Après Paris, Berlin essuie les foudres de Bruxelles. La commission souhaite que l'Allemagne fasse des efforts budgétaires supplémentaires dès l'année prochaine.
Sans surprise, la commission européenne a traité l’Allemagne comme la France. Les recommandations adoptées mercredi soir par Bruxelles à l’encontre de Berlin ressemblent en effet comme deux gouttes d’eau à celles déjà adressées à Paris. En clair, un délai d’un an supplémentaire est donné à l’Allemagne pour se conformer au pacte de stabilité. Elle devra donc ramener son déficit public sous les 3% du PIB en 2005 seulement, après trois ans passés au dessus de cette limite, soit un de trop. Mais en échange, la commission exige que le gouvernement de Gerhard Schröder fasse dès l’année prochaine un effort supplémentaire, et qu’il réduise le déficit structurel de l’Etat de 0,8% en 2004, alors que le budget élaboré par la majorité social-démocrate prévoit une baisse moins importante. De plus, Bruxelles a décidé de mettre l’Allemagne sous tutelle puisqu’elle devra rendre quatre rapports budgétaires en deux ans.
Ces recommandations, si elles sont adoptées par les ministres des finances de la zone euro les 24 et 25 novembre prochains, obligeraient l’Allemagne à modifier sensiblement ses priorités pour l’année prochaine. La Commission attend un geste d’ici le 9 janvier, geste qui consisterait à renoncer à une partie des baisses d’impôt prévues par Gerhard Schröder. Or celui-ci a déjà fait savoir qu’il n’entendait pas remettre en cause ses orientations fiscales. Hans Eichel, le ministre des finances, a quant à lui estimé que le pacte de stabilité n’était pas « un code de sanctions, mais un cadre d’actions économiques », et assuré que le contrat qui lie les pays de la zone euro serait « affaibli » s’il était appliqué de façon « purement mécanique ». Reste maintenant à savoir si un compromis pourra éclaircir l’ambiance orageuse qui prévaut entre Bruxelles et Berlin. Mardi, Hans Eichel a assuré vouloir parvenir à une « solution commune » avec la commission. Mais pour aussitôt rappeler qu’il ne voulait pas que l’Allemagne, qui depuis le début coopère avec les autorités européennes « soit envahie par les procédures de sanctions ».

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