Le président de la République défend lundi à New York l'idée d'un impôt mondial pour lutter contre la pauvreté. Il s'appuie sur les conclusions de la mission Landau, qui dresse un panorama des solutions possibles, de la taxe des mouvements de capitaux à celle sur le carbone.
Jacques Chirac renoue avec sa fibre sociale. Lors d’une visite de quelques heures à New York, il participait lundi à deux réunions de chefs d’Etat et de gouvernement sur la mondialisation et le financement du développement. Aux côté du Brésilien Lula, du Chilien Ricardo Lagos et de l’Espagnol José Luis Zapatero, le président de la République s'est fait l’avocat d'une "éthique sociale de la mondialisation" afin que la libéralisation des échanges profite à tous. Il devait notamment proposer l'instauration d'une taxe mondiale pour lutter contre la pauvreté. Un véritable serpent de mer, qui se heurte encore à l’opposition de nombreux pays, et non des moindres. Les Etats-Unis, par exemple, combattent fermement cette initiative. Pas de quoi décourager Jacques Chirac, qui a demandé récemment à un groupe d’experts de plancher sur les solutions susceptibles de fournir les 50 milliards de dollars annuels qui manquent pour lutter efficacement contre la pauvreté. Objectif : diviser par deux, d’ici 2015, le nombre de personnes qui vivent avec moins d’un dollar par jour. On en compte actuellement 1,2 milliard.
La piste d’une augmentation de l’aide au développement n’étant pas jugée réaliste, le rapport Landau, remis le 14 septembre dernier, privilégie celle d’un impôt mondial et en décrit les formes envisageables. L’idée de la "taxe Tobin" est relancée avec la proposition de taxer les transactions financières, à un taux très bas pour ne pas perturber les fonctionnements des marchés. Un taux de 0,01% rapporterait 20 milliards de dollars. Le rapport avance aussi l’idée d’une taxe mondiale sur le carbone, qui pourrait dégager entre 10 et 20 milliards, ou sur le commerce des armes. Il envisage aussi un nouvel impôt sur les bénéfices des multinationales ou une taxation supplémentaire sur les billets d’avion ou sur le passage des bateaux dans les détroits. Mais il examine aussi des solutions plus originales dites « de contribution volontaire » : paiement de factures, achats par cartes de crédit, déclarations de revenus seraient aussi l’occasion de trouver l’argent qui, aujourd’hui, fait cruellement défaut.

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