Pour Norbert Walter, chef économiste de Deutsche Bank Research, toute une série de facteurs risquent de limiter l'intensité de la reprise outre-Rhin en 2004.
Norbert Walter est chef économiste de Deutsche Bank Research
L'Allemagne commence à profiter de la reprise. Quelle croissance peut-elle espérer l'année prochaine ?
Difficile d’être très optimiste. La zone euro a été gagnée tardivement par la reprise et la politique économique y est moins stimulante qu'aux Etats-Unis. Plusieurs incertitudes pèsent encore sur les prévisions. En Allemagne, nous devrons attendre le 19 décembre pour savoir si les baisses d’impôts et les mesures destinées à limiter les dépenses publiques sont adoptées. L’évolution de l’euro par rapport au dollar est également incertaine. Or elle est primordiale. Pour l’instant, nous tablons au mieux sur une croissance de 2% l’année prochaine pour l’Allemagne. Comme par le passé, la reprise viendra du redémarrage des exportations. L’investissement devrait accélérer lui aussi dans les prochains trimestres. En effet, les entreprises ont fait des efforts considérables pour réduire les coûts ces dernières années. Aujourd’hui, elles sont obligées d’investir dans les nouvelles technologies pour ne pas perdre pied.
L’Allemagne sera-t-elle encore le boulet de la zone euro l’année prochaine ?
Non, car l’Allemagne profitera plus que le reste de la zone euro de l’accélération du commerce mondial. Cependant, 2% de croissance en 2004, cela reste décevant. En effet, nous aurons trois jours et demi de travail en plus en Allemagne l’année prochaine. Cet " effet calendrier " devrait générer à lui tout seul 0,5% de croissance .
Les consommateurs allemands vont-ils rester frileux ?
J’en ai bien peur. Pour l’instant, les baisses d’impôts sont bloquées. Elles seront sans doute adoptées en décembre. Mais les Allemands, contrairement aux américains, attendront d’avoir le sentiment que leur richesse a réellement augmenté pour dépenser. Cela pourrait prendre quelques mois. Surtout si les cours du pétrole demeurent élevés. Résultat : les ventes de Noël seront certainement décevantes. Les baisses d’impôts soutiendront tout de même l’activité en 2004. Mais leur impact sur la croissance sera faible. Une partie de l’opinion publique reste persuadée que les réformes qui sont prises dans le cadre de l’Agenda 2010 vont créer davantage de chômage.

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