Elle s’en souvient comme d’« un moment magique ». Meryam el-Ouafi, une jeune Marocaine, a gagné en 2005 le prix du Public de la première saison de « Challengers Maroc », l’émission phare de 2M, l’une des chaînes de télévision les plus regardées du royaume. Deux ans après, elle est encore tout émue par ce souvenir : à l’époque, elle n’avait que 20 ans, et elle était la seule femme sur le plateau... Un véritable exploit, dans un pays où les femmes chefs d’entreprise sont plutôt rares. Surtout à son âge.
1 700 candidats pour la saison 2007
Ce programme fait un tabac, avec 70 % d’audience à chaque diffusion. L’objectif est de dénicher de jeunes créateurs d’entreprise et de leur offrir un tremplin, avec financement à la clef. Les candidats - 84 % sont des hommes - se bousculent. En 2007, ils ont été près de 1 700 à déposer un projet. « C’est mon professeur à l’école de commerce et de gestion d’Agadir qui m’a poussée à me présenter », explique Meryam, originaire de cette ville balnéaire. Elle avait en tête un concept innovant : un centre touristique culturel de 600 places, avec galeries d’art et dîners-spectacles aux tonalités sud-marocaines.
Pour chaque saison de « Challengers Maroc », cinq postulants sont retenus après une rude sélection. La dernière ligne droite, une semaine de coaching, est ponctuée de rendez-vous avec de grands patrons, de visites d’entreprises... Il faut être fin prêt pour la finale, animée par la star locale du petit écran, Thami Ghorfi. « La première minute, j’avais un trac énorme, puis pour rien au monde je n’aurais voulu que cette soirée s’arrête », raconte Meryam.
Les deux vainqueurs, prix du Jury et prix du Public, empochent 200 000 dirhams (environ 18 000 euros) chacun, versés par la chaîne. Meryam, qui s’est vu ensuite allouer une subvention régionale de 36 000 euros, a bouclé son projet grâce à un prêt de 368 000 euros à taux zéro de la Banque Attijariwafa, la première du Maghreb, qui est partenaire de l’émission. Depuis deux ans, Meryam travaille d’arrache-pied. Son complexe touristique, baptisé Chemsayour, doit ouvrir dans quelques mois.

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