
Entretien avec Guy Groux, directeur de recherche CNRS au Cevipof sur les mobilisations collectives et syndicales. Dernière publication : « Mouvement ouvrier », « Mouvement social », « Syndicats », in L'Economie sociale (de Aà Z), Alternatives économiques Editions, 2006. Il analyse le mouvement social démarré le jeudi 18 octobre.
Comme en 1995, l’exécutif doit disputer un bras de fer avec un mouvement social autour de la défense des régimes spéciaux des retraites. Qu’est-ce qui a changé depuis ?
Guy Groux: Tout d’abord l’inchangé. Il y a toujours au centre du conflit cette question de la réforme des régimes spéciaux des retraites et une situation de grève qui se pose sur la défensive. Mais ce qui est différent, c’est d’abord la détermination du gouvernement. Il veut aboutir et il a fixé des délais très précis pour le faire. Le gouvernement aujourd’hui est plus déterminé, et même militant de la réforme, que le couple exécutif de 1995, en l’occurrence, Jacques Chirac et Alain Juppé, qui pouvait apparaître moins volontariste qu’aujourd’hui. Ce qui a changé aussi, c’est que Nicolas Sarkozy a placé sa fonction en première ligne. Si le mouvement devait perdurer, les syndicats seraient directement confrontés à l’institution, le président de la République, la plus légitime, ce qui créerait une situation inédite.
Le deuxième point est l’évolution de l’opinion publique. Entre 1995 et 2007, un important travail pédagogique sur la nécessité de faire la réforme des retraites a été fait par la classe politique, les médias, mais aussi certains syndicats. Si bien que l’opinion publique est aujourd’hui très favorable à la réforme des régimes spéciaux. D’autant que la réforme réalisée en 2003, qui a porté à 40 annuités la durée de cotisations des fonctionnaires, a permis d’avancer dans cette voie. La situation est donc radicalement différente de celle de 1995.
Le mouvement contre la réforme des régimes spéciaux peut-il faire tache d’huile ?
Aujourd’hui, non. Certes, la particularité d’un mouvement social est de présenter des côtés inattendus. Mais, en 1995, on avait un premier ministre, Alain Juppé, qui se disait « droit dans ses bottes », fort d’un appui considérable à l’Assemblée nationale, et pas seulement de la part de la majorité. Si bien que le gouvernement se présentait comme assez peu négociateur. Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy, François Fillon ou Xavier Bertrand ont laissé ouverte la possibilité de négocier certains éléments de la réforme des régimes spéciaux. En témoignent les concessions faites jeudi aux agents de conduite. Ce travail de négociation peut neutraliser l’extension du conflit.
Quant au fait de voir se coaliser la défense des régimes spéciaux à des revendications et des ressentiments liés au secteur privé concernant le pouvoir d’achat, les suppressions de postes ou la pénibilité, cela semble d’autant moins possible que les centrales syndicales sont justement engagées en ce moment dans des négociations avec le Medef sur toutes ces questions là. On n’est donc pas dans un contexte de rapport de force. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de mécontentement dans le secteur privé. Mais, d’une part, les syndicats y sont très peu présents, exceptés dans quelques grandes entreprises. Ensuite, on y assiste à une individualisation des ressentiments, sur les questions de harcèlement, de stress, qui génèrent des revendications que les syndicats ont plus de mal à traiter.
Le paysage syndical peut-il jouer vers une radicalisation du conflit dans les transports ?
Par rapport à 1995, la CFDT est considérablement affaiblie à la SNCF. Il faut aussi tenir compte du fait que des élections professionnelles auront lieu dans peu de temps. Ce qui peut donner lieu à un jeu de concurrence et de surenchère entre les organisations. D’autant que Sud Rail, très radical et prônant aujourd'hui la reconduction de la grève, voit sa deuxième position à la SNCF très menacée par l’Unsa.

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Franchement AVS j'ai beaucoup de respect pour les gens dans votre profession. Moi qui me qualifie de dur a utravail je ne pense pas avoir la force de travailler dans ce domaine (mais bon on a chacun ses prédispositions). Il est évident que le travail de cheminot a l'heure actuelle n'est pas celui du siècle dernier. Que ce soit dans les TGV ou les TER c'est fini le cheminot qui met le charbon dans la chaudière ou qui s'occupe lui même des machines. Alors bien sûr la pénibilité c'est une question de point de vue. Quand on a pas l'habitude d'un travail éprouvant on croit que ce qu'on fait c'est à la limite de la resistance humaine ;) Personnellement j'ai travaillé 5 ans dans un macdo pour financer mes études et quand j'entends un agent de la SNCF parler de la pénibilité de conduire un train ça me fait doucement rigoler ! Mais la question n'est pas de tapper sur la SNCF ou pas. Le problème c'est qu'au dela de la défense des intérêts de cette profession c'est devenu une rapport de force qui a perdu sa légitimité. Du coup tous les pretextes sont bons pour faire grève et prétendre n'importe quoi, l'important c'est de le dire à la TV et que des gens soient assez crédules pour le croire. En l'occurence c'est "soyez avec nous même si une part de vos cotisations vont dans nos caisses car à un cotisant pour deux retraités on s'en sort plus." Ca va durer jusqu'à quand ?
En tant qu'Auxilliaire de vie sociale diplomee d'etat, je tient a remercier le journaliste de l'Expension,dans l'emission C' dans l'air d'aujourd hui , d'avoir parle de la penibilite du travail dans les nouveaux services a la personne, face a deux enrages OBTUS de la sncf. Merci mille fois, cette reconnaissance m'a fait un bien fou...