Nicolas Sarkozy a fixé un objectif d'immigration économique de 50%, contesté par certaines associations et experts. Interview d'Alain Théault, ministre-conseiller de l'immigration à l'ambassade du Canada, dont le pays a été cité en exemple par le président de la République.
Le ministre de l'immigration et de l'identité nationale, Brice Hortefeux, a reçu cette semaine sa lettre de mission. Fidèle à la thématique de « l'immigration choisie » développée par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne électrorale, elle comporte un objectif chiffré qui fait déjà polémique. "Vous fixerez chaque année des plafonds d'immigration selon les différents motifs d'installation en France et vous viserez l'objectif que l'immigration économique représente 50% du flux total des entrées à fin d'installation durable en France" lui écrit en effet le Président de la République. Sachant que l'immigration économique représentait 7% des flux en France en 2005, loin derrière le regroupement familial (51%), les demandeurs d'asile et l'entrée d'étudiants (27%). Si des associations comme SOS Racisme se sont émues, des experts comme Patrick Weil, directeur de recherches au CNRS, ont mis en doute la possibilité d'atteindre un tel objectif sauf à "(violer) massivement le droit à une vie de famille normale".
Concernant les modalités de mise en œuvre, Nicolas Sarkozy suggère que les candidatures à l'immigration soient examinées en prenant en compte des critères préétablis, déterminés en tenant compte des priorités. Et il demande à BriceHortefeux de s'inspirer « de la politique entreprise par certains de nos partenaires, notamment Canada ou la Grande-Bretagne ». LExpansion.com a donc interrogé Alain Théault, Ministre-conseiller en Immigration à l'Ambassade du Canada, où l'immigration économique représente officiellement 60% des entrées. Mais où ces données intègrent la famille.
Un quota d’immigration économique de 50% est-il envisageable au Canada?
Alain Théault. En ce moment, l’immigration économique représente 60% des immigrants au Canada, mais on inclut dans ce pourcentage la famille des immigrants économiques qui arrivent pour travailler chez nous. Nous avons des objectifs annuels qui nous mènent à accueillir à peu près 250.000 immigrés par an, en plus des travailleurs étrangers temporaires, des étudiants étrangers et des visiteurs. Un chiffre qui correspond au budget alloué à la sélection et à l’intégration, et aux différents programmes visant les réfugiés, le regroupement familial et l’immigration économique.
En fixant nos objectifs – et non pas des quotas - nous établissons une cible globale qui est répartie ensuite entre tous nos bureaux à l’étranger. Par exemple, ma responsabilité depuis Paris couvre 12 pays avec une cible de plus de 13.000 immigrants cette année, mais sans répartition spécifique par pays. Le pourcentage d’immigrés économiques est très important, et relativement stable, chez nous ; mais il a fait ses preuves au travers du temps. Notre politique d’immigration ne signifie pas seulement recevoir, mais aussi intégrer. Cela implique le fait d’avoir un système : le nôtre, ancré dans l’histoire du pays, concerne aussi l’éducation des citoyens.
En France, on évoque un certain modèle canadien. Quels sont les caractéristiques d’un tel modèle, s’il existe ?
Chez nous, le juge qui transmet le certificat de citoyenneté canadienne, à l’occasion d’une cérémonie, dit : « Merci d’avoir choisi le Canada ! Désormais vous faites partie de nous ». Au delà de cette anecdote très caractéristique, notre modèle se base sur cinq principes.
Premièrement, l’immigration est gérée : l’immigration légale dépasse de beaucoup chez nous l’immigration illégale. L’immigrant est quelqu’un qui participe activement à bâtir l’économie, la société, la culture, en la transformant et en l’enrichissant.
Ensuite, notre politique d’immigration est universelle : on prend des gens de partout. Cela nous influence et cela est une nécessité pour le pays. Le soutien de la société civile et des politiciens, est enorme. Les immigrants, il ne faut pas l’oublier, représentent pour le Canada un pouvoir électoral important. Rien qu’à Toronto par exemple, plus de 40% de la population est née à l’étranger.
Par ailleurs, la mobilité sociale prônée chez nous joue aussi un rôle important, car elle fait bouger les quartiers. On retrouve des concentrations ethniques dans plusieurs quartiers de certaines ville, mais elles ne sont pas statiques, elles évoluent en fonction de l’évolution de la situation économique des nouveaux arrivants provenant de tous les continents. Dès qu’ils ont un peu de sous, les immigrants récents ont tendance à bouger et à se fondre peu à peu dans la population. Le Canada permet largement l’évolution sociale, professionnelle.
On différencie les objectifs, traitant de manière différente l’immigration pour regroupement familial de celle des réfugiés, ou économique.


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je trouver que votre politique et vraiment interescent le titre qu'on na resue aux ecole,ou dans des universites n'a pas de valeurs dans des autres pays sa vraiment je ne comprendas sa.
Voici quelques précisions sur la révision de dossier en immigration. Les délais actuels de demande de révision sont de l'ordre de 12 à 18 mois. Ces demandes sont traitées en ordre d'arrivée. Les éléments qui sont les plus souvent litigieux sont : Les ressources financières (la grille en vigueur avant octobre 2006 exigeait des preuves précises lors du dépôt de dossier). Les documents pour valider l'expérience professionnelle sont parfois manquants (autorisation de travail obligatoire pour tout emploi sur le territoire français et attestation de travail au terme du contrat de travail). De plus, certains emplois non qualifiés ne seront pas reconnus. Consulter la Classification Nationale des Professions (CNP) Autre point parfois en cause les diplômes obtenus, les diplômes de certaines écoles privées ou non homologuées par l'état ne sont pas toujours reconnus. Par ailleurs, se sont uniquement les diplômes obtenus qui sont pris en compte lors du traitement de dossier. Il est important de souligner que pour la majorité des dossiers, plus de 85% des cas, la décision initiale est maintenue.
Cette interview tombe à point nommé pour montrer qu'un approche dépassionnée et réaliste de la politique d'immigration est possible. Elle montre également en creux que la lettre d'objectif présidentielle n'est ni réaliste ni sereine ni immaginative dans son approche. Comment comparer le Canada et ses immensités et la France millénaire? http://la-foa.over-blog.com
Nous avons besoin d'une politique d'immigration saine et non un système néocolonial qui privera certains pays de leurs bons éléments. Il est indispensable que les français comprennent que l’étranger n’est pas un étrangleur mais plutôt un élément important pour le développement économique de notre pays
Merci bcp pour cet article qui montre combien la France doit se saisir et adapter sa politique d'immigration vue sa Grande Histoire coloniale surtout vis a vis des africains. Par ailleurs, voila 13 mois que j'attends la reponse d'un recours administratif a Montreal a la suite du refus d'un des conseillers a Paris de m'accorder mon Certificat de selection. J'ai rempli les conditions d'age, d'argent, francophone, 6 mois d'experience minimum, Maitrise en Economie au Bresil puis Master en France, des amities au Qbec etc... Comme quoi certains conseillers mal intentionnes et irresponsables cassent le reve de pauvres gens parce qu'ils aiment pas leur tete. Ce n'est pas normal et j'aimerais bien vous rencontrer personnellemnt pour en temoigner. Merci