Le moteur de recherche va modifier ses stock-options pour permettre à ses salariés de les vendre aux enchères et par internet à des institutions financières. De quoi les rendre plus attractives affirme Google. Explications.
Adjugées, vendues! A partir du deuxième trimestre 2007, les stock-options émises par Google pourront être cédées aux enchères sur internet. Les salariés bénéficiaires de ces tickets pour la fortune auront ainsi la possibilité de vendre leurs options aux mieux offrants sur la toile. Seules les options susceptibles d'être exercées - c'est à dire détenues le minimum de temps prévu - sont concernées par ce dispositif. "Il s'agit d'un moyen innovant de récompenser les salariés et d'augmenter l'efficacité du système de primes en augmentant la valeur par option", assure Google. Le groupe précise qu'il "modifiera les termes des stocks options pour les rendre transférables" à d'autres bénéficiaires. Aujourd'hui, pour encaisser de l'argent sonnant et trébuchant, les salariés doivent absolument exercer l'option, la transformer en action et la vendre dans la foulée sur le marché. Problème, avec une action très volatile qui a déjà dépassé le sommet des 500 dollars (avant de redescendre), il est difficile pour un nouveau salarié de Google d'être sûr qu'il aura bien l'occasion de décrocher le jack-pot. D'où la nécessité de redonner de l'attractivité aux stock-options (qui représentent 2% du capital du groupe) en leur permettant d'exprimer leur potentiel.
C'est tout l'enjeu de ce nouveau marché d'options qui sera animé par la banque d'affaires Morgan Stanley. Google précise qu'il travaille avec de "multiples institutions financières pour qu'elles participent aux enchères en formulant des offres". Car elles peuvent y trouver leur avantage: c'est le principe de la « valeur temps ». Le marché des options donne en effet au cent près leur valeur intrinsèque; mais il donne aussi un prix au temps qu'il leur reste à vivre avant d'arriver à échéance. Exemple, supposons que l'action du célèbre moteur de recherche cote 485 dollars. Un employé bénéficiaire d'une option à 500 dollars à exercer avant 2010 ne peut rien en tirer. Pour lui, elle ne recèle à l'heure actuelle aucune plus-value. Or, pour les financiers, cette option « sous l'eau » vaut encore quelquechose. En effet, le droit d'acheter à 500 euros pendant encore trois ans une action pleine d'avenir vaut même de l'or. En 2010, l'action pourrait bien coter 600 euros et l'intérêt de disposer d'une option à 500 euros sautera aux yeux. Google espère aussi que cette valorisation redonnera le moral aux détenteurs d'options "sous l'eau" qui n'ont pas encore le droit de les exercer. Du coup, certains se demandent outre-Atlantique si l'initiative de Google ne pourrait pas faire école auprès d'autres entreprises. Et la France? Pourrait-elle recourir à ces options de deuxième génération ? Non, répond le spécialiste des stock-options d'un grand groupe du CAC 40 : « De par la loi, les stock-options sont totalement incessibles. Nominatives, elles ne peuvent même pas faire l'objet d'une donation au conjoint ».

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