Les conseils de Laurence Nadeau, journaliste originaire de Montréal, auteur de l'ouvrage S'installer et travailler au Québec, pour éviter les pièges du mirage quebecois et tirer parti des réelles opportunités d'emplois.
Y a-t-il un mirage québécois ?
A l’origine, il y a surtout un fossé interculturel dont les Français n’ont pas toujours conscience. Avec les Québécois ils partagent certes une langue commune, mais leurs références historiques, sociologiques et culturelles sont différentes. Les Français ont souvent une vision romantique du Québécois, ce cousin perdu et oublié d’Amérique du nord, qu’ils jugent sympathique, trop parfois, au point même d’en devenir agaçant. Du coup, ils en viennent à oublier que le Québec n’est tout simplement pas la France. Et là, le choc est rude, propice à de graves désillusions. Car le Français, au même titre que le Latino, reste un immigrant pour les autochtones !
A quoi se heurte le Français là-bas ?
Au Québec, la société repose sur un socle fondamentalement égalitaire tandis qu’en France, elle est élitiste. Dans un cas, tout est moins formel, moins rigide, plus accessible alors que dans un autre, la hiérarchie est beaucoup plus présente et pesante. Débarquant au Québec, le Français est parfois dérouté par la simplicité des rapports humains. Et parce qu’il tutoie et déjeune d’emblée avec son éventuel futur employeur, il se croit toute de suite « arrivé ». Notre sympathie légendaire n’est pas feinte ; ce n’est pas de l’hypocrisie. C’est juste une attitude commune partagée qui peut désarçonner.
Quels peuvent être les éventuels créneaux porteurs pour les Français ?
Il faut d’abord distinguer les cas de l’expatrié et de l’immigrant. Le premier est envoyé par sa firme et doit juste chercher à s’intégrer socialement. Le second, lui, doit s’implanter durablement ; ce qui est autrement plus délicat et requiert une sacrée dose d’énergie. Les métiers de bouche (le plateau de Mont-Royal à Montréal est quasi saturé au mètre carré de commerces français !), l’esthétique et les cosmétiques ou bien encore la santé et les services aux personnes. Voilà des secteurs où les Français ont la cote et peuvent trouver des débouchés. Simplement, les démarches restent lourdes. Il existe là-bas de nombreux ordres professionnels et de corporations. Et chacun d’eux exige ses propres critères.
Quelle est la priorité pour ceux qui voudraient vivre là-bas ?
J’ai envie de dire aux jeunes qu’ils n’hésitent pas à se lancer et à accepter le moindre petit boulot. Ce qui compte là-bas, c’est la 1ère expérience. Contrairement à la France, la logique québécoise rejoint l’américaine : ici, vous n’êtes pas jugés sur le poids des lignes de votre CV ni sur le pedigree de vos précédentes embauches. Vos six derniers mois comptent davantage que vos quinze dernières années. Ce qui importe, au fond, c’est ce que vous pouvez apporter maintenant et demain. Vous serez attendus sur votre état d’esprit.

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Je ne suis ni Français ni Québécois, néanmoins je voudrais réagir aux commentaires précédents. Le fossé culturel est grand et présent dans vos déclarations aussi clairement que ça saute aux yeux. Si la douane canadienne est fastidieusement longue c’est surtout par un souci écologique, la plupart des pays respectueux des bonnes règles environnementales ont décidé de contrôler le fléau du dérèglement écologique globalisé, le transgénique en est un exemple. Des nombreux pays dont la Nouvelle-Zélande mènent un combat sans précédents envers la protection des écosystèmes, richesse de notre biodiversité globale! D’un autre côté, si on revient au fossé du départ, nous allons voir à Paris-CDGaulle, et devant la police de frontière, une manifestation subtile mais intrigante qui est celle de l’institution d’une file pour la première classe ou business. Et penser que nous étions tous égaux devant la loi ! Ceci est sans précédents et annonce d’amblée le raisonnement des français. Quant au protectionnisme des classes et des Ordres etc. c’est absolument vrai et gênant, cependant en France on trouvera d’autres barrières qui les remplacent tout autant. La langue en est une qui se colle à la peau d’un étranger comme une étoile jaune ! Européen ou non votre accent vous a déjà mis dans la classe des « imigrants étrangers » effrayant la plupart des « français de souche ». Enfin, raisonnons un peu pour comprendre que toutes ces dites barrières ne sont là que pour protéger le marché interne du travail lequel est saturé partout. Les gouvernements et les sociétés professionnelles ne font donc que l’usage de leur imagination pour montrer, derrière le drapeau des droits de l’homme, une image politiquement correcte aux institutions internationales. La devise est donc, si vous voulez partir ailleurs, ayez la conviction que les coutumes locales seront forcément différentes des vôtres mais qu’il faudra les respecter !
Je connais bien le Québec pour y avoir vécu 13 ans (à deux différentes reprises). Ce que je peux dire aujourd'hui, et je suis d'accord avec Ms Nadeau: personne n'attend les français et je crois qu'un français (tellement la France est enviée) ne sera heureux au Québec qu'en espérant retourner dans son pays natal. Je vais régulièrement au Québec et en arrivant à l'aéroport de Dorval quel Cirque...on attend parfois deux heures pour passer la douane et on ns demande ce que nous avons à déclarer! avez vous du fromage? allez vous visiter une ferme? êtes vous allé dans une ferme récemment? Avez vous du vin à déclarer? j'ai l'impression d'être revenu il y a quarante ans lorsque le contrôle sévissait en Europe!