Près de deux ans après l'effondrement du terminal 2E de Roissy, Aéroports de Paris a lancé la première étape du processus de son introduction en bourse. L'entreprise publique espère lever autour de 600 millions d'euros sur les marchés. L'Etat devrait rester au dessus de 50%.
Aéroports de Paris (ADP) espère être cotée à la bourse de Paris avant l'été. Presque deux ans après l'effondrement du terminal 2E de Roissy Charles de Gaulle, qui l'avait obligé à repousser ses plans, l'entreprise publique a annoncé lundi la première étape de son processus d'introduction en bourse : elle a enregistré vendredi dernier auprès de l'Autorité des marchés financiers son document de base, qui permet d'apporter des éléments de valorisation. C'est maintenant à l'Etat de décider du moment, « si les conditions de marché le permettent » selon la formule consacrée. L'annonce officielle est attendue, selon les sources, entre le 22 et le 25 mai. L'opération d'ouverture du capital pourrait s'accompagner d'une augmentation de capital d'un montant compris entre 500 à 600 millions d'euros. Au total, l'opération devrait rapporter au total entre 1 et 1,5 milliard d'euros.
ADP a confirmé lundi qu'elle aimerait lever 500 à 600 millions d'euros pour moderniser les aéroports parisiens (Roissy, Orly et le Bourget) et augmenter leurs capacités d'accueil. L'objectif affiché est d'accueillir 100 millions de passagers supplémentaires d'ici 2010 contre près de 80 millions aujourd'hui, notamment en augmentant les surfaces de bars, restaurants et commerces. Pour cela, la société compte investir 2,7 milliards d'euros sur la période 2006-2010. Le groupe est cependant confronté à la contestation de la hausse de ses redevances de 5% par an sur la même période, accordée en février par le gouvernement. Les dirigeants présenteront en détail l'opération et la société aux analystes mardi. ADP plaidait depuis longtemps pour sa mise en bourse, pour rivaliser à armes égales avec ses grands concurrents privés, les aéroports de Londres et Francfort, dans la lutte pour capter le trafic aérien.
De son côté, l'Etat poursuit ainsi la cession d'actifs publics, après l'introduction en Bourse de Gaz de France l'été dernier, puis en novembre d'EDF et la vente des sociétés gestionnaires des autoroutes françaises à la fin de l'année 2005. A l'issue de l'opération, l'Etat devrait rester majoritaire avec un peu plus de 50% du capital d'ADP, passé du statut d'établissement public à celui de société anonyme en juillet dernier. Il devrait utiliser la somme récoltée - entre 600 et 750 millions d'euros - pour réduire la dette publique et renforcer les fonds propres d'entreprises publiques.

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