Opposés au protocole de Kyoto, les Etats-Unis n'ont pas perdu l'espoir de faire valoir leurs vues sur la question du climat. Depuis cinq mois, ils négocient secrètement un accord international alternatif avec l'Australie, la Chine, l'Inde et la Corée du Sud.
C'est ce qu'on appelle de la diplomatie parallèle. Alors que George Bush se faisait prier pour adopter une déclaration commune sur la question du climat lors du G8 de Gleneagles début juillet, les Etats-Unis négociaient déjà secrètement depuis des mois un accord international sur les émissions de gaz à effet de serre avec la Chine, l'Inde, la Corée du Sud et l'Australie. Selon des informations révélées mercredi par le journal australien The Australian et confirmées par le ministre australien de l'environnement Ian Campbell, les cinq pays discutent en secret depuis cinq mois d'un accord alternatif au protocole de Kyoto, que les Etats-Unis et l'Australie ont refusé de ratifier.
Le protocole de Kyoto, entré en vigueur le 16 février dernier, fixe des objectifs chiffrés à 38 pays industrialisés : ils doivent réduire d'ici 2012 leur émissions de gaz à effet de serre de 5,2 % par rapport à leur niveau de 1990. Les pays ayant ratifié le protocole représentent 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les Etats-Unis - premiers émetteurs mondiaux en chiffres bruts - et l'Australie - premier émetteur par habitant – refusaient de faire supporter à leurs économies les efforts de réduction alors que l'Inde et la Chine, grands pays en développement, n'étaient pas soumis au protocole.
Sans renier leur hostilité à Kyoto, les Etats-Unis avaient concédé au G8 une référence au protocole dans sa déclaration finale. Surtout, la déclaration invitait tous les pays "dont les besoins énergétiques sont importants" à participer au dialogue sur les relations entre changement climatique et énergie. Les membres du protocole avaient déjà souligné la nécessité de réfléchir à l'après-Kyoto en y associant le maximum de nations. Des négociations sur le sujet doivent s'ouvrir officiellement au mois de décembre à Montréal, au Canada. Les Etats-Unis ont donc pris les devants avec ses cinq partenaires, excluant de fait les autres grands pays industrialisés.
Selon le ministre australien, les détails de l'accord seront annoncés « dans un avenir très proches ». Ce « partenariat pacifico-asiatique pour le climat et un développement propre » regrouperait des pays totalisant plus de 40% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Conformément au souhait américain de prendre en compte la protection de l'environnement sans pénaliser la croissance économiques des deux zones, les cinq pays souhaiteraient développer des technologies dernier-cri pour réduire des émissions, et les transférer aux pays et aux industries les plus polluantes.

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