Et le chômage devrait tourner autour de 10% en fin d'année, un chiffre qui, là aussi, défierait les prévisions optimistes de Jean-Pierre Raffarin.

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