Très prisé des recruteurs, ce diplôme ultrasélectif est un bon moyen de donner un coup d'accélérateur à sa carrière. Conseils pour faire d'une formation onéreuse un pari gagnant sur l'avenir.
A 29 ans, Guillaume Runser s'est décidé à franchir le pas : en septembre, cet ingénieur en informatique qui souhaite évoluer vers le marketing a intégré le MBA de la Rotterdam School of Management, aux Pays-Bas. Objectif, développer sa connaissance du business et du monde de l'entreprise afin de décrocher un job à responsabilités. « En analysant les possibilités d'évolution au sein de mon ancienne entreprise, j'avais compris qu'atteindre mes objectifs de carrière prendrait des années. Un MBA était le meilleur et le plus sûr moyen de crédibiliser une candidature à l'extérieur », raconte-t-il.
Rouler sa bosse avant de se lancer
Comme lui, nombre de jeunes cadres qui cherchent à prendre rapidement du galon où à négocier un virage professionnel font le pari de démissionner pour frapper à la porte des MBA (master of business administration). Un risque limité : selon une étude conduite par QS, l'organisateur du World MBA Tour, auprès de 500 recruteurs de tous les pays, le salaire moyen proposé aux titulaires de MBA a progressé de 6 % en 2006 partout dans le monde et dans tous les secteurs. Pour la première fois, il est passé au-dessus de la barre des 90 000 dollars par an (68 500 euros).
Si pour nombre de jeunes cadres faire un MBA en début de carrière va de soi, la question est de savoir quand déposer son dossier. « La valeur d'un MBA dépend beaucoup de celle de ses participants. Plus ils ont de pratique, plus la confrontation de leurs expériences durant les travaux de groupe sera riche », tranche David Sims, responsable du MBA de Cass Business School. Il suggère donc aux candidats de rouler leur bosse trois à cinq ans avant de se lancer. Inversement, l'Essec, Grenoble Ecole de management ou Cranfield (Royaume-Uni) ont choisi d'ouvrir leur MBA aux jeunes diplômés en quête d'une reconnaissance rapide à l'international.
Quelle que soit sa stratégie, il faut peaufiner sa candidature très en amont pour avoir une chance d'être admis, la sélection dans les MBA les plus cotés étant impitoyable (sur dossier, puis sur entretiens). Faire un MBA dans le pays où l'on ambitionne de travailler, regarder si on y trouve une association d'anciens puissante, se faire une idée claire de la carrière envisagée sont des pistes. Les MBA ont tous leurs points forts, et leur réputation varie selon les secteurs (voir tableau ci-contre). Il convient de confronter ensuite sa short list aux classements internationaux. QS propose sur son site (www.topmba.com) une base de données qui permet à chacun de dénicher le MBA lui correspondant le mieux.
Les 10 meilleurs MBA du monde... (TABLEAU VOIR PDF)
... et leurs 10 challengers prometteurs (TABLEAU VOIR PDF)
Diplômé de Sciences Po et de droit public, Paul Gervis a d'abord voulu rejoindre la fonction publique. Après un passage au secrétariat de l'Otan, il s'est finalement dirigé vers le secteur privé. Il a intégré un cabinet de conseil en stratégie à Londres, puis une banque d'affaires spécialisée dans les valeurs technologiques. Cette expérience n'a pas résisté à l'éclatement de la bulle, en 2001. C'est alors qu'il se met à regarder du côté des MBA. « J'ai profité de la situation pour prendre le temps d'acquérir les connaissances indispensables à mon évolution », explique-t-il. Il passe par toutes les étapes de sélection et intègre l'un des MBA les plus prestigieux, celui de Chicago. « C'est un investissement pour les dix années à venir. On y apprend et on y mûrit beaucoup. » Il est aujourd'hui chargé d'affaires à SG Capital Europe, un fonds d'investissement LBO filiale de la Société générale.

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