
Suivez pas à pas nos conseils pour vous mettre en valeur, bien négocier et convaincre votre hiérarchie.
Votre rémunération est inférieure au salaire médian de votre profession ? Vous êtes dans le haut de la fourchette mais estimez malgré tout ne pas être rétribué à la mesure de vos résultats ou de vos compétences ? Bref, vous voulez une augmentation. N'hésitez pas à la demander : rien n'est plus légitime, même si le sujet reste encore trop tabou en France. Ne rien tenter n'apporte rien de bon. Pis, vous pourriez nourrir une frustration néfaste à votre travail. Alors prenez les devants.
Mais que faire quand tout est verrouillé par des grilles salariales intangibles, à l'instar de ce que l'on trouve dans les grandes entreprises françaises, les banques ou les sociétés anglo-saxonnes ? Certes, la partie sera alors plus rude que dans une PME où les échelles de rémunération sont moins fixées. Mais, de l'aveu même de plusieurs DRH d'entreprises du CAC 40, la négociation reste possible dans les grands groupes. Ne serait-ce que pour atteindre le haut de la fourchette de son poste ou obtenir certains à-côtés. « A enveloppe salariale égale, la discrimination est de plus en plus forte entre les cadres, et il faut se battre pour être payé au-dessus de la moyenne », observe Christel Delaunay, porte-parole du cabinet Hewitt, spécialisé dans le conseil en management. « Aujourd'hui, pour un cadre, il n'est pas bon d'être timide et trop modeste, confirme Jean-Louis Müller, directeur à la Cegos. Désormais, il faut être proactif, adopter une démarche commerciale et marketing avec soi-même. » Etre à la fois le vendeur et le produit, et mettre sur pied un plan d'attaque. Un seul mot d'ordre : osez !
Pour autant, il n'existe pas de recette miracle. A chacun de trouver la tactique qui correspond à son parcours professionnel, à son tempérament et à la culture de sa société. En revanche, pour avoir une chance de réussir, il est préférable de suivre certaines étapes, valables quels que soient votre fonction et votre niveau de responsabilité. Sans surprise, « celui qui tape du poing sur la table sans argumenter n'a aucune chance », rappelle ironiquement Dominique Laurent, DRH et maître de conférences à Sciences Po. Avec l'aide de plusieurs experts, coachs, DRH et consultants, L'Expansion dresse le plan de bataille d'une stratégie gagnante.
Affûtez en amont vos arguments
Première chose à faire : se donner un temps de préparation de trois à six mois pour bétonner un argumentaire. Durant cette période, « il est essentiel de bien se situer par rapport à ses objectifs : sont-ils éloignés ? Ai-je une chance de les atteindre ? Par quels moyens ? » explique Françoise Beigbeder, consultante en management. Répertoriez également tous les éléments qui prouvent votre valeur ajoutée : gains exceptionnels, prise de responsabilités réussie, animation d'une équipe, implication dans des dossiers clefs, nouvelle compétence maîtrisée...
Pour Jean-Louis Müller, il faut engranger « des données quantitatives et qualitatives, mesurables par un indicateur de performance. Car, dans une entreprise, ce qui n'est pas mesuré n'est pas managé. » Raisonnez donc au maximum en termes de chiffre d'affaires ou de rentabilité, en veillant à bien différencier ce qui relève de votre propre contribution.
Autre point clef de la préparation : communiquer sur son travail. Engranger de bons résultats ne suffit pas. La mésaventure de Séverine V., cadre commerciale au Crédit agricole, en témoigne. Il y a trois ans, elle se présente devant son manager armée d'une batterie de chiffres flatteurs sur ses performances individuelles. « Mais il était déjà trop tard. Les budgets étaient votés, et il s'est contenté de m'annoncer ce qui avait été prévu pour moi. » Pour éviter ce genre de déconvenue, il faut se positionner en amont, via un travail de lobbying régulier. Un petit mémo, une remarque... Les occasions de rappeler votre efficacité ne manquent pas. Le tout est de le faire de façon pertinente, factuelle, sans abuser. « Entretenez auprès de votre supérieur une juste perception de votre investissement dans la société, recommande Eléna Fourès, coach et fondatrice du cabinet Idem Per Idem. Quand vous fournissez du travail en plus ou que les résultats sont bons, il est normal de l'en informer. L'image se soigne toute l'année. »
« Il existe effectivement une prime à la visibilité », confirme Jean-Louis Müller, qui préconise par exemple d'être rapporteur de son groupe de travail lors d'un séminaire ou d'une convention. « C'est le bon moyen de montrer une partie de vos compétences aux managers présents. » « N'hésitez pas à accepter une mission difficile ou à prendre des initiatives. Il est toujours bon d'être une force de proposition », observe aussi Françoise Beigbeder.

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