Pour Jean Pierre Petit, chef économiste d'Exane BNP Paribas, le mouvement actuel des fusions-acquisitions va se poursuivre malgré le ralentissement de la croissance.
Jean Pierre Petit est Chef économiste d'Exane BNP Paribas.
On observe une reprise du mouvement de fusions-acquisitions un peu partout dans le monde. Comment l'expliquez-vous ?
La reprise des fusions acquisitions s'est en effet nettement accélérée depuis deux ans. Sur les six premiers mois de l'année, on observe une hausse des opérations de près de 53% par rapport à la même période de l'an passé. L'année 2005 devrait marquer ainsi la troisième année consécutive de croissance des fusions-acquisitions après trois années de purge au début de la décennie. Il faut cependant relativiser cette reprise. En terme d'encours et à prix constants, les opérations réalisées récemment outre-Atlantique restent deux fois moins importantes que lors de la bulle boursière à la fin des années 1990. Par ailleurs, la majeure partie des opérations se font en « cash », une grande différence avec la précédente vague. Sur la période 1996-2000, 56% des opérations étaient réglées en papier contre 40% seulement aujourd'hui. Il ne s'agit donc pas d'une reprise autonome. Il s'agit plus fondamentalement de la poursuite d'une logique structurelle liée à l'innovation, à la mondialisation et à la présence de surcapacités dans de nombreux secteurs.
La dégradation des perspectives de croissance peut-elle venir freiner ce mouvement ?
L'environnement micro et macro-économique ne cesse en effet de se détériorer depuis le début de l'année. Les opérations réalisées depuis janvier valident notre scénario d'une poursuite de la reprise des fusions-acquisitions. Cependant, nous anticipons aujourd'hui un ralentissement des opérations au cours du second semestre 2005. Notamment aux Etats-Unis où les perspectives de profits pour l'année 2006 se sont nettement assombries. En Europe, de grosses fusions sont à attendre. Notamment dans la banque, l'immobilier et les télécoms.

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