Un Airbus A 310 de la compagnie Yemenia s'est abîmé en mer mardi avec 153 personnes à bord, un mois après le crash du vol 447 d'Air France. Mais les deux catastrophes présentent beaucoup de différences.
Sous pression après le crash d'un A330 d'Air France entre Rio et Paris le 1er juin, dont les causes non pas été encore élucidées, l'avionneur européen Airbus doit faire face à un nouvel accident d'un de ses appareils, un A310, aux larges des Comores.
"Parler de série noire pour Airbus est complètement abusif. Pour parler de série noire, il faudrait déjà avoir une idée des causes des accidents et avoir déniché un parallèle commun aux deux", remarque Robert Galan, expert aéronautique et enquêteur sur plusieurs catastrophes aériennes.
Gérard Feldzer, directeur du Musée de l'air et de l'espace, abonde dans ce sens: "il faut quand même préciser que l'accident du Rio n'a rien à voir (...) C'est la loi du sort et il se trouve que ce sont deux Airbus. Il y a le mot Airbus, c'est assez malheureux mais c'est un hasard".
Les avions impliqués dans les deux cas ne sont pas de la même génération. Pour le vol AF447, qui s'est écrasé dans l'Océan atlantique faisant 228 morts il y a un mois, l'A330, conçu dans les années 1980, est un avion ultra-moderne, avec des commandes de vol électriques.
L'A310, qui s'est abîmé mardi en mer près de l'archipel des Comores avec 153 personnes à bord, "a été certifié il y a trente ans environ et la machine accidentée volait depuis 20 ans. C'est un avion classique avec des commandes de vol et des équipements classiques", explique M. Galan.
Selon le site internet spécialisé Aviation Safety, l'A310 a connu huit accidents mortels, avec 673 victimes au total. Jusqu'au crash du Rio-Paris, l'A330 n'avait eu aucun accident mortel en vol commercial, mais avait déploré 7 morts lors d'essais à Toulouse en 1994.
Les circonstances des deux crashs diffèrent aussi complètement. Pour l'AF447, l'avion, en plein vol, est tombé en morceaux dans l'Océan. Dans le cas de Yemenia, il était en approche finale, à altitude assez basse, et s'est crashé dans la mer. Un enfant y a survécu, ce qui laisse penser que l'impact n'a pas été trop violent.
Les raisons du crash d'Air France restent encore inconnues. Les sondes Pitot, mesurant la vitesse en vol, ont été mises en causes, notamment par des syndicats de pilotes, mais le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses, chargé de l'enquête technique, estime qu'il n'y a encore aucun lien établi entre ces dernières et les causes de la catastrophe.
Aux Comores, "cela peut être la faute de pilotage, un vent particulièrement violent qui a déséquilibré l'avion, une panne survenue sur un avion peut-être pas entretenu de façon optimale", a estimé M. Galan.
D'ailleurs, Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports, a indiqué que cet Airbus de la Yemenia avait été "exclu du sol national" pour "irrégularités" il y a quelques années.
Conformément à la convention de l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale (OACI), Airbus a indiqué mardi qu'il fournirait une assistance technique complète aux autorités chargées de cette enquête.
"L'avionneur européen se partage avec l'américain Boeing la quasi-totalité du marché des avions de plus de 100 places -catégorie des deux engins accidentés-. Il est donc très probable qu'en cas de crash, le nom de l'un ou l'autre des constructeurs soit impliqué", remarque Germain Chambost, expert aéronautique. Volent encore dans ce segment quelques modèles plus anciens, des DC10 de l'américain McDonnell Douglas -racheté par Boeing- et des avions russes, comme les Antonov.
Pour l'instant, aucune statistique ne permet d'affirmer que les avions Airbus sont moins sûrs que les Boeing. A la mi-juin, le PDG de l'avionneur américain, Jim McNerney, avait d'ailleurs manifesté un certain soutien à son rival européen à propos du crash Rio-Paris, en affirmant que l'A330 était "un appareil fiable et éprouvé".


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On connaît dès le début que Airbus fait semblant de donner une esthétique aux avions sans se préoccuper de l'endurance du moteur
Dans les 2 cas ce ne sont ni les conceptions des avions, ni la compétence des équipages qui seraient en cause, mais les conditions de maintenance. On semble avoir voulu remplacer la "culture de précaution" des ingénieurs, par une "culture des résultats" qui appartient aux gestionnaires. Ces 2 accidents semblent avoir les mêmes origines, culturelles.
Il serait bon de rappeler la performance exceptionelle et fiabilite de l'A320 lors du crash recent a New york[Hudson river], nonobstant le courage et professionalisme du commandant et de l'equipage. Il serait bon de le souligner, dans la colonne du 'positif'...
La fabrication des Airbus A310 a débutée vers 1987, et il y a eu autour de 270 appareils vendus. Ce modèle a tout de même subit 20 accidents mortels en une vingtaine d'années. Airbus a beau clamer qu'il n'est pas plus dangereux qu'un autre, il n'est en tout cas pas plus sûr !