La CNUCED a livré son bilan des investissements directs étrangers dans le monde en 2006. La France profite d'un boom général pour passer à la troisième place. Interview de Fabrice Hatem, directeur du pôle de recherche attractivité à l'école de management de Normandie.
Les investissements directs étrangers dans le monde (IDE) ne se sont jamais aussi bien portés. Ils ont bondi de 34% en 2006, à 1230 milliards de dollars (947 millions d'euros), selon les premières estimations de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). L'Union européenne reste la région du monde la plus attractive avec 45% du total à elle toute seule. La France tire très bien son épingle du jeu. En 2006, les étrangers y ont investi 88,4 milliards de dollars - un chiffre en progression de 40% par rapport à 2005 -, ce qui la place en troisième position derrière les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, mais devant la Chine (voir le classement complet ici). Les explications de Fabrice Hatem, directeur du pôle de recherche attractivité à l'école de management de Normandie.
Comment expliquez-vous le boom de l'investissement direct dans le monde, notamment en France ?
Les chiffres de la CNUCED confirment ce que l'on sentait depuis 18 mois : la France reste dans la course, notamment dans des activités à très fort contenu en innovation. Mais je tiens aussi à rappeler que la hausse des investissements directs étrangers est largement liée à la reprise des fusions et acquisitions dans le monde. Or la France en a connues de très importantes, comme l'achat d'Arcelor par Mittal. Ces opérations sont en général concentrées dans les pays développés. Principalement dans deux régions, l'Amérique du Nord et l'Europe de l'Ouest. Il est donc logique, que ce soit chez eux que l'on observe la plus grande augmentation des flux.
Qu'est ce qui rend attractif la France et le reste des pays développés ?
Il y a trois raisons d'investir à l'étranger : pour accéder aux coûts de production faibles, aux ressources et au marché. Concernant le premier point, on n'est pas très bien placé. C'est l'inverse pour les deux autres. Les investissements directs étrangers sont un moyen d'accéder à des secteurs très innovants des pays développés, comme les biotechnologies, les nanotechnologies, la pharmacie... Mais l'accès au marché reste l'élément majeur. La zone du monde qui a connu la plus forte croissance du PIB en milliards de dollars entre 2002 et 2005, ce n'est pas la Chine, ni les Etats-Unis, mais l'Europe de l'Ouest.
Cette hausse va-t-elle durer ?
Il n'y a pas beaucoup de raisons que le niveau des flux d'investissements directs s'infléchisse. La croissance mondiale reste bien orientée, les financements sont abondants, les entreprises continuent de s'internationaliser. On pourrait même dépasser à l'horizon 2010, le record historique de 2000 [1600 milliard de dollars, ndlr], d'autant qu'apparaissent de nouveaux investisseurs : les entreprises des pays en voie de développement comme celles de la Chine, de l'Inde, mais aussi de la Russie. Mais il y a tout de même des risques qui tempèrent cet enthousiasme. Nous ne sommes pas à l'abri d'un effet de balancier vers une attitude plus méfiante à l'égard des fusions-acquisitions, qui pourrait se traduire par un retour du protectionnisme dans les pays émergents, notamment en Amérique latine. Il ne faut pas non plus négliger les risques liés au contexte géopolitique international.

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M.F.Hatem est très conformiste dans cette interview. D'abord la notion de PIB, dois-je le rappeler, concerne toute entreprise quelle que soit son origine, dont la production se déroule dans ou hors de son pays d'origine. Si le PIB européen progresse, il le doit aux entreprises de hte technologie surtout anglosaxonnes, américaines et japonaises. Elles se rapprochent de leurs marchés tant pour des problèmes de coût de clientèle. Deuzio, les IDE en France,sont surtout le fait patent d'absence d'actionnariat privé : les rémunérations salariales absorbées par les prélèvements obligatoires, l'épargne subtilisée par la Caisse des Dépôts et Consignations, la médiocrité de l'information entrepreneuriale, le poids des caisses de retraite, forment la trame d'un actionnariat quasi-inexistant faisant le lit des fonds de pension et, par là-même des IDE. Ce directeur devrait être moins ignorant ou moins frileux dans ses approches
je vous souhaite une bonne réussite, et de bien vouloir continuer comme vous le faites
Elle a vendu ses intérêts dans des sociétés qui maintenant vont enrichir d'autres pays. Quand elle aura vendu sa chemise elle se retrouvera à poil.
Une question: quelle est la part des acquisitions de stés françaises par des stés étrangères et quelle est celle des investissements liés à des créations d'activités ?