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Consommation

Essence chère : les autoroutes n'ont plus la cote

 06/08/2008 15:17  - L'Expansion.com avec AFP 
 
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Grande première en France, le trafic sur les autoroutes a baissé de 4% en juillet par rapport à l'an dernier, conséquence de l'envolée des prix à la pompe. Ce qui ne fait pas les affaires des sociétés concessionnaires.

Grande première en France, le trafic sur les autoroutes a baissé de 4% en juillet par rapport à l'an dernier, conséquence de l'envolée des prix à la pompe, ce qui ne fait pas les affaires des sociétés concessionnaires. Cette baisse du trafic a été constatée sur les autoroutes par les 18 stations de la Sécurité Routière, selon un responsable du Centre national d'information routière (CNIR). Pour l'ensemble du premier semestre, les sociétés concessionnaires ont publié des chiffres de trafic en très légère augmentation par rapport aux six premiers mois de 2007, avec pour la majorité d'entre elles des reculs au deuxième trimestre (-2,1% pour APRR, -2% pour ASF, -1,2% pour Escota).

Les deux principales raisons invoquées par les dirigeants des sociétés autoroutières sont la forte hausse des carburants et les inquiétudes des Français concernant leur pouvoir d'achat. "Cette baisse est également due au fait que les personnes itinérantes, utilisant des camping-cars et des caravanes, ne partent plus un mois comme avant mais deux ou trois semaines et donc circulent moins", souligne un porte-parole de "Bison Futé". Au point que les embouteillages ont été moins importants cet été même pendant le week-end (2-3 août) du "chassé-croisé" entre juillettistes et aoûtiens.

Mais cette "révolution" dans le comportement des automobilistes risque de compliquer les relations entre les pouvoirs publics et les sociétés concessionnaires. Le gouvernement est actuellement en négociations avec trois concessionnaires - APRR (Eiffage et l'australien Macquarie), Sanef (l'espagnol Abertis) et Cofiroute (Vinci) - pour le renouvellement des contrats de plan pour la période 2009-2013. "Le risque de baisse du trafic est entièrement assuré par les concessionnaires", indique-t-on au ministère des Transports.

Le gouvernement écarte l'idée, avancée ces dernières semaines par les sociétés, d'un possible allongement de la durée des concessions fixée, lors des privatisations, jusqu'à 2028 ou 2035. "Bruxelles ne le permettrait pas car une telle solution ferait fi des règles de la concurrence", souligne-t-on au ministère. Les sociétés ne peuvent pas non plus trop compter sur la construction de nouvelles sections suite à la décision du Grenelle de l'Environnement de geler les projets hormis les "cas de sécurité ou d'intérêt local". Seules les autoroutes A65 entre Pau (Pyrénées-Atlantiques) et Langon (Gironde), confirmée le 4 juin par le ministère de l'Ecologie, et l'A45, entre Saint-Etienne et Lyon, dont le décret d'utilité publique a été publié le 17 juillet, sont certaines de voir le jour.

Actuellement, le gouvernement passe en revue les projets qui étaient depuis longtemps dans les cartons - comme les contournements des agglomérations de Strasbourg et Nice et l'A51 entre Grenoble et Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence) - pour voir si elles sont réalisables. Reste la question de la hausse des tarifs des péages calculée actuellement sur 85% de la hausse de l'inflation, abondée d'un pourcentage dépendant du montant d'investissement consacré par les sociétés, notamment pour les élargissements des chaussées. "La tendance est à la diminution de l'augmentation des tarifs, défense du pouvoir d'achat oblige", regrette un dirigeant de APRR. La négociation, suspendue en août, devra se conclure avant la fin de l'année. En cas d'échec, les sociétés n'auront droit qu'à des hausses de tarifs équivalentes à 70% de l'inflation.

 
Commentaires - (12)
loulou 11/8/2008 Recommander 0

Nous avons un petit fourgon Ford aménagé camping-car. Les tarifs prohibitifs des autoroutes font doubler les prix des déplacements (surtaxé à 40% pouquoi?) Moralité: l'autoroute en camping-car c'est fini pour nous...

jerêve 8/8/2008 Recommander 5

C'est bien gentil que la presse relaie à l'infini la réaction de la population française à son problème de pouvoir d'achat. MAIS QUI est inquiet à ce point ?? N'est-ce pas plutôt nos politiciens si complaisants et ces sociétés si habiles à bidouiller leur marge à la hausse au détriment du consommateur captif. Eh oui, même le pigeon français s'émancipe. Et pas la peine de jouer aux vierges effarouchées quand le consommateur ne peut plus. Trop d'arnaque tuerait elle l'arnaque ? En économie en tout cas çe phénomène s'appelle micro-économie, et la baisse de consommation est l'effet le plus anodin qui soit.

wumps13 8/8/2008 Recommander 2

C'est plutôt une très mauvaise nouvelle : les autoroutes sauvent des vies et la consommation des véhicules est moindre car on gagne en kilométrage et la conduite est fluide. (en roulant à vitesse modéré et pas à 150 KM/h). A la place les gens font des kilomètres sur les nationales dangereuses et consomment plus en faisant des parcours sinueux. :(

Sky 7/8/2008 Recommander 5

Magnifique !!! Pour défendre le pouvoir d'achat on pratique une "diminution de l'augmentation des tarifs". C'est au moins un énarque qui a trouvé ça ?

chopsuey 7/8/2008 Recommander 6

L'essence n'est pas seule en cause. Les tarifs de péage augmentent pratiquement tous les trois mois pour atteindre aujourd'hui des tarifs au km qui sont insupportables. Vivant dans un système libéral privilégiant l'offre et la demande, si la fréquentation diminue il faut baisser significativement les tarifs de péage pour voir revenir les automobilistes.

ernest 7/8/2008 Recommander 1

Il y a 40 ans, le 01 juin 1968, le litre de super valait 1,01Fr, et le SMIG était à moins de 300 F. Le litre de super valait donc environ 1/300eme du SMIG. Actuellement, SMIG vaut environ 1200 € brut. Quelle serait la circulation aujourd'hui si le prix du litre avait suivi les salaires? Entre autre, il y aurait surement moins de pollution et surtout beaucoup moins de radars. A méditer.

wumps13 7/8/2008 Recommander 2

Il pourrait baisser les tarifs aux kilomètres beaucoup trop cher pour faire revenir les clients !

René-Pierre 7/8/2008 Recommander 0

1- C'est plutôt une bonne nouvelle vis à vis de la pollution et du réchauffement climatique. Il n'y a pas, une fois de plus, lieu de s'en plaindre ! 2- Je ne comprends pas non plus pourquoi il faudrait élargir les chaussées, puisque le trafic est à la baisse.

Vouters 7/8/2008 Recommander 1

Je cite votre article : "Cette baisse est également due au fait que les personnes itinérantes, utilisant des camping-cars et des caravanes, ne partent plus un mois comme avant mais deux ou trois semaines et donc circulent moins". Les Français ne semblent pas vivre à crédit comme les Américains et en temps de crise partent moins ou plus du tout en vacances ou choississent des moyens de transport moins onéreux. Je vois que mes compatriotes savent compter et faire des choix ce qui est tout à leur honneur. Que toutes ces sociétés qui comptent sur un accroissement inexorable de la consommation se rendent à l'évidence : ces temps sont pour l'instant révolus faute à elles de maintenir les coûts dont les charges salariales au niveau le plus bas possible. Qu'espéraient-elles d'autre ?

Ulysse65 6/8/2008 Recommander 5

Les sociètés d'autoroute n'ont qu'à s'en prendre aux stations services à qui ils ont vendu une licence. Si on converti le prix du litre de sans plomb 95 en francs sur les autoroutes, on y dépasse les 10 francs. C'est un prix butoir qu'il ne fallait pas dépasser. Et comme ces sociètés avaient elles mêmes augmenté leurs prix, elles vont finir par s'apercevoir qu'elles ont tué la poule aux oeufs d'or. Nous sommes des pigeons quand on ne peut faire autrement.

janus 6/8/2008 Recommander 1

Question "idiote" : pourquoi les concessionnaires d'autoroutes n'auraient-ils pas droit aux mêmes possibilités d'augmentation que les fonctionnaires et les retraîtés :40% de l'inflation ????

Colorado 6/8/2008 Recommander 2

Va-t-on pleurer sur le sort des des sociétés concessionnaires des autoroutes ? Leur bénéfices sont tels qu'une minuscule baisse du trafic ne devrait pas les affecter trop! Elles montrent en outre un certain mépris pour les clients qui peut expliquer aussi cette désaffection. Depuis la privatisation, seules les cartes bancaires françaises sont acceptées sur APRR, entre autres, obligeant les étrangers à payer en liquide ou à prendre les nationales! Les tarifs entre Paris Marseille et Nice, en passant par Reims, Dijon et Lyon sont exhorbitants et je boycotte les péages quand j'ai le temps. D'autres automobilistes font sans doute la même chose!

 
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