
Les principaux gardiens de l’euro vont se rendre en Chine d'ici la fin de l'année pour évoquer les problèmes de change. Ils tenteront de faire pression pour que Pékin laisse sa monnaie s’apprécier plus rapidement.
Les principaux dirigeants économiques de la zone euro vont se rendre en Chine "d'ici la fin de l'année", a annoncé lundi soir l'Eurogroupe. Son président, Jean-Claude Juncker, celui de la BCE Jean-Claude Trichet ainsi que le commissaire européen aux affaires économiques Joaquin Almunia vont faire le voyage de Pékin pour évoquer les problèmes de change, au moment où l'euro s'apprécie fortement notamment face au yuan chinois.
La Chine est régulièrement accusée de maintenir sa monnaie, le yuan, à un niveau artificiellement bas pour soutenir ses exportations et sa croissance économique. Ce qui pousse l'euro à la hausse par contrecoup. "Il est souhaitable, dans les économies émergentes disposant d'excédents des comptes courants importants et grandissants, notamment la Chine, que leurs taux de change effectifs évoluent de manière à ce que les ajustements nécessaires aient lieu", a souligné l'Eurogroupe dans ses conclusions, lundi.
Plus largement, l'Eurogroupe a estimé que les taux de change "devraient refléter les fondamentaux économiques" et que "la volatilité excessive et les mouvements désordonnés" sur les marchés des changes "sont indésirables". Les pays de la zone euro entendent soulever cette question lors d'une réunion du forum des pays industrialisés du G7 prévue le 19 octobre à Washington, a déclaré Jean-Claude Juncker. Dans leurs conclusions à Luxembourg, ils se sont félicité des récentes déclarations du gouvernement américain en faveur d'un dollar fort, dans un appel implicite à Washington à mettre ses paroles en actes et à favoriser une remontée du billet vert.
Lancée à l'origine en 1999 à 1,17 dollar, la monnaie unique vient de dépasser pour la première fois le seuil de 1,42 dollar, avant de reculer ces derniers jours. Il évoluait lundi soir autour de 1,40 dollars. Concernant le Japon, les ministres des Finances se sont bornés à émettre l'espoir que la reprise économique en cours dans l'archipel se traduise par une appréciation du yen. Le Japon est soupçonné comme les Etats-Unis de s'accommoder pleinement de la faiblesse de sa monnaie, qui soutient les exportations nationales. Si la visite au plus niveau en Chine constitue une nouveauté, l'essentiel des conclusions de l'Eurogroupe sur les changes ne fait que reprendre les termes diplomatiques des communiqués les plus récents du G7. Les pays de la zone euro ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur un message plus fort dans la perspective de la réunion du forum, notamment à l'égard des Etats-Unis, car ils divergent sur l'impact réel de l'euro fort sur leurs économies. Le ministre allemand des Finances Peer Stenbrück a ainsi dit à Luxembourg préférer un "euro fort" à un "euro faible", prenant le contre-pied de pays comme la France ou l'Italie qui s'inquiètent des conséquences pour leurs importations.

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