
Reprise des actifs douteux des banques, relance du crédit à la consommation et aux entreprises, renflouement des banques sous conditions : les principaux points du nouveau plan américain de sauvetage du système financier.
Le secrétaire américain au Trésor américain, Tim Geithner, a présenté mardi 10 février un nouveau plan plan de stabilisation du système financier, mobilisant des centaines de milliards de dollars pour "relancer le crédit", "renforcer les banques" et aider les emprunteurs immobiliers et les PME.
Selon Tim Geithner, ce nouveau "plan de stabilité financière" est une "refonte fondamentale" du plan mis en oeuvre en par le gouvernement précédent,
Le point phare de la nouvelle version du plan de sauvetage du système financier est la création d'une structure à capitaux mixtes public-privé, dotée d'au moins 500 milliards de dollars, pour inciter des investisseurs privés à acheter les actifs douteux qui plombent les bilans des banques. Les fonds de cette structure pourraient monter par la suite jusqu'à 1.000 milliards de dollars. L'estimation de la valeur des actifs rachetés sera effectuée par le secteur privé.
La Bourse de New York continuait de s'enfoncer mardi après l'annonce par le Trésor américain de nouvelles mesures pour soutenir les banques: le Dow Jones perdait 4,15% et le Nasdaq 3,62%.
Les plus fortes chutes frappaient les valeurs bancaires, notamment Bank of America (-17,58%) et Citigroup (-11,39%).
Le plan de Tim Geithner avait été anticipé en fin de semaine dernière par le marché, qui était nettement monté, et les analystes avaient averti d'un probable repli de Wall Street à son annonce.
Mais les investisseurs s'inquièteraient également de la complexité du plan, dont la mise en oeuvre s'annonce ardue, et regrettent l'absence d'assouplissement des règles imposant l'évaluation des actifs des banques à leur valeur de marché.
Le plan prévoit également un nouveau tour de renflouement des banques qui en ont besoin par des fonds publics. Le ministre n'a pas précisé le montant que le Trésor prévoyait d'attribuer à ce programme. Mais il a précisé qu'une holding allait être créée pour regrouper les investissements de l'Etat dans les banques, le Finance Stability Trust. Les conditions de l'octroi de l'argent des contribuables aux établissements financiers seront néanmoins "durcies".
Les banques faisant appel au Trésor pour renforcer leurs fonds propres rémunèreront l'Etat par des titres convertibles pouvant être transformés en actions ordinaires. Ces titres porteront un taux d'intérêt qui sera fixé plus tard. La conversion en action ordinaires s'effectuera sur la base du cours de l'action au 9 février, diminué d'un "modeste rabais".
La Réserve fédérale vaacheter jusqu'à 1.000 milliards de dollars de titres obligataires adossés à des crédits à la consommation, à des crédits automobiles et à des crédits aux PME. Cette disposition était déjà prévue, mais non encore appliquée, pour un volume moindre de 200 milliards. L'Etat va y consacrer 100 milliards qui vont permettre à la Fed, par un effet de levier, d'acheter un montant dix fois plus important de titres. L'Etat espère ainsi dégripper ces marchés et faire baisser les taux pratiqués sur ces différents types de crédit.
Les investisseurs veulent de la clarté, de la simplicité et de la détermination. Ce plan est considéré comme alambiqué, brouillon et brumeux
Enfin, Tim Geithner a indiqué qu'il annoncerait dans les quelques semaines à venir un plan "complet" pour le logement qui viendrait en aide aux propriétaires menacés de saisie immobilière. Il passerait notamment par une baisse des taux hypothécaires et la mobilisation de 50 milliards de dollars pour renégocier les mensualités des emprunteurs en difficulté.
Le nouveau plan du Trésor modifie et complète celui de 700 milliards de dollars voté en octobre 2008 par le Congrès à la demande du gouvernement Bush, le plan TARP (Troubled Asset Relief Program), doté d'un budget de 700 milliards de dollars dont la moitié - 355 milliards - a déjà été dépensée. Mais qui s'est révélé être un échec.

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