Le marché de l'emploi est devenu très friand de ces étudiants qui alternent périodes de formation et travail en entreprise. A tel point que leur salaire d'embauche peut être supérieur à la moyenne !
Longtemps taxé de formation au rabais pour jeunes désargentés, l'apprentissage a désormais le vent en poupe dans les écoles de commerce et d'ingénieurs. « Sa réputation a pris du galon », constate Jean-Marcel Jammet. Directeur de l'Institut des hautes études économiques et commerciales (Inseec) de Paris, il a ouvert une section apprentissage dans son programme grande école il y a onze ans, peu de temps après l'Essec, pionnière en 1993. « Encore récemment, il fallait trois mois à nos diplômés passés par l'apprentissage pour décrocher un contrat de travail. Aujourd'hui, ils trouvent un emploi tout de suite. »
Nicolas Franc de Ferriere voulait « travailler dans l'automobile et faire des études concrètes ». Double défi réussi grâce à l'apprentissage. Pendant deux ans, entre 2003 et 2005, il a partagé son temps entre le siège européen de Delphi Chassis Systems, à Villepinte, et l'ESC-Rouen. « J'ai pu accéder très jeune à des responsabilités. On m'a confié des missions que je n'aurais pas pu avoir en étant stagiaire. »
Il est ensuite embauché par Delphi pour travailler aux Etats-Unis. Depuis janvier, il pilote une équipe de six personnes à Shanghai. A 25 ans, il compte déjà quatre années d'expérience professionnelle. Un atout face aux recruteurs. Mais pas question de changer de maison. « A chaque fois que j'ai eu des opportunités, j'ai refusé. Je suis reconnaissant à l'entreprise d'avoir misé sur moi. »
Amandine Meunier
Les raisons de cette cote d'amour ? L'évolution du marché de l'emploi, gourmand en jeunes s'étant déjà frottés aux réalités de l'entreprise. « Nous recevons une centaine d'offres de stages par jour. Impossible d'y répondre avec notre seul parcours classique », explique Olivier Reydellet, directeur des relations entreprises de l'ESC-Chambéry. « Les recruteurs sont obsédés par l'"opérationnalité", ajoute François Bonvalet, directeur de Reims Management School (RMS). Avec nos apprentis, ils sont ravis : ils ont des candidats fraîchement diplômés qui ont deux ans d'expérience en entreprise. »
Des étudiants qui ont pu être évalués pendant deux ans en situation professionnelle : un prérecrutement idéal ! « L'apprentissage est un formidable accélérateur de mixité sociale », relève Jean-Pierre Jourdan, directeur du centre de formation par l'apprentissage de l'Institut supérieur d'électronique de Paris (Isep).
Car, en fait, l'apprenti n'est plus réellement étudiant. Durant son cursus alternant périodes en entreprise et périodes en grande école, il est rémunéré par son employeur, qui finance en partie sa formation. Une aubaine pour les étudiants disposant d'un budget limité et l'occasion de panacher la composition sociologique des campus.
Les formations d'ingénieurs en partenariat (FIP)
Les FIP prennent leur source au tout début des années 90, avec le rapport Decomps. Elles sont dispensées dans 42 établissements qui délivrent 65 titres différents d'ingénieur, qui doivent faire mention de l'une des 27 spécialités retenues par la Commission des titres d'ingénieurs (mécanique, bâtiment...). La majorité des apprentis intègre l'école après un bac + 2 (DUT, BTS).
Les formations classiques
Depuis 1995, 23 écoles d'ingénieurs traditionnelles se sont lancées dans l'apprentissage, et délivrent le même diplôme. Les candidats intègrent l'école sur sélection après le bac pour cinq ans, ou après deux ans de classe préparatoire et, dans une moindre mesure, pour trois ans après un bac + 2.
« L'apprentissage concerne aujourd'hui tous les secteurs », indique Séverine Jauffret, directrice des relations étudiants-entreprises à l'Essec. Audit, banques, agroalimentaire, distribution, luxe, services, voire conseil en stratégie, « alors qu'ils étaient plutôt irréductibles au départ ». Toutes les fonctions sont concernées : ressources humaines, contrôle de gestion, achat, finances, conseil, marketing.
Dans certaines écoles, les apprentis passent même les frontières. A l'Essec, un apprenti recruté par Otis a effectué son parcours en France, en Grande-Bretagne et en Allemagne. A l'Inseec, « tous nos apprentis doivent avoir une expérience de l'international », rappelle Jean-Marcel Jammet. Pour ceux qui sont employés par une petite entreprise, l'école a monté un partenariat avec Planète Urgence. « L'an dernier, nous avons envoyé 30 étudiants au Mali pour aider à installer un réseau informatique. » De son côté, l'Edhec assure à ses élèves un trimestre dans l'une de ses écoles partenaires en Europe, « cela en plus d'une éventuelle expérience internationale via leur entreprise », précise Laurent Aléonard, responsable de la filière apprentissage européen. A l'ESC-Rouen, les apprentis effectuent un semestre à l'étranger avant d'intégrer l'entreprise.

Tout savoir sur l'association des anciens élèves, les partenariats avec les écoles d'ingénieurs, les frais de scolarité et les aides, la lutte contre le plagiat. Les réponses de l'école au questionnaire de L'Expansion.
Un nouvel emploi, une promotion, une mutation... autant d'occasions dans lesquelles un nouveau contrat de travail ou un avenant est proposé au salarié. Petit vade-mecum des principales clauses à vérifier.
Pour un patron, s'adjoindre un bras droit est une décision très délicate. Outre la crainte de se tromper de candidat, le piège le plus fréquent est d'avoir mal défini ses attentes. Quatre conseils pour réussir à former un duo de choc.
De nombreux cadres français partent chaque année travailler à l'étranger en maintenant un lien plus ou moins fort avec leur employeur d'origine. Leur objectif : concilier tremplin pour leur carrière et préservation de leurs acquis sociaux. Le point en 5 questions.
Les règles d'or pour optimiser votre réseau, par Laurent Renard, auteur de « Le guide des clubs, cercles et réseaux d'influence ».
Comment affronter une personnalité paranoïaque. Interview avec Bénédicte Haubold, auteur de « Vertiges du miroir – Le narcissisme des Dirigeants » (Editions Lignes de Repères).