
La consommation des ménages a progressé en novembre, profitant de la baisse des prix. Mais cette légère embellie ne permettra pas d’éviter le recul du PIB au 4e trimestre, préviennent les économistes.
Il y a au moins un cadeau au pied du sapin, pour l’économie française. Après un mois d'octobre en baisse (-0,5%), la consommation des ménages a rebondi en novembre, de 0,3%, a indiqué mardi l'Insee. « Au plus fort de la tempête, la consommation ne décroche pas, alors que tous les autres pans de l'économie souffrent: production industrielle, commerce extérieur, investissement.. », commente Alexander Law, du cabinet Xerfi. Et si la consommation résiste, c’est grâce à la décrue de l’inflation.
Dans le sillage des cours du pétrole, la hausse des prix a ralenti à 1,6% en novembre (après 2,7% en octobre), ce qui a contribué à redonner du pouvoir d'achat aux ménages. Ces derniers ont ainsi augmenté leurs dépenses en équipement du logement (+3,4%), notamment grâce au dynamisme des produits de l'électronique grand public. A l'inverse, les achats dans l'habillement se sont repliés de 1%. Surtout, l'automobile a poursuivi sa descente aux enfers, les achats plongeant de 2,1% après avoir déjà reculé de 1,5% en octobre. « Sans le secteur automobile, la consommation aurait progressé de 1,1% », a-t-on calculé à Bercy. « C'est ce qui tire les dépenses à la baisse et ce qui prouve que la prime à la casse est arrivée au bon moment », indique-t-on dans l'entourage de Christine Lagarde, la ministre de l'économie.
Comprise dans le plan de relance de l'économie, cette mesure prévoit une prime de 1.000 euros pour les véhicules de plus de dix ans, en échange de l'achat d'un véhicule particulier ou d'un utilitaire léger émettant moins de 160 g/km de CO2. Selon Patrick Devedjian, ministre chargé de l’exécution du plan, elle entraînera la vente « de l'ordre de 100.000 voitures supplémentaires » sur une année.
Les économistes sont d’un avis plus modéré. « La prime à la casse permettra peut-être de limiter les dégâts (...), mais cela sera sûrement insuffisant pour empêcher une baisse des immatriculations l'année prochaine », tempère Alexander Law, soulignant que l'aversion au crédit restera un frein important au cours des mois à venir. Plus largement, le léger rebond de la consommation ne permettra pas « d'empêcher un net recul du PIB au quatrième trimestre », estime Jean-Christophe Caffet, économiste chez Natixis.
Après une maigre progression de 0,1% au troisième trimestre 2008, l'Insee prévoit un effondrement de 0,8% au dernier trimestre, suivi d'un nouveau recul de 0,4% au premier trimestre 2009. La Banque de France table de son côté sur un recul du PIB de 0,7% au quatrième trimestre. compte tenu du contexte mondial très déprimé, les exportations vont reculer « de manière drastique », pronostique Jean-Christophe Caffet. Quant aux investissements des ménages et des entreprises, il seront aussi très « dégradés ».
Or la consommation des ménages, si elle ne peut que profiter de la baisse des prix, va à l'inverse pâtir de perspectives très assombries sur le front de l'emploi, mettent en garde les économistes. « Les déterminants traditionnels de la consommation -chômage, marché de l'immobilier, production de crédits à la consommation- vont rester mal orientés ces prochains mois », approuve Nicolas Bouzou, du cabinet Asterès.

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