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Chirac lance la bataille de l'innovation

 30/08/2005 17:34:00  - L'Expansion.com 
 
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A Reims, le chef de l'Etat a clamé haut et fort ses ambitions pour une nouvelle politique industrielle nationale. Il veut une France « aux avant-postes » de l'innovation et de la recherche, dans le peloton de tête des pays les plus technologiquement compétitifs.

Parce que l'innovation est la clé de la croissance et le seul moyen de créer des emplois très qualifiés, la France doit mettre le paquet. C'est en substance le message délivré mardi par Jacques Chirac à Reims, lors de l'inauguration d'un des six pôles de compétitivité à vocation mondiale axé sur les biotechnologies. « Nous sommes aujourd'hui à un moment décisif. Toutes les conditions sont réunies pour que la France passe résolument à l'offensive. Nous allons conquérir de nouvelles positions et nous placer aux avant-postes de l'innovation industrielle et de la recherche » a-t-il déclaré. 

Au delà des déclarations d'intention, peu de faits nouveaux. Le Président n'a pas donné beaucoup d'informations fraîches sur l'agence pour l'innovation industrielle, (A2I) officiellement lancée mardi. C'est l'un des trois piliers du dispositif de « conquête » avec les pôles de compétitivité et l'agence pour la recherche. La loi-programme pour la recherche qui sera dévoilée « dans les prochaines semaines » devrait pour sa part consacrer un "effort inédit" dans le domaine fondamental, a promis le président.

Avec l'A2I, l'Etat veut instaurer un partenariat actif avec les entreprises privées. Son président, Jean-Louis Beffa, le PDG de Saint Gobain, résume sa mission en une phrase : « aider les entreprises à prendre des risques ». L'Etat financera, par des subventions ou des avances remboursables, au maximum la moitié du budget d'un projet sélectionné. Un conseil de surveillance de 21 membres – mêlant PDG, syndicalistes, parlementaires et représentants de l'Etat - sera chargé des choix. En contrepartie, l'entreprise ou le groupe d'entreprises – elles doivent justifier d'au moins un milliard d'euros de chiffre d'affaires – devra s'engager à installer son centre de recherche et ses emplois en France ou en Europe. Car le président espère également éviter certaines délocalisations : « c'est votre devoir d'entreprises françaises, c'est votre intérêt à long terme » a–t-il lancé aux grands patrons présents à Reims. 

Dotée d'un budget de un milliard d'euros en 2005 et d'un milliard en 2006, l'agence souhaite financer une quinzaine de projets par an. Parmi les premiers projets examinés en septembre – tous franco-allemand - le projet Quaero, autour de Thomson, Deutsche Telekom et France Telecom, est destiné à développer un ensemble de technologies autour de contenus multimédia (création de bibliothèques numériques, traduction et la protection et la surveillance de contenus, …). Il ambitionne notamment de concurrencer des moteurs de recherche américains comme Google ou Yahoo. Un autre projet concerne l'imagerie moléculaire à très hauts champs qui permettra de mieux comprendre et soigner les maladies neuro-dégénératives, comme Alzheimer. 


 
Parmi les 21 membres du conseil de surveillance de l'agence pour l'innovation industrielle se trouvent des patrons de grandes entreprises comme Jean-Louis Beffa, PDG de Saint-Gobain, Jean-François Dehecq (Sanofi-Aventis), Didier Lombard, (France Télécom). A leur côté, l'italien Pasquale Pistorio, ancien président de STMicroelectronics, Bernard Meunier, le président du CNRS et Jean-Marie Lehn, un prix Nobel de chimie. Trois membres représentent les syndicats CGT, CFDT et FO. Le conseil compte aussi quatre parlementaires (deux UMP et deux PS) et sept représentants de l'Etat.  

 
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