Social

Gros plan sur le projet de « flexisécurité » à la française

Hugo Lattard -  14/01/2008 17:59  - L'Expansion.com 
 

Le projet d'accord arrêté vendredi par les partenaires sociaux jette les bases d'une « flexisécurité » en France. Elle est censée apporter plus de flexibilité pour les employeurs et en contrepartie, plus de sécurité pour les salariés. Revue des différentes avancées.

FO et la CFTC ont décidé lundi de le parapher. Elles seront les premières organisations syndicales à apposer leurs signatures au bas du projet d’accord sur la réforme du marché du travail, arrêté vendredi dernier par les partenaires sociaux. Une troisième signature syndicale est encore nécessaire pour que l’accord soit valide. Dès vendredi soir, la CGT a fait savoir qu’elle ne le ratifierait pas, jugeant le texte « trop déséquilibré ».

En toute logique, la CFE-CGC, demain, et la CFDT, en fin de semaine, devraient au contraire le signer. A ce propos, François Fillon leur a mis la pression. « Si l’accord est très largement soutenu par les partenaires sociaux, il sera présenté au Parlement pour être transformé en loi. S’il l’est moins, le gouvernement prendra ses responsabilités et Xavier Bertrand (le ministre du travail) fera un projet de loi », a déclaré le premier ministre, invité du Grand Jury RTL Le Figaro LCI, dimanche.

« C’est un accord acceptable », a estimé le patron de la centrale chrétienne, lundi. Selon Jacques Voisin, « ce n'est pas un bon accord mais ce n'est pas un mauvais accord puisqu'on le signe ». Il s'agit de « la première étape dans la sécurisation des parcours professionnels », a-t-il ajouté. Tout l’enjeu, pour les syndicats, était de déterminer si oui ou non le texte parvient à un équilibre satisfaisant entre la flexibilité accrue obtenue par le camp patronal et la sécurisation des parcours professionnels des salariés.

La flexibilité :
Revendiquée par les employeurs est censée rendre le marché du travail plus dynamique, autrement dit générer plus de créations d’emplois. Elle passe notamment par une « sécurisation » des ruptures de contrats, le camp patronal souhaitant limiter les contentieux devant les Prud’homme.

La période d’essai

Elle est allongée pour le contrats à durée déterminée (CDI). Pour les ouvriers et employés entre un et deux mois maximum, les agents de maîtrise et les techniciens entre deux et trois mois, les cadres entre trois et quatre mois. Sauf si un accord de branche prévoit une durée supérieure. La période d’essai pourra être renouvelable une fois dans le cadre d’accords de branche auquel cas les durées ne pourront excéder quatre, six et huit mois. Une période d’essai plus courte pourra être fixée « dans la lettre d’engagement ou dans le contrat de travail ». La durée des stages réalisés lors de la dernière année d’études sera désormais prise en compte dans la période d’essai. Sans qu’elle puisse être réduite, toutefois, de plus de la moitié et à condition que le stage ait été effectué dans l’entreprise qui recrute.

La rupture « conventionnelle » du CDI

Pour « privilégier les solutions négociées à l’occasion des ruptures de contrat », un nouveau mode a été institué, en plus de la démission ou du licenciement. Actuellement de telles ruptures se pratiquent déjà dans les entreprises. Mais elles ne donnent pas droit à l’assurance chômage sauf au prix d’un déguisement « en licenciement pour motif personnel ». Le salarié et l’employeur pourront désormais choisir les conditions de la fin du contrat qui les lie. Un droit de rétractation existe « pendant un délai de quinze jours suivant la signature de la convention ». L’accord devra ensuite être validé par le directeur départemental du travail. Le salarié bénéficiera d’une indemnité de rupture équivalent à un cinquième de mois par année d’ancienneté et accédera aux allocations chômage.

Un nouveau contrat de travail

Il s’agit d’un contrat de mission, sous forme de contrat à durée déterminée à « terme incertain », pour la « réalisation d’un objet défini « . Il est réservé aux ingénieurs et aux cadres. La durée du projet doit être comprise entre 18 et 36 mois et de 12 mois au minimum. le contrat est renouvelable une fois. Le recours à ce contrat est subordonné à un accord de branche ou d’entreprise et « ne peut être utilisé pour faire face à un accroissement temporaire d’activité ». En cas de rupture, l’indemnité perçue par le salarié atteindra 10% de la rémunération reçue pendant le contrat.

la sécurisation des parcours professionnels :
Etant admis que les salariés auront à changer plusieurs fois d’emplois au cours d’une carrière, l’enjeu de est de leur garantir une « portabilité des droits », d’un emploi à l’autre.

La mutualisation des indemnités en cas d’inaptitudes

En cas « d’inaptitudes d’origine non professionnelle » (longue maladie, accident) et si le salarié ne peut être reclassé, les indemnités de rupture pourront être prises en charge par un fonds de mutualisation à la charge des entreprises.

 
 
Envoyer par mail
 

Envoyez cette page par email en renseignant les champs suivants

Votre adresse email n'est pas correcte

*Tous les champs sont obligatoires

Suivre le sujet
 

Pour être alerté lors de prochaines publications sur le même sujet, veuillez saisir votre email dans le champs ci-dessous :

Citer dans votre blog
 
Commentaires - (2)
PAT 16/1/2008 Recommander 3

Ces modifications des modalités du contrat de travail ne vont pas changer grand chose. Pour les salariés le doublement des primes de licenciement, la tranférabilité des droits à la formation, c'est effectivement un gain pour nous. En contrepartie, le doublement de la durée de période d'essai va devoir être bloqué dans les conventions collectives et les accords d'entreprise, au moins pour les employés et ouvriers. Comment encadrer ce licenciement amiable, ce n'est jamais agréable de perdre son emploi. Donner ce travail aux inspecteurs du travail qui ne sont pas assez pour traiter toutes les infractions est pour moi innadmissible. Maintenant, je ne vois pas ou est vraiment la fléxibilité à part dans ce licenciement à l'amiable? Merci

bruno31 14/1/2008 Recommander 15

sujet d'actualité à lire

 
Déjà membre : vous pouvez commenter l'actualité en direct
Vous n'êtes pas membre, laissez votre commentaire, avec votre pseudo et email. Il apparaîtra après modération.
 
VEILLE STRATÉGIQUE
  • Entreprises - 17/3/2010 - L'Expansion.com

    "Les banques créent des besoins que les clients n'ont pas"

    Christine Lagarde vient de commander un rapport sur les frais bancaires à l'ancien patron du Crédit Agricole, Georges Pauget. La réaction de Marie-Anne Jacquot, porte parole de l'AFUB (Association Française des Usagers de Banque).

  • High Tech - 17/3/2010 - L'Expansion.com

    Comment sera mesurée l'audience de l'internet mobile

    A partir d'octobre, Médiamétrie mesurera l'audience de l'Internet mobile. En combinant les connexions enregistrées par les opérateurs et les données d'un panel, l'institut espère mettre tout le monde d'accord. Les explications de Laurent Battais, directeur exécutif performance et cross média chez Médiamétrie.

  • High Tech - 16/3/2010 - L'Expansion.com

    Quels sont les sites Web les plus créatifs de 2009 ?

    Innovations prometteuses ou délires anecdotiques, les Web Awards ont distribué leurs lauriers au festival interactif SXSW, qui a lieu chaque année au Texas. Et les gagnants sont...

  • Entreprises - 16/3/2010 - L'Expansion.com

    De faux repreneurs en projets douteux, le feuilleton du sauvetage d'Heuliez

    Alors que l'investisseur turc Alphan Manas signe aujourd'hui un protocole d'accord pour se porter acquéreur de l'équipementier français, L'Expansion.com revient en quelques dates sur le feuilleton du sauvetage de cette entreprise chère à Ségolène Royal.

  • Entreprises - 16/3/2010 - L'Expansion.com

    Le succès des auto-entrepreneurs en questions

    3 auto-entrepreneurs sur 4 gagnent de l'argent. Ces derniers ont réalisé 6471 euros de chiffre d'affaires en moyenne sur 7 mois, soit 924 euros par mois. Questions autour de ce succès inattendu en période de crise.

  • Entreprises - 16/3/2010 - L'Expansion.com

    Deutsche Telekom veut des femmes aux commandes

    Le premier opérateur télécom européen va imposer un quota de 30% de femmes pour tous les étages de son management, dans le monde entier, d'ici à 2015. C'est sans précédent en Allemagne.



publicite
librairie en ligne
L'annuaire du pouvoir 2008
 
fermer
 
Inscrivez-vous
Pourquoi devenir membre ?

Devenir membre de la communauté LExpansion.com vous permet d’accéder à un ensemble de services :

  • Commenter les articles en direct
  • Participer aux débats « Pour/contre » et proposer de nouveaux sujets
  • Recevoir, si vous le souhaitez, les newsletters : actu éco, conjoncture hebdo, high-tech ou carrière/management

C’est entièrement gratuit !

 
newsletters et alertes
 
inscrivez vous aux flux rss
 

Avec ces lecteurs:

Ou copiez le lien rss :

connexion
 

Votre adresse email n'est pas correcte

Envoyer par mail
 

Envoyez cette page par email en renseignant les champs suivants

Votre adresse email n'est pas correcte

*Tous les champs sont obligatoires