Pour Nicolas Véron, économiste à l'institut Bruegel à Bruxelles, il est impossible de mesurer le dégré réel d'exposition des établissements européens au risque immobilier américain.
Nicolas Véron est économiste à l'institut Bruegel à Bruxelles
La crise des « subprime » aux Etats-Unis met en lumière la fragilité de certaines grands établissements de crédit. Qu'en est-il du système bancaire européen ?
Il est pratiquement impossible de dire à quel degré les banques françaises et européennes sont exposées au risque immobilier américain. Ce que l'on peut, en revanche, affirmer c'est que, en cas de crise bancaire, le système serait beaucoup plus fragilisé que lors des précédentes tempêtes. Depuis 2000, les grandes banques sont sorties de leur cadre national et ont considérablement développé leurs activités au niveau européen. On estime qu'en moyenne, pour les grandes banques européennes, les activités dans le pays d'origine ne représentent plus que 51% de leur résultat contre 66% en 1997. Parallèlement à cette internationalisation, de nouveaux produits financiers, comme les produits dérivés se sont multipliés. La situation actuelle est totalement inédite. Or les autorités de contrôle, comme l'Autorité des marchés financiers en France, n'ont pas pris la mesure de ces changements. En cas de crise, elles seraient totalement incapables de limiter sa propagation. Or les dégâts sur l'économie réelle d'une crise bancaire majeure sont catastrophiques.
Vous préconisez alors l'instauration de nouvelles règles prudentielles pour les grandes banques européennes…
Exactement. Il faut moderniser voire changer les règles du jeu de façon à sécuriser le système. Ce qui veut dire davantage de coordination entre les organismes de contrôle mais aussi la création d'une nouvelle institution au niveau européen chargée de mettre en place des règles prudentielles plus strictes pour ces grandes banques.

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