Entretien avec Clara Gaymard, présidente de l'Agence française pour les investissements internationaux (Afii).
Quel regard portez-vous sur le classement du WEF ?
Clara Gaymard. Sans rentrer dans le détail de la méthodologie qui est discutable, les critiques du World Economic Forum portent essentiellement sur le niveau d'endettement de la France, un facteur plus pénalisant pour nous que pour d'autres pays alors que nous ne sommes pas les seuls à avoir de forts déficits. Les experts du WEF regardent également, pour établir leur classement, le nombre de brevets déposés mais ils ne retiennent pour la France que le tiers de ceux de l'Insern et rendent finalement assez mal compte de la spécificité française de coopération public-privé. Ils se basent enfin sur les commentaires de patrons français qui, par nature, critiquent l'Etat français. Il existe en fait trois classements du WEF : le Growth competitiveness index sur lequel ils communiquent beaucoup et dans lequel nous sommes mal classés ; le Business competitiveness index - qui mesure les conditions de compétitivité des entreprises dans les pays - dans lequel la France est mieux classée (11ème sur 116), et le Global competitiveness index, leur nouveau classement destiné à remplacer l'ancien très critiqué et dans lequel nous sommes 12ème sur 117. Je me demande pourquoi ils ne communiquent que sur celui où nous sommes le plus mal classé et non sur les autres qui reflètent mieux notre réelle position.
Quel impact ont ces classements sur les investisseurs étrangers ?
Ces classements n'intéressent pas les investisseurs étrangers. Ils participent juste à l'image ambiante et on leur attache beaucoup trop d'importance. Il est clair que la bataille des idées passe aujourd'hui par ces classements. Les Anglo-Saxons y croient beaucoup et mettent beaucoup d'argent dessus. En France, nous sommes plus cartésiens et nous ne nous intéressons qu'aux chiffres, qu'aux faits. Heureusement que les choix de localisation se basent sur des critères concrets et plus objectifs. Comme la qualité de la main d'œuvre, le niveau de fiscalité, la taille du marché, la qualité des infrastructures… Les investisseurs pèsent tous ces facteurs et ne s'arrêtent pas juste aux classements internationaux.
Avez-vous remarqué une amélioration du jugement des Américains sur la France depuis deux ans ?
Les Américains ont compris que les 35 heures étaient derrière nous. Pour eux, ce n'est plus un débat. Ce qui les intéressent, c'est la productivité des salariés. Ils ont également vu que le non au référendum européen a provoqué des réformes : le contrat nouvelles embauches, le nouveau barème de l'impôt sur le revenu, les pôles de compétitivité... Pour eux, c'est le signal d'un changement, d'un déclic. Ils ne comprennent en revanche toujours pas notre droit du travail, trop complexe et rigide à leurs yeux.
Que leur répondez-vous quand les étrangers critiquent notre droit social ?
On leur parle de nos atouts : une électricité de qualité qui n'est jamais coupée, des routes sans trous, les trains qui partent et arrivent à l'heure, des réseaux de téléphonie mobile de qualité… Le problème n'est pas les coûts salariaux qui sont en fait inférieurs à ce qu'ils semblent être car nous n'avons pas en France de coûts privés (d'éducation, de santé, de retraite…) comme aux Etats-Unis. Ce qui interpelle vraiment les Anglo-Saxons, c'est l'incertitude et la complexité des mécanismes sociaux. Ils ne comprennent pas qu'il soit si long en France de licencier quelqu'un.
Comment jugent-ils les interventions politiques dans les dossiers HP ou Danone ?
Un an après, on me parle encore de l'affaire Sanofi-Aventis. On ne comprend pas pourquoi les pouvoirs publics ont empêché un groupe étranger de faire une offre sur un groupe français. Les prises de position cet été sur le dossier Danone sont aussi très mal passées. Toutes ces manifestations du patriotisme économique à la française mettent de l'eau à leur moulin et ils s'en servent. Mais ce qui est très mal compris aux Etats-Unis en ce moment, c'est le projet du gouvernement français de protéger par décret des secteurs stratégiques de prises de contrôle étranger. C'est vu comme une position stalinienne. On veut toujours tout prévoir en France. Indiquer dans une loi, sans citer de secteurs, que l'Etat se réserve le droit d'interdire tout rachat pour raison de sécurité nationale aurait été mieux compris. La Chine, les Etats-Unis ou le Royaume-Uni ont mis en place de tels dispositifs.

L'inventeur du magnétoscope numérique s'est allié avec l'allemand Nero pour imposer son savoir-faire dans les usages de la vidéo sur PC. Détails sur de nouvelles ambitions avec Joshua Danovitz, patron de la stratégie internationale de Tivo.
Les marchés dévissaient toujours vendredi, guère rassurés par le discours de George Bush. Le CAC a perdu 7,73% à 3176,49 points. A New-York, le Dow Jones reculait de 4,4% à 18 heures. Deux heures avant la réunion du G7 à Washington.
Le patron de Renault et Nissan lâche les rênes de l'opérationnel au sein du constructeur français, au profit de Patrick Pélata, 53 ans, l'actuel DGA. Carlos Ghosn se recentre sur la stratégie et les finances. Décryptage.
Entre 2500 et 5000 salariés de l'automobile ont manifesté vendredi midi devant le Salon de l'Automobile à Paris pour exprimer leur ras-le-bol face à la multiplication des plans sociaux dans le secteur.
La crise économique douche les espoirs de financement, écrit le fondateur de TechCrunch, qui déclare la mort du web 2.0. Sequoia Capital invite ses start-ups à réduire la voilure. Netvibes et Dailymotion figurent sur une liste de sociétés menacées.
L'Arcep clarifie les règles du déploiement de la fibre. Satisfaction de Free, qui pourra utiliser les infrastructures de France Télécom.