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Sarkozy un an déjà

L'état d'urgence

Emmanuel Lechypre, Sébastien Julian et Marc Landré -  01/05/2008  - L'Expansion 
 
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Nicolas Sarkozy promettait un « choc de confiance ». Mais un an après son élection, les indicateurs sont au rouge et, pour la France, il importe plus que jamais d'entrer dans l'ère de la réforme. Vite.

Un an après, la déconvenue et l'inquiétude sont à la hauteur de l'espérance d'hier. Souvenons-nous : on n'avait pas vu ça depuis la victoire de la bande à Zidane lors de la Coupe du monde de football, en 1998. Le rebond de la courbe de confiance des ménages était formel : pendant la campagne présidentielle de 2007, les Français ont bel et bien connu un regain d'optimisme et d'enthousiasme. Et il n'a cessé de s'accentuer au fur et à mesure que se rapprochait l'échéance du 6 mai. L'envie de croire que la France pouvait enfin entrer dans le xxie siècle. Mais aussi un vrai coup de cœur pour Nicolas Sarkozy, figure de proue d'une nouvelle génération de dirigeants déjà à la manœuvre à Londres, Madrid ou Berlin.

Aujourd'hui, la rupture a pris des allures de simple ajustement de trajectoire, les Français n'ont jamais été aussi déprimés, et la redoutable machine de campagne du gagnant de la course à l'Elysée s'est transformée en usine à fabriquer de la déception.

Trop de promesses, sans doute. Mais difficile de ne pas en faire dans un pays qui gâche autant d'atouts. Jacques Attali, en portant sur les fonts baptismaux sa « commission pour la libération de la croissance française », évoquait l'objectif incroyable de 5 %. Une provocation ? Pas tant que ça. L'Europe ne fait plus de bébés et se trouve confrontée à un choc démographique sans précédent ? Pas nous. En 2006, le taux de fécondité est passé à 1,98 enfant par Française, contre 1,71 en 1995, ce qui place l'Hexagone au premier rang des nations les plus fécondes, au coude à coude avec la Suède et les Etats-Unis. Il faudra travailler plus pour payer les retraites : pas de problème. Personne ne travaille aujourd'hui aussi peu que les Français : moins de mille six cents heures par personne et par an, contre plus de mille huit cents en moyenne dans les grands pays industrialisés, selon l'OCDE.

La plupart des familles croulent sous les dettes en Espagne, au Royaume-Uni, voire en Allemagne, sans parler des Etats-Unis ? Pas les Français. « Le matelas d'épargne est énorme », constate Cyril Blesson, directeur au Bipe. 3 200 milliards d'euros de placements divers et variés, dont l'emblématique livret A. Autant de carburant pour la consommation. La plupart des pays, qu'ils soient libéraux comme le Canada ou les Etats-Unis, ou sociaux-démocrates comme les pays scandinaves, ont modernisé leur administration ? Pas la France ! Résultat, la dépense publique, soit presque 55 % de la richesse produite chaque année dans l'Hexagone, est mal utilisée, voire gaspillée. Les statistiques sont impitoyables. 100 euros de déficits publics en plus ne génèrent que 77 euros de richesse supplémentaire, contre 315 en Irlande, 134 en Espagne et 105, en moyenne, dans la zone euro. Et quand l'Etat se réforme, gare à l'illusion d'optique. Selon l'Institut français pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques, la très médiatisée fusion des directions des impôts et de la comptabilité publique, véritable « village Potemkine » de la modernisation du service public, augmenterait finalement de plus de 100 millions d'euros chaque année les dépenses de personnel !

Les entreprises doivent pouvoir se battre à armes égales avec leurs concurrents du monde entier ? Dans aucun pays on ne leur complique autant la tâche qu'en France. Symptôme le plus évident de cette maladie : le manque cruel de ces grosses PME de 50 à 250 salariés qui font la force de frappe de l'industrie allemande. Il y en a dans l'Hexagone 10 000 de moins qu'outre-Rhin. Les explications sont multiples : délais de paiement trop longs, ceux de l'Etat en tête, fiscalité trop lourde (les entreprises françaises acquittent chaque année 100 milliards d'impôts de plus que leurs concurrentes allemandes), manque d'investisseurs prêts à prendre des risques, sans parler du maquis administratif et juridique et des effets de seuil assassins quand la société passe le cap des 10 ou des 20 salariés.

Ces handicaps, les experts de tout poil les ont identifiés depuis longtemps. La route du gouvernement Fillon paraissait donc toute tracée, puisque la denrée la plus rare en temps de réforme, le courage, ne semblait pas manquer. Sauf que la France va plus mal aujourd'hui qu'il y a un an (voir nos indicateurs).

Son premier gros pari, créer un « choc de confiance », Nicolas Sarkozy l'a perdu. La faute en partie à pas de chance. Il faut le reconnaître : la malédiction qui veut que la croissance se dérobe dès que la droite revient au pouvoir a de nouveau frappé. La déflagration financière provoquée par la crise des crédits hypothécaires, la pire depuis 1945, l'envolée de l'euro et des matières premières à des niveaux record, le retournement de l'immobilier, la récession aux Etats-Unis ont fabriqué un cocktail assassin pour le moral des ménages.

Mais le président peut aussi s'en prendre à lui-même. Excepté l'UMP - et encore -, les soutiens à sa politique économique se font rares. Même les économistes libéraux, a priori enclins à soutenir les mesures d'une majorité de droite, ont renoncé à essayer de justifier la trajectoire suivie. « Je suis bien en peine de trouver une logique économique à la politique menée aujourd'hui », concède le chef économiste du Groupe Scor, Philippe Trainar. « Sur tous les sujets clefs, on ne voit pas ce qui pourrait vraiment débloquer la croissance », abonde Christian Saint-Etienne, professeur à Dauphine. Et les récentes bourdes de communication du gouvernement, comme la vraie-fausse suppression de la carte de famille nombreuse, les coupes dans les allocations familiales ou la baisse du remboursement des paires de lunettes sont du miel pour les opposants au duo Sarkozy-Fillon : « Il y a un goutte-à-goutte du supplice, c'est la rigueur annoncée chaque jour », n'a pas manqué de déclarer le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande. « Nicolas Sarkozy est en train de rendre la réforme haïssable », s'inquiète de son côté le député UMP Hervé de Charette. « Plus grave, les Français ont perdu le fil de l'histoire. Ils ne savent plus où Nicolas Sarkozy veut les emmener, constate Gaël Sliman, le directeur des études de l'institut BVA. Et plus personne ne parvient à distinguer les vraies réformes de fond des petites mesures d'économie. »

 
Commentaires - (5)
JPALMER 6/5/2008 Recommander 0

Cavalier : le montant de la dette correspond au centime près au montant des économies des Français, vous ne trouvez pas ça bizarre ?

cavalier 5/5/2008 Recommander 1

Encore un article de propagande sur l'appauvrissement relatif de la France et des français par rapport aux petits camarades européens... On y lit tout de même que si l'état est pauvre ...les français disposeraient eux de l'une des plus belle épargne relative mondiale... Les services publics grace aux nombreuses résistances ( populaires ) sont gratuits (déficit public) et que les prix dans les hypermarchés (c'est en France qu'il y en a le plus!) sont les plus élevés d'europe (gros bénéfices, grace à l'appuie de nos gentils dirigeants!). Ce type d'article prétend faire avaler les ''nécessaires réformes'' (c'esy à dire la perte des avantages acquis!) au bon peuple !

atchum 1/5/2008 Recommander 0

Le début de l'appauvrissement correspond a l'arrivée de la force (d'inertie) tranquille. Regardez sur la courbe le "pic est en 80/81. Le Pays est riche et il le prouve, il distribue... et met à mal, la valeur travail, l'Entreprise privée, Pointe du doigt l'immobilier de rapport et les Grandes fortunes. 30 ans plus tard on a le résultat que l'on sait. Quant aux réformes en cours :on ne doit pas oublier qu'elles viennent juste d'être mises en place, et qu'elles sont situées dans un contexte macroéconomique mondial, morose voire une crise financière majeure. A titre d'exemple d'Impact : Une baisse des taux d'intérêt met 6 à 9 mois à se répercuter sur l'économie réelle !! et on voudrait un impact immédiat de mesurettes que la France accepte du bout des lèvres sans broncher en menaçant tout de même régulièrement à chaque projet, sur chaque corporatisme de bloquer le Pays. Evidemment devant l'urgence à réformer, le message est un peu inaudible, mais n'est ce pas le résultat qui compte? Il faut communiquer et négocier en démocratie , pour trouver des relais dans l'opinion qui soutiennent au plus fort du capharnaüm le bien fondé de telle ou telle réforme, voulue par tous a priori, mais qui devient pas si populaire que ça lorsqu'on passe à l'acte.

Maes 1/5/2008 Recommander 1

Pédagogie pour charmer des millions des français que gagnet 1000 € net par mois? Faites moi rigoler! Son carisme a deçu la France et au délà croyez-moi il faut juste voyager et ecouter!! Mais restons là où la situation est dramatique même s'il y a pire comme dirait l'autre.Oui en Afrique où les européens ont tendance à oublier que ont beaucoup pillés et qu'ils continuent à soutenir des dictateurs criminels avec souvant une parodie de démocracie. La France hélàs ne peu plus donner des examples. Il serait ridicule de continuer à parler aux autres comme dit Sarko tout en ambrasant les dictateurs qui vont l'acheter des avions de son pôte Lagardère ou Dassault ou bien une petite centrale "civile" histoire de sortir du rouge. C'est bien nous donnons des armes et il faut bien qu'ils nous donnent... Conclusion: Nous avons un gouv de droite depuis plus de dix ans. Nous avons tombé du haut et cela n'est pas près de s'arreter avec les nouveaux locataires!!

doudou 1/5/2008 Recommander 0

Il a déja bien fait des réformes que la population a bien acceptées celles qui etaient si je peux dire sans effet financier mais dès qu on entreprend des réformes financières il n y a plus grand monde aussi je trouve qu il faut qu il les continue avec acharnement et pedagogie et que cela soit expliqué réforme par réforme a une population qui ne comprend pas l économie quand fera t on des cours d économie du lycée a BAC 5 car c est la seule façon de le faire comprendre qu il faut plus de travail pour avoir plus de richesses c est simple comme bonjour. mais la les syndicats ne font pas leur boulot

 
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