
Les prix à la consommation en France progressent de seulement 0,3% par rapport à mars 2008. Le chiffre de l'inflation va bientôt devenir négatif. Mais la déflation ne serait pas à craindre, selon des économistes.
Les prix à la consommation en France ont augmenté de 0,2% en mars sur un mois et progressent de seulement 0,3% par rapport à mars 2008, soit la plus faible hausse annuelle depuis juin 1999, a annoncé l'Insee vendredi.
L'inflation s'était établie à +0,4% en février, avec une hausse de 0,9% sur un an.
La hausse de l'inflation en mars "résulte principalement de la hausse des prix de l'habillement, des chaussures (+6,0%) et des autres produits manufacturés (+0,5%) à l'issue des soldes d'hiver", de même que celle des prix des loyers, de l'eau et des services d'enlèvement des ordures ménagères (+0,3%), relève l'Institut national de la Statistique.
Ces augmentations sont "en partie compensées par les baisses des prix de l'énergie (-2,0%), des services de transports et communications (-0,8%) et des produits frais (-1,1%)".
Les prix des autres produits alimentaires et des autres services sont stables, ajoute l'Insee.
"Mécaniquement, cela redonne du pouvoir d'achat aux ménages au moment où ils en avaient le plus besoin, dans un contexte de forte remontée du chômage", souligne l'économiste Alexander Law , du cabinet Xerfi. La consommation dernier moteur de la croissance française, pourrait s'en trouver conforter.
Reste que le mouvement de baisse des prix va se poursuivre. Selon l'Insee, l'évolution des prix à la consommation sur un an va même devenir temporairement négative, à -0,6% en juin, en raison de l'ampleur de la baisse des prix du pétrole enregistrés depuis le pic de l'été 2008.
Mais pas de quoi craindre la déflation, selon Alexander Law. « Il ne faudra pas s'inquiéter lorsque le chiffre (de l'inflation) deviendra négatif car cette baisse n'est pas liée aux caractéristiques intrinsèques de l'économie française mais au repli des cours des matières premières sur un an », affirme-t-il. Il relève d'aillerus que l'inflation sous-jacente, c'est-à-dire hors énergie et alimentation, reste dans une zone confortable à +1,6% en mars.
«On reste loin de la déflation qui est un enchaînement économique bien plus complexe qu'une simple baisse des prix mesurée et temporaire »renchérit Cyril Blesson, économiste chez Seeds Finance. Il prévoit pour sa part un "rebond en fin d'année, toujours en lien avec le pétrole".
Le recul de l'inflation a en tout cas une autre conséquence concrète: le taux du livret A sera ramené à 1,75% au 1er mai, au lieu de 2,5% actuellement. L'application du mode de calcul automatique du taux, qui dépend en particulier de l'inflation, aurait même dû faire passer la rémunération du Livret A à 1%. Mais le gouvernement a décidé de donner un coup de pouce pour "contribuer à un meilleur financement de l'économie française et aux objectifs du plan de relance".

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