A 1117 milliards d'euros, l'endettement de la France est désormais reconnu comme "inacceptable". Mais les mesures qui fâchent - baisses des dépenses et hausse d'impôts -, sont reportées après l'élection présidentielle.
Une dette de 1117 milliards d'euros, soit 66% du PIB. Des engagements financiers en tête desquels les retraites des fonctionnaires, d'un montant compris entre 400 et 900 milliards d'euros. Des intérêts de la dette qui absorbent à eux seuls 45 milliards d'euros, soit quasiment ce que rapport l'impôt sur le revenu. Les chiffres dévoilés lors de la présentation du rapport « Pébereau » sur l'envolée de la dette publique depuis 25 ans, ont fait l'effet d'une bombe à Matignon comme à Bercy.
Sans surprise, la France dépense trop. Le ratio d'endettement est passé de près de 21% du PIB en 1980 à 66% en 2006. Une dérive qui résulte de dépenses tous azimuts, mais qui a été également facilitée par le passage à l'euro. Car à l'époque du franc, la sanction tombait immédiatement: chaque crise monétaire était synonyme de taux d'intérêt plus hauts et donc de dette plus lourde. Reste que si cette négligence perdure, l'endettement de l'Etat représenterait 400% de la richesse française en 2050. Sans surprise non plus, le premier ministre Dominique de Villepin s'est engagé à combattre cette dette « inacceptable » en promettant d'entamer la diminution de la dépense publique dès 2007. Pour prouver sa bonne volonté, il est même prêt à prendre un « engagement national chiffré ». L'objectif ? Passer de 66% à 60% de taux d'endettement en cinq ans. De son côté, le ministre de l'économie, Thierry Breton en rajoute une couche en affirmant que cet objectif est « ambitieux et réalisable ». Mais comment ?
Pour Michel Pébereau, il faut avant tout compenser toute dépense nouvelle par la suppression d'une dépense équivalente. Mais aussi supprimer des postes de fonctionnaires, et retourner à l'équilibre de l'assurance-maladie dès 2009. Et il appelle bien évidemment à une stabilisation des prélèvements obligatoires. Pour l'heure, le Ministre de l'économie reste ferme sur les baisses d'impôts contenues dans la réforme fiscale de 2007, rappelant que la France se situe parmi les pays d'Europe ayant les plus forts taux de prélèvements. Mais en 2008, 2009, 2010 ? Pour rétablir l'équilibre des finances publiques, les Français ne pourront pas échapper à une hausse des impôts après les élections de 2007.

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