Quelles compétences entraînent en 2007 les plus belles rémunérations ? Et dans cinq ans ? « L'Expansion» a recueilli l'avis des pros du recrutement.
«Un bonus de 2 millions d'euros... Oui, et alors ? » Blasé, ce candidat en rendez-vous chez un chasseur de têtes parisien a l'air de trouver la somme normale. C'est vrai qu'à côté du bonus record, supérieur à 10 millions d'euros, décroché l'an dernier à la City de Londres par un Français - un diplômé de Centrale-Paris -, c'est une bagatelle ! « Nous sommes en plein dans la guerre des talents », constate Albert Hiribarrondo, associé à Sirca, une société de conseil en recherche de cadres dirigeants. Dans la finance, l'immobilier, le conseil, les nouvelles technologies, les candidats sont assaillis de propositions d'embauche. Forcément, les rémunérations explosent, quelle que soit la taille de l'entreprise. Depuis environ un an et demi, l'écart entre grands groupes et PME a fondu. « En moyenne, il est passé de 35 à 15 % », relève Thierry Carlier-Lacour, directeur associé au cabinet de recrutement Humblot-Grant Alexander. Les entreprises se battent pour des profils capables de conduire les politiques de réduction de coûts, les fusions-acquisitions, les phases d'industrialisation ou d'entrée en Bourse. Dans un tel contexte, certains jobs paraissent devoir rester durablement très bien payés. Revue de détail des compétences qu'il faut avoir et des secteurs où il faut se placer pour gagner beaucoup d'argent.
La performance se monnaie
« La rémunération est maximale quand la performance est quantifiable sur un tableau de bord », relève d'abord Jean-Luc Placet, président de la fédération Syntec, conseiller en management et dirigeant du cabinet de conseil IDRH. En la matière, les métiers de la finance s'installent sur le haut du podium. Ce patron de marché de capitaux a décroché un pactole de quelque 8 millions d'euros en passant dans une banque d'affaires concurrente. Outre son savoir-faire, c'est l'arrivée parfaitement quantifiable de la vingtaine de gros clients qu'il a entraînés avec lui qui est rémunérée. En moyenne, avec sept ans d'expérience, les traders gagnent jusqu'à 120 000 euros en fixe et un bonus d'au moins 50 %, selon le cabinet de recrutement Robert Half International. Les « structureurs » (qui combinent plusieurs produits financiers pour structurer une opération) avec sept ans d'expérience peuvent gagner jusqu'à 150 000 euros en fixe et touchent un bonus minimal de 30 %. Quant aux experts en fusions-acquisitions, ils sont emblématiques de la prise de risque et rémunérés comme tels. Leur salaire moyen de base se situe entre 130 000 et 150 000 euros, et est assorti d'un variable au moins égal. De même, les directeurs des investissements en LBO (leverage buy-out), qui ont pour mission de s'endetter pour investir avant de rembourser l'emprunt grâce aux profits réalisés par l'entreprise, gagnent un salaire moyen de base de 200 000 euros et un variable de 200 000 à 350 000 euros.
L'expertise a la cote
Plus que jamais, un bon expert se vend cher. Un spécialiste reconnu en transactions immobilières d'entreprise, avec dix ans d'expérience, placé à la tête d'une petite équipe, peut espérer gagner entre 120 000 et 150 000 euros en fixe, plus le variable lié au chiffre d'affaires réalisé. Dans les nouvelles technologies, le directeur des activités Internet ou l'expert en gestion de la relation client (CRM) se distinguent. « Le directeur du marketing d'une marque forte auprès de la grande distribution, qui connaît sur le bout des doigts la palette de toutes les technologies comme Internet et le CRM, s'arrache à prix d'or », explique Albert Hiribarrondo. Un cadre débutant dans la fonction marketing qui aurait des responsabilités internationales peut gagner en fixe 90 000 euros, et un cadre confirmé, jusqu'à 160 000 euros, variable inclus. En informatique, « celui qui maîtrise des programmes pointus et encore rares en France, comme Java, dope considérablement son salaire », relève Frédéric Béziers, directeur régional chez le recruteur Hays. Les experts sont aussi recherchés pour accompagner les entreprises françaises dans leur internationalisation. L'associé d'un cabinet de conseil en stratégie internationale peut attendre un salaire moyen de base de 120 000 à 150 000 euros, assorti d'un variable de 100 000 à 150 000 euros. L'associé d'un cabinet d'avocats d'affaires ayant une dimension internationale peut recevoir un salaire moyen de base de 150 000 à 200 000 euros et un variable allant de 220 000 à 280 000 euros. Pour les stars, la rémunération peut grimper à 1 million d'euros. A l'heure où les entreprises s'approvisionnent sur toute la planète, la fonction de directeur des achats pour un grand groupe se négocie aussi très bien.

En exclusivité pour L'Expansion.com, Boris Cyrulnik, Patrick Légeron, Gérard Apfeldorfer et bien d'autres experts vous livrent leurs conseils pratiques pour être bien dans votre vie professionnelle.
Que faut-il savoir avant éventuellement de partir travailler en Chine ? Cinq questions à Emmanuel Meril, avocat associé chez CMS Bureau Francis Lefebvre
Avec la loi de modernisation du marché du travail, dont la publication est imminente, la « rupture conventionnelle » du contrat de travail va faire son entrée dans le Code du travail, en bonne place à côté de la démission et du licenciement. Précisions avec Camille Goasguen, directrice du Lamy social, un ouvrage édité par Wolters Kluwer France.
Par Karine Armani, directrice associée d'Equilibres, cabinet de conseil en ressources humaines, spécialiste de la conciliation entre vies professionnelle et personnelle.
Beaucoup plus qu'une tendance ! C'est un vrai phénomène de société... Pour trouver un emploi c'est désormais la vidéo qui s'impose. Le point avec Jonathan Ichai, co-fondateur et président de Youjob, le leader du recrutement 2.0.
Vous avez franchi les sélections du CV, de la lettre de motivation et peut être même du dossier de candidature et du pré-tri téléphonique ? Maintenant, vous êtes convoqué à un assessment centre. Et là vous vous demandez ce qui va vous arriver !
En dernière année d'école d'ingénieur, je m'apprête à intégrer le monde du travail et la question du salaire me "taraude" énormément et quand je vois les salaires évoqués dans cet article je reste ... en effet, les bases que je connais sont très loin de cette réalité, je suis donc preneur d'emploi et d'entreprise proposant ce genre de rémunération.
décalage non négligeable entre le résultat du simulateur et la réalité concrète à Lyon un DRH c'est entre 70K€ et 120K€ ,or vous annoncez un mini de plus de 120KE ! c'est pourquoi avec 97€ je m' estime avoir un salaire "honnête" et Dieu sait combien ce job est devenu complexe et à hauts risques !
Votre article est un ramassis d'histoire peut-être vraies mais qui ne reflètent pas la réalité de la France d'aujourd'hui. Je suis recruteur et vos exemples ne sont pas réalistes quand on sait qu'un patron de PME gagne 75 000 euros, un ingénieur 3 ans d'expérience 5000 euros par moi ou un Manager d'une BU dans le secteur des services environ 140 000 euros. Voilà des salaires réels dans la france d'aujourd'hui avec 0,57 de charges patronales en plus.
Je pense que vos évaluations de salaire manquent de réalisme : j'ai utilisé votre calculateur et j'ai obtenu environ 75000€ annuels alors que pour le même poste (ingénieur informaticien) on ne peut pas dépasser 55K€/an selon les temoinages des informaticiens sur le site de 01 informatique. Je veux bien croire qu'il y ait des cas exceptionnels (compétences, travail dans des grands groups internationaux); dans mon cas (PME cotée en bourse en Norvège travaillant à l'international et située en province, à l'équilibre financier en 2007) cette évaluation est complétement décalée et ne me sert à rien pour négocier mon salaire. Je réponds par la même à Tom : ce n'est pas de la frustration, c'est tout simplement le constat que les valeurs annoncées ne correspondent pas à la réalité à laquelle est confrontée la majorité des gens. En question peut-être la façon dont ces données sont obtenues : il semblerait que les entreprises déclarent des salaries bien surévalués (de 20%, selon 01 Informatique, pour les informaticiens) par rapport à la réalité.
Ce message s'adresse à M. Béziers de Chez Hays. Savez-vous quels sacrifices personnels sont demandés aux collaborateurs expatriès sur des chantiers. Effectivement, ils bénéficient d'avantages et d'une prime de déplacement mais le salaire de base reste le même. Les chantiers sont souvent situés dans des zones difficiles (Pays de l'Est, Roumanie, Pologne, Russie) ou pays du Moyen-Orient. Il faut entendre par là une vie privée réduite à la portion congrue et un retour en France avec des conditions salariales défavorables. Les grands groupes ne maîtrisent pas encore totalement les subtilités de l'expatriation.Le salarié est souvent seul face aux difficultés et n'est pas formé à l'interculturel. Les employeurs ont tellement de mal à recruter qu'il survendent ce type de poste. Il est vrai qu'il s'agit de belles opportunités mais il faut éviter d'avoir une vie personnelle stable si le collaborateur veut éviter des tensions familiales intenables menant soit à un divorce soit à une démission pure et simple du cadre j'ai des exemples réels dans mon entourage!) Enfin, gérer des ouvriers du pays n'est pas toujours aisé. Il est préférable de privilégier des profils séniors ( de 50 ans). Un jeune professionnel risque d'y perdre ses illusions. Soyez sincère avec les candidats! Cordialement,
Je ne vois ici que des commentaires révélateurs d'une certaine frustration! Les informations et articles de l'Expansion n'ont-ils vocation qu'à s'adresser à la majorité ? Il n'y a que dans un pays comme la France où l'on trouve "déplacé" de parler de salaires élevés ! Je ne vois rien d'autre que de la jalousie dans les propos que je peux lire ici bas. J'ai pour ma part 26 ans, je ne travaille pas dans une entreprise du CAC 40 mais gagne 90 k€ par an. Je lis l'Expansion depuis de nombreuses années et je vous garantis que je ne suis pas le seul de mon entourage à me sentir concerné par ce genre d'article...
Ce qui est excessif est dérisoire dit le philosophe. Nous ne vivons pas sur la même planète. Ces chiffres sont ridicules et ne doivent concerner que la valeur epsilon du nombre des travailleurs. Avec plus de trente années d'expérience professionnelle comme cadre, je n'ai jamais rencontré les profils indiqués mais il est vrai que je ne travaille pas pour une entreprise du CAC 40. La question de fond que je me pose: a quoi sert ce type d'articles et les commentaires "éclairés" des pseudo-spécialistes du recrutement ? Que savent-ils de la réalité vécue par des millions de salariés ? Un peu plus de réalisme ne serait-il pas plus attractif pour vos lecteurs ? ainsi l'écrasante majorité des acteurs de l'économie pourrait se retrouver et se sentir concerner par ce qu'ils vivent ?
je ne savais pas que l' Expansion ne s' adresait qu' à l' infime minorité de privilégiés dont la rémunération annuelle dépasse 100 K€ de ce fait, ce type d' article ne me semble pas présenter d'intérêt sur votre revue , c' est même déplacé
Ces chiffres ne sont pas parlant, c'est de la spéculation sur un potentiel de gain. Tout comme les gens sont pret à payer toujours plus cher pour investir dans l'immobilier. Pour autant les maisons ne sont pas meilleures pour autant. C'es tun phénomène qu'on voit de plus en plus. C'est assez alarmant de voir que l'argent n'a plus de valeur.