La France a désormais son "In-Q-Tel". Le gouvernement a donné son feu vert à un dispositif de financement des start-up "stratégiques". Il sera doté de 200 à 250 millions d'euros par an, et prendra en charge 20 à 50 dossiers.
La France a désormais son « In-Q-Tel ». S'inspirant de ce fonds d'investissement américain piloté par la CIA, le gouvernement a donné son feu vert à un dispositif de financement des start-up dites « stratégiques » - c'est à dire celles qui opèrent dans les secteur de la défense, de l'aéronautique, des nanotechnologies, ou encore de la cryptographie. Le but : éviter que les « pépites » de la technologie française ne passent dans des mains étrangères. Un pas de plus, donc, dans l'élaboration d'une véritable politique d'intelligence économique, après la réforme, en novembre dernier, du droit financier, qui permet désormais à l'Etat de contrôler les investissements étrangers dans ces entreprises « sensibles ». Au contraire des Etats-Unis, où In-Q-Tel finance directement les entreprises les plus prometteuses, la France a dû toutefois monter une véritable usine à gaz pour satisfaire les règles drastiques de l'Union européenne en matière d'aides d'Etat. Et ce à l'initiative d'Alain Juillet, le haut responsable de l'intelligence économique auprès du gouvernement.
D'après les informations de La Tribune, un comité de sélection et de suivi sera d'abord chargé de juger de la pertinence des dossiers qui lui seront soumis. Une fois ceux-ci retenus, trois sociétés de gestion, Occam, Emertec gestion et ACE management auront ensuite pour tâche de piloter les interventions de cinq fonds d'investissements spécialisés : Sécurité, dédié comme son nom l'indique à la « sécurité globale » ; Occam 1, pour les technologies de l'information et de la sécurité ; Aerofund pour la sous-traitance informatique ; Emertec 2 pour les nanotechnologies ; et la Financière de Brienne, pour la défense. La Caisse des dépôts et le groupe de Brienne auront une participation minoritaire dans chacun de ces fonds. L'ensemble du dispositif sera doté de 200 à 250 millions d'euros, et pourra prendre en charge 20 à 50 dossiers par an. Des groupes comme Thales, la Snecma, le CEA ou encore EADS participeront, chacun dans leur domaine, à ce financement.

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