
La résolution de la crise du gaz est suspendue au déploiement des observateurs envoyés vendredi par Bruxelles, en Ukraine et en Russie, après que les deux parties en ont accepté le principe. En attendant, les Etats membres de l'Union expérimentent la solidarité.
La fin de la crise du gaz est-elle imminente ? Moscou, qui depuis bientôt une semaine a interrompu ses livraisons, a indiqué vendredi que la réouverture des vannes se ferait sitôt déployés les observateurs envoyés par l'Union européenne, en Ukraine et en Russie. Le déploiement de ces observateurs, à plusieurs stations de mesures, est censé mettre un terme à l'un des différends entre les deux pays. La Russie accuse en effet l'Ukraine, entre autres griefs, de détourner pour sa consommation une partie du gaz destiné à l'Europe et transitant par son territoire.
Vendredi après-midi, les observateurs étaient sur le point d'arriver en Ukraine. La veille au soir, au terme d'une intense journée des négociations entre les représentants de l'UE, les dirigeants de Gazprom et ceux de la compagnie gazière ukrainienne Naftogaz, Moscou a consenti à lever son blocage de principe. Vendredi, les observateurs étaient conduits par le premier ministre tchèque, dont le pays assure désormais la présidence tournante de l'Union. Mirek Topolanek a souhaité s'assurer que « les livraisons de gaz puissent être renouvelées le plus tôt possible ».
Néanmoins, une fois que Moscou aura rouvert ses vannes, il faudra compter trois jours supplémentaires avant que le gaz russe ne parvienne jusqu'à l'Europe. « Les Russes disent qu'ils peuvent avoir du gaz coulant dans les gazoducs ukrainiens 30 heures après, et les Ukrainiens disent qu'ils peuvent acheminer le gaz russe jusqu'aux frontières européennes en moins de 36 heures », a indiqué José Manuel Barroso, le président de la commission européenne, après entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, le premier ministre russe. Ces délais ont été confirmés par le numéro deux de Naftogaz, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.
Dans l'attente d'une reprise des livraisons, l'Union européenne fait les frais de sa dépendance au gaz russe, qui représente 40% des ses importations et dont 80% est acheminé via l'Ukraine. Les experts de l'Union examinaient vendredi les risques de pénurie pour chaque pays, alors que la situation est particulièrement critique dans les Balkans, totalement dépendants du gaz russe, et exposés depuis une semaine à des températures glaciales. A Sofia, le gouvernement a par exemple décidé, entre autres mesures, la fermeture des écoles.
Pour y remédier, l'Union européenne s'efforce de développer des mesures d'entraide qui aujourd'hui font défaut. « Nous ne sommes pas très bien préparés. Nous devons élaborer un mécanisme sur la fonction de gérer les imprévus », a ainsi reconnu le vice-premier ministre tchèque, Alexandre Vondra. A l'heure actuelle, il n'existe aucun plan d'urgence automatique défini au niveau européen, d'autant que les possibilités d'acheminer du gaz de l'ouest vers l'est sont techniquement très limitées. Malgré tout, la Pologne a livré du gaz par camion à la Slovaquie. L'Allemagne et la Hongrie vont exporter du gaz vers la Serbie, bien que cette dernière ne soit pas membre de l'Union. L'Italie s'est dite prête à aider la Slovénie en cas d'urgence.
Vendredi, Bruxelles a estimé que ces coupure des gaz causeraient certainement des dégâts économiques « très important », sans toutefois pouvoir les chiffrer. L'Europe s'est cependant refusée à évoquer des mesures de rétorsion, ni même les dédommagements prévus par les contrats commerciaux.

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