Interview de Moncef Kaabi, spécialiste des matières premières chez Natixis
Pourquoi les cours du pétrole continuent-t-ils de flamber ?
Les raisons de la flambée sont toujours les mêmes. En arrière plan, l’offre a toujours du mal à suivre la demande qui reste particulièrement dynamique en Asie. Du coup, le marché s’interroge sur la capacité des pays producteurs à approvisionner le marché. D’autant que les risques géopolitiques restent nombreux : la tension monte entre la Turquie et l'Irak d'une part, et entre les Etats-Unis et l'Iran d'autre part. Enfin, l’affaire des « subprime », ces prêts immobiliers à risque distribués en masse aux Etats-Unis ces dernières années, pèse sur la Bourse ce qui incite les investisseurs à se tourner vers les matières premières et notamment le pétrole. Au final, nous avons sans doute une prime de risque d’environ 20 dollars sur les cours de l’or noir. Cela veut dire qu’en temps « normal », les cours de l’or noir devraient avoisiner 70 dollars, au lieu de dépasser 90 dollars.
Y-a-t-il un risque pour l’économie mondiale ?
Convertis en dollars actuels, les prix sont comparables à ceux de 1980-81, années du deuxième choc pétrolier. Et ils peuvent encore grimper. De notre côté, nous évoquons déjà depuis quelques temps un baril a 100 dollars. Mais gare aux conclusions hâtives. Si à l’époque, le choc pétrolier avait créé de l’inflation et pesé lourdement sur l’activité, l’économie mondiale est aujourd’hui mieux protégée. En Europe, par exemple, l’appréciation de l’euro sert de bouclier. Le prix du pétrole a baissé de 1,2% en un an sur le Vieux continent. Sur la même période, les cours de l’or noir ont fait un bond de 35% sur les marchés internationaux. En Chine - pays dont le poids au sein de l’Asie et de l’économie mondiale ne cesse de grandir - les prix de l’énergie sont administrés. Cela signifie que la répercussion sur les prix à la consommation sera limitée. En conclusion, si l’effet de la hausse des cours du brut sur l’économie mondiale est bien réel, il n’en reste pas moins diffus.

La 1ère banque française en terme de capitalisation boursière vient de s'emparer du meilleur de Fortis. De quoi lui permettre de se hisser au sommet de l'Europe pour le niveau des dépôts. Décryptage d'une banque qui va bien dans un environnement qui va mal.
Les deux établissements, déjà embarqués dans leur aventure commune Natixis, s'apprêtent à boucler dans l'urgence la fusion de leurs « noyaux centraux ». Objectif non avoué : sécuriser leur banque d'affaires.
Pourtant critiqués pour leur opacité, les tarifs de la SNCF ne changeront pas. Ils seront même un peu plus touffus, avec l'instauration d'offres « mini-groupes » et la multiplication des « week-end décalés ».
L'édifice se veut « inspiré par le design et la géométrie islamique ». Il sera accompagné d'une « ville dans la ville », avec transport urbain, quartier d'affaires, logements et commerces.
Les Européens veulent s'inspirer des Américains, qui viennent d'obtenir un prêt global de 25 milliards de dollars.
La banque française débourse près de 15 milliards d'euros pour acquérir les activités de Fortis en Belgique et en dans 5 autres pays. L'Etat belge devient le 1er actionnaire de BNP Paribas avec 10% du capital.