Le ministre de la fonction publique a présenté jeudi sa politique salariale pour les trois ans à venir. Détail des propositions contestées par les syndicats.
Le torchon n’a pas fini de brûler entre le gouvernement et les syndicats de fonctionnaires. Ces derniers ont unanimement exprimé leur mécontentement, jeudi, à l’occasion d’une ultime séance de négociations sur les salaires, pourtant présentée comme « conclusive ». Le ministre de la fonction publique et du budget, Eric Woerth, n’en a pas moins présenté sa politique salariale pour les trois ans à venir (2009-2011).
Celle-ci comprend, d’une part, un avancement de la date de revalorisation des bas salaires. L’augmentation de 1 à 4 points d’indice d’une partie des agents de catégorie C (la moins rémunérée), initialement prévue au 1er octobre 2008, est avancée avec effet rétroactif au 1er juillet.
Pour le reste, le gouvernement s’en tient à une revalorisation du point d’indice de 0,8% en 2009 (0,5% au 1er juillet et 0,3% au 1er octobre). Soit une hausse identique à celle survenue en 2008. Et deux nouvelles revalorisations de 0,5% interviendront aux 1er juillet 2010 et 2011. Trop peu, estiment les syndicats, au regard de l’inflation attendue à 3,2% cette année par l’Insee.
« Ce ne sont pas des propositions recevables pour une augmentation sur les salaires », a contesté Jean-Marie Canon, patron de la CGT fonction publique. « Nous continuons à penser que la mesure essentielle se fait autour de la valeur du point », a-t-il ajouté. « On attend du ministre qu’il comprenne qu’on a un gros souci sur 2008. il ne peut pas ne pas faire un effort significatif », a renchéri Bernard Sagez, son homologue de la CFTC.
Pour compenser le manque à gagner vis à vis de l’inflation, Eric Woerth s’était flatté d’instaurer un mécanisme de garantie du pouvoir d’achat vis à vis de l’inflation. « On ne peut servir l’Etat et perdre de l’argent », avait-t-il justifié l’hiver dernier. Baptisé Gipa (garantie individuelle du maintien du pouvoir d’achat), ce mécanisme était initialement prévu pour tous les fonctionnaires en 2008, mais réservé à une partie d’entre eux seulement en 2009 et 2010. Jeudi, le ministre a finalement décidé de l’étendre à tous les agents pour les deux années à venir afin de tenir compte « du pic d’inflation ».
Le gouvernement maintient également sa politique de rémunération au mérite. Alors que les syndicats dénoncent une orientation « vers des carrières individualisées », Bercy entend étendre les primes de fonctions et résultats, réservées à l’encadrement intermédiaire et supérieur en 2008, à l’ensemble des agents de l’Etat en 2011.
Enfin, Bercy veut faire goûter les fonctionnaires aux joies de l’intéressement. Le ministre a indiqué qu’un dispositif d’intéressement collectif serait mis en place « pour chaque administration ainsi que les établissements publics, y compris les établissements de santé et médico-sociaux », d’ici 2010.

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Il y a une incompréhension sur la rémunération au mérite : - parce qu'elle devrait découler de l'avancement des fonctionnaires; - si ce n'est pas le cas, c'est le système de notation (d'évaluation ?) qui ne fonctionne pas bien et qu'il faut regarder; - la rémunération au mérite est aussi liée aux primes, mais là aussi le système a été dévoyé et on considère des primes comme un complément normal de salaire et non comme une prime liée à une contrainte ou à un mérite. J'ai vu une fonctionnaires complètement amortie toucher des primes de rendement ! - la rémunération à la responsabilité, à l'emploi, au poste paraît alors plus correcte, mais elle cesse avec l'emploi; - enfin méfions nous de ces fonctionnaires aux dents longues prêts à n'importe quoi pour améliorer leur rémunération. Sur une base 100, 10 sont mauvais et 5 sont véritablement méritants. Méfions nous aussi des "hauts potentiels" qui n'ont jamais rendu un seul service dans leur carrière. L'esbrouffe existe partout.