Dans son rapport d'automne, l'OCDE s'est penchée sur la forte augmentation des prix immobiliers dans les 30 pays de la zone. Certains sont clairement menacés d'un éclatement de la bulle si les taux remontent fortement.
L'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) n'utilise pas le terme de bulle immobilière. Mais la périphrase est éloquente : "l'ampleur et la durée de l'augmentation des prix réels des logements, l'homogénéité de leur évolution dans différents pays et leur découplage par rapport au cycle économique (…) sont sans précédent" expliquent les économistes du château de la Muette dans un focus spécial de leur rapport sur les perspectives économiques mondiales à l'horizon 2007 publié mardi. Première particularité du cycle : dans la plupart des pays de la zone, les prix réels des logements ont dépassé les sommets qu’ils avaient atteints lors des précédents cycles. La durée du cycle actuel est également beaucoup plus longue, au moins deux fois plus aux Etats-Unis, en Australie, en Norvège, aux Pays-bas et en Suède. Autre particularité : les augmentations récentes des prix des logements sont arrivées à contre-courant de l'activité économique.
Est-ce à dire pour autant que les prix sont surévalués ? L'organisation se veut plus nuancée, Pour elle, c'est effectivement clairement le cas au Royaume-Uni, en Irlande et en Espagne. A l'autre bout du spectre, en Allemagne, en Suisse et au Japon, les marchés immobiliers "semblent sous-évalués", explique l'organisation. Trop de logements ont été construits pendant la décennie précédente, et l'offre est aujourd'hui supérieure à la demande. En France, comme aux Etats-Unis et dans les pays scandinaves, "les prix concordent à peu près" avec leurs principaux déterminants. Mais attention à la définition : pour considérer que les prix sont "justifiés", explique l'OCDE, il faut faire l'hypothèse que les taux d'intérêt à long terme, qui exercent une influence prédominante sur les taux hypothécaires, resteront pratiquement aussi bas qu'actuellement", écrit l'organisation.
Car l'OCDE pointe les dangers en cas de remontée des taux d'intérêt - une hypothèse qu'elle ne privilégie pas - sans pour autant donner de chiffres ou de scénarios précis. A la lumière du passé, l'organisation prédit qu'en cas de hausse des taux, les prix des logements pourraient connaître des baisses "importantes en terme réels et durables". Avec des conséquences sur le plan de l'activité. Sans plus de précisions. Cela explique en partie que l'OCDE ne voit pas d'un bon œil le prochain resserrement monétaire que veut opérer la banque centrale européenne.

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