Les chefs d'Etat de 14 pays de l'Europe centrale se sont réunis ce vendredi en Serbie. Ils ont appelé à l'unité pour lutter contre la crise. Ils veulent aussi accélérer le rapprochement des pays de l'ex-Yougoslavie à l'Europe.
Les chefs d'Etat de 14 pays de l'Europe centrale ont appelé vendredi à l'unité pour lutter contre les effets de la crise économique globale largement ressentis dans la région et accélérer le rapprochement à l'Union européenne (UE) des pays de l'ex-Yougoslavie.
Les leaders des pays de l'Europe centrale se sont réunis vendredi à Novi Sad (nord de la Serbie) pour aborder la crise économique globale, l'économie et l'élargissement de l'UE.
Inaugurant le sommet, le président serbe, Boris Tadic, a appelé les chefs d'Etat des pays de l'Europe centrale à faire preuve de solidarité dans ces trois domaines.
"Nous ne devons pas permettre qu'ils deviennent la source de nos divisions, surtout pendant la période de crise", a-t-il déclaré.
La crise économique a mis en évidence l'état précaire des économies des pays de l'Europe centrale et de l'Europe de l'est, les privant d'investissements étrangers qui avaient permis à certains pays d'atteindre de fortes croissances de leur Produit intérieur brut (PIB) allant jusqu'à 10%.
La Serbie, de même que d'autres pays de la région -- la Bosnie, la Hongrie, la Lettonie, la Roumanie et l'Ukraine --, se sont tournés vers le Fonds monétaire international (FMI) pour une aide financière.
La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a indiqué récemment que cette crise risquait d'effacer deux décennies des plus grandes réformes économiques en Europe de l'est depuis la chute du mur de Berlin.
Le président thèque, Vaclav Klaus, a, de son côté, critiqué des mesures "souvent irréfléchies" que certains pays ont entrepris face à la crise pour protéger leurs économies.
"La crise passera tôt ou tard, mais ses conséquences à long-terme, les conséquences des mesures entreprises dans des tentatives à la minimiser, resteront avec nous beaucoup plus longtemps", a-t-il estimé.
Une autre crise, la crise énergétique, a gravement touché en hiver dernier les pays de la région, en particulier la Bosnie, la Bulgarie et la Serbie lors de la dispute gazière entre la Russie et l'Ukraine.
Ces pays ont subi des pénuries sévères n'ayant d'autre sources d'alimentation que le gaz transitant par l'Ukraine.
M. Tadic a estimé que les Balkans de l'ouest pourraient "devenir un pont énergétique vers les consommateurs finaux dans d'autres parties de l'Europe" s'ils menaient "une politique commune dans le domaine de l'énergie".
"Pour toutes ces raisons, la paix et la stabilité des Balkans de l'ouest sont de la plus grande importance du point de vue de la stabilité énergétique de l'Europe entière", a conclu M. Tadic.
"Une pleine intégration de notre région en l'UE garantit donc notre paix et notre stabilité, mais aussi la sécurité de l'UE elle-même", a dit le président serbe.
Le président italien Giorgio Napolitano a mis en garde de son côté contre le manque d'unité de l'Europe sur ces questions qui pourrait mener à l'affaiblissement de son influence sur la politique globale.
"Sans cohésion, consistance et unité, l'Europe est destinée à devenir de moins en moins pertinente sur la scène internationale", a déclaré M. Napolitano en s'adressant à ses homologues.
"Aucun Etat européen ne pourra individuellement, malgré sa taille et le rôle global qu'il avait dans le passé, être en position d'influencer les événements", a-t-il estimé.
"Dans un scénario géopolitique qui bouge vers l'Asie, le déclin de l'Europe deviendrait inévitable", a-t-il déclaré.
Ce sommet de trois jours se déroule en présence des présidents autrichien, bosniaque, bulgare, tchèque, croate, italien, macédonien, moldave, monténégrin, polonais, slovaque, slovène, ukrainien et serbe.
Le président du Kosovo n'a pas été invité.

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