Votre patron vous mène la vie dure. Impossible de changer son caractère difficile. Essayez plutôt d'apprendre à le connaître pour anticiper ses réactions et ajuster votre comportement. Extrait de Survivre au pire des boss, publié par L'Entreprise.
Si l’on considère les motivations de votre boss comme l’amorce de la bombe, ses attentes comme l’étincelle mettant le feu aux poudres, sa personnalité est alors le facteur qui va déterminer la nature de l’explosion. On reconnaît la personnalité d’un boss à la manière dont il réagit face à un échec. Bien sûr, vous ne pouvez pas changer son caractère. En revanche, en essayant de mieux le comprendre, vous pourrez anticiper ses réactions et vous y préparer. Les mauvais patrons partagent de nombreux traits caractéristiques, mais on peut, d’une manière générale, les regrouper en trois grandes catégories : les agressifs, les passifs et les manipulateurs.
Le patron agressif est celui dont le mode de fonctionnement « défier ou se défiler » penche toujours du côté du défi. Ce sont les prédateurs du monde du travail, les requins. Voici les symptômes de ces personnalités agressives :
– Lorsqu’il y a un problème, leur première réaction est de rejeter la responsabilité sur les autres, puis de punir la personne de leur choix.
– Ils sont sur la défensive lorsqu’une personne exprime un point de vue divergent du leur et tentent de réfuter ce propos en argumentant contre, en le tournant en ridicule ou en l’attaquant à leur manière.
– Ils sont centrés uniquement sur leurs propres besoins et se montrent insensibles à ceux des autres.
– Ils préfèrent l’intimidation à la coopération. Le patron agressif préfère le bâton à la carotte. Il récompense rarement le travail de ses employés et crée volontiers une atmosphère de crainte, où tout le monde a peur d’échouer, ce qui est une méthode très efficace pour décourager toute liberté de pensée et toute créativité.
- Il préfère les employés serviles, plein de déférence envers lui et se sent menacé face à une personne trop confiante. S’il rencontre sur son chemin un employé qui a également une personnalité agressive, il utilise alors son pouvoir pour s’en débarrasser.
Observer le monde sous-marin peut nous donner des astuces pour combattre un patron agressif. Prenez par exemple le fugu, ce poisson épineux dont les viscères contiennent un poison violent. La plupart sont gentils et ne présentent aucun danger. Ils mènent leur petite vie, sans déranger personne. Mais les prédateurs, eux, s’en méfient comme de la peste, car ils savent le prix à payer s’ils veulent déguster ces petites bestioles. Tout comme ce poisson-globe, mettez au point une stratégie de défense ultra-efficace afin de parer toute morsure.
Le patron de type passif, lui au contraire, choisit presque toujours de se « défiler ». Il lâche pied face à la moindre prise de décision et fuit le conflit. Contrairement au requin qui chasse l’ennemi avec agressivité, le passif attend patiemment qu’on vienne à lui, tel le corail. Tandis qu’avec le patron de type agressif, vous vous sentez sans cesse rabaissé et sur la défensive, le patron de type passif, lui, vous laisse complètement désarmé, avec votre seule frustration pour consolation. Son incapacité à trancher des questions épineuses (mais aussi des problèmes simples) retarde considérablement le cours des opérations et représente un obstacle à votre réussite.
Voici quelques caractéristiques de ce genre de boss :
- Ils attendent la dernière minute pour prendre des décisions.
- Lorsqu’un conflit éclate au bureau, ou en cas de différend entre deux collègues, ils ignorent le problème, en espérant qu’il disparaîtra de lui-même.
- Ils ne tiennent jamais tête à leur propre boss, même s’ils estiment que celui-ci se trompe.
- Ils soutiennent rarement leurs employés en cas de situation délicate.
- Ils reculent devant les employés très déterminés ou agressifs.
- Ils prennent rarement des sanctions disciplinaires, et lorsqu’ils le font, c’est généralement sous la contrainte de leur propre boss.
- Ils évitent toute prise de risque.
Le patron de type passif a mis au point une technique d’imperméabilité infaillible (méthode du « Téflon »). Peu confiant en lui-même, il évite à tout prix de se retrouver dans des situations où il aurait à répondre de ses actes. Son expérience lui a appris que c’est en ignorant les problèmes qu’ils se règlent d’eux-mêmes. En agissant de manière passive, il est sûr d’assurer ses arrières. Pour mener à bien ses projets, il compte donc sur des équipiers solides et qui se motivent seuls.
La meilleure façon d’affronter un patron de ce type est d’adopter la philosophie suivante : « Mieux vaut s’excuser a posteriori que demander la permission ». Quand on y pense, grâce à cette super technique du « Téflon », c’est toujours vous qui payez les pots cassés. Dès lors, à vous de faire en sorte que tout se déroule bien. En d’autres termes, au lieu de dire : « Monsieur, nous avons un problème, que pouvons-nous faire ? », dites plutôt : « Au fait, je voulais vous dire, monsieur, j’ai réglé le problème. » Étant donné sa nature passive, il ne vous en tiendra pas rigueur. Par contre, si tout ne se passe pas bien, attendez-vous à être complètement abandonné à votre sort. Mais n’ayez pas de regrets, c’est de toute façon ce qui se serait passé.

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Voici mon billet sur mon blog sur les mauvais patron: http://managementetmoi.blogspot.com/2008/08/le-plus-mauvais-patron-que-jai-jamais.html