Les pays développés ont jusqu'à présent bien résisté à la flambée des prix du pétrole, des minerais et des produits agricoles. Mais ces hausses vont désormais contaminer leurs économies.
Choc énergétique, choc alimentaire, choc sur les métaux. L’emballement des cours des matières premières est loin d’être terminé. Depuis 2000, les cours du pétrole ont grimpé de 342%. Sur la même période, ceux du blé, du sucre, du riz et du cacao ont crû respectivement de 236%, 120%, 234% et 182%. Les cours de la plupart des métaux atteignent, eux aussi, des niveaux inégalés. Malgré le ralentissement de la croissance mondiale et l’entrée en récession de la première économie du monde, les Etats-Unis, ces bulles vont continuer d’enfler. Jusqu’à présent, les économies développées ont plutôt bien résisté à ces chocs successifs. Ce devrait être moins le cas dans les mois qui viennent et les dégâts paraissent inévitables.
Pendant longtemps, le hausse des prix des matières premières ne s’est pas diffusée dans nos économies en raison des pressions déflationnistes venues de l’arrivée sur les marchés mondiaux des produits à très bas coûts fabriqués dans les pays émergents. Reste que ces derniers subissent, eux aussi, le renchérissement des produits de base et ils doivent faire face de surcroît à une augmentation rapide des couts de main d’œuvre. En Chine, par exemple, les salaires des ouvriers et des cadres progressent de près de 10% chaque année. La hausse des coûts du travail, associée à celle des matières premières et des coûts de transports va contribuer à diminuer les pressions déflationnistes venues du monde émergent.
Par ailleurs, le lien entre inflation et salaires qui s’était largement distendu au cours des dernières décennies est en train de se retisser Dans la plupart des pays industrialisés, le vieillissement démographique fait baisser le chômage et des pénuries de main d’œuvre voient le jour. Du coup, les revendications sur le pouvoir d’achat et les augmentations de salaires se multiplient, poussant les entreprises occidentales à lâcher du lest. Revers de la médaille : une dégradation de la profitabilité des entreprises avec, comme principale conséquence, un retournement de l’investissement. Dérapage de l’inflation, des salaires, ralentissement de l’investissement et de la croissance. Un remake de la stagflation des années 70 est en train de se dessiner.

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