Faire un bilan de compétences ne rime pas toujours avec changement de cap professionnel. Il permet surtout de mieux se connaître et de cibler un projet en phase avec ses aspirations. Tour d’horizon des 6 clichés les plus répandus.
Pas forcément, loin de là même. Si l’envie de changer est très souvent à l’origine de la démarche, un bilan de compétences se solde rarement par un changement de cap radical. Les consultants estiment qu’en moyenne seuls 20 % à 30 % des projets élaborés visent une reconversion professionnelle. Si rien n’interdit d’étudier cette piste, la prise du risque peut apparaître trop forte au final, et le projet difficile à mettre en œuvre. L’issue la plus fréquente ? Un projet d’évolution dans la lignée de son expérience, voir un changement de secteur. Mais parfois aussi un retour à la case départ ! «Au final, la personne peut très bien réaliser que son métier lui convient bien, mais que ses difficultés tiennent plus à son comportement ou à son rapport à la hiérarchie par exemple. Elle pourra alors rectifier le tir » explique Olivier de Clermont-Tonnerre, consultant chez Horemis. Cette dimension personnelle (fonctionnement, traits de personnalité) fait en effet partie intégrante du bilan, au même titre que vos expériences.
Faux. Si de nombreux cadres entament un bilan pour résoudre un malaise professionnel, mieux vaut éviter d’être arrivé au seuil critique. Car la démarche nécessite du temps : les 24 heures d’entretien sont en général répartis sur deux ou trois mois : « C’est un moment qui doit permettre de se poser. Il faut du temps pour prendre conscience de ses compétences et réfléchir à un nouveau projet » souligne Bénédicte Roy, directrice de l’activité conseil en gestion de carrière chez Leroy consultants. Agir dans la précipitation, c’est aussi prendre le risque de se retrouver parasiter par tout un tas d’éléments subjectifs qui fausserait votre perception de vous-même, et vous ferait choisir le projet le plus rapide. Mais pas forcément celui qui vous correspondrait le mieux ! Or, l’objectif d’un bilan est de mieux équilibrer projet et aspirations. Centres d’intérêts et valeurs sont prises en compte dans ce travail.
Faux. Si l’idéal est de le réaliser entre 30 et 35 ans, au moment où vous pouvez infléchir davantage votre carrière, la démarche reste très intéressante pour aborder la seconde mi-temps de sa vie professionnelle. « A ce moment là, on peut davantage inscrire le projet professionnel dans un projet de vie, les contraintes financières et familiales sont différentes » observe Olivier Clermont De Tonnerre. A cet âge où de nombreux cadres s’interrogent sur l’opportunité de se lancer en solo ou de travailler autrement, le bilan peut être intéressant pour éclairer la route à suivre.
Tout dépend de la culture de votre entreprise. Certaines en font un vrai outil de gestion RH pour encourager leurs cadres à réfléchir à une mobilité interne, d’autres l’utilisent faute de perspective à proposer, avec en toile de fond un départ possible… Dans tous les cas, si votre entreprise vous propose un bilan, « il est fondamental de clarifier les objectifs attendus par votre hiérarchie » insiste Bénédicte Roy. Lesquels seront consignés dans un contrat tripartite entre vous, la DRH et le consultant.
Faux. Ce qui compte, c’est d’opter pour un consultant expérimenté dans la conduite de bilans, familier du management et du monde de l’entreprise. Qu’il connaisse les arcanes de votre métier n’apporte rien, au contraire : mieux vaut élargir vos pistes de projets, et ne pas se cantonner à votre domaine d’activité. D’autant que votre intention de départ peut très bien évoluer en cours de bilan, c’est même très fréquent. Un consultant généraliste peut alors vous suggérer des métiers connexes, des passerelles auxquelles vous n’auriez pas songé.
Archifaux ! Même tests à l’appui, un consultant n’imposera jamais son point de vue. « Le projet se construit sur la matière que vous allez amener, vous en êtes le principal acteur. C’est à vous de vous approprier la démarche » prévient Olivier De Clermont Tonnerre. Un travail nécessaire pour mettre en œuvre seul son projet, une fois le bilan terminé. Lors des entretiens, le consultant joue surtout un rôle d’aiguilleur : il vous aide à creuser des pistes et à vous poser les bonnes questions. Mais le choix du projet vous revient.

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Je ne suis pas tout à fait d'accord avec le commentaire d'Eric pour deux raisons : 1) tout d'abord le consultant, quelque soit la richesse de son expérience passée, perd progressivement de sa spécialité à partir du moment où il quitte le secteur ou le métier où il l'a acquise ; au cours d'un bilan, il peut donc être nécessaire d'aller rencontrer les spécialistes qui sont véritablement dans le métier ou le secteur. 2) en ne partageant pas la même spécialité que son interlocuteur, il me semble que le consultant apporte de l'ouverture, peut permettre de sortir des filières métier établies, limite les non dits, sort de l'implicite, et se doit d'ailleurs de rendre les choses claires ... n'est ce pas une de ses contributions ? Les cabinets proposant des bilans de compétences, organisés par spécialités, ne sont d'ailleurs pas nombreux à ma connaissance ... mais E Beaudouin en est le dirigeant d'un très respectable !
J'ai bien aimé votre regard sur les Bilans à travers des clichés... Mais je pense que la réponse au cliché n° 5 "Mieux vaut choisir un consultant qui connaisse mon métier" tombe également dans le cliché:"Qu’il connaisse les arcanes de votre métier n’apporte rien, au contraire " Tout le monde s'accorde sur le fait que le choix d'un consultant doit etre fait selon les critéres suivant: 1)Qu'il soit reconnu comme un professionnel expérimenté et formé aux techniques d'accompagnement,d'évaluation et d'orientation. 2)Qu'il connaisse l'environnement des entreprises,les réalité du management mais aussi les tendances et régles du jeu du marché de l'emploiet se acteurs. 3) Qu'il sache créer un climat de confiance permettant de travailler en profondeur et en ouverture et certains consultants, remplissant les conditions évoqués ci-dessus se sont aussi forgés une réputation d'excellence pour la pertinence de leurs conseils grace à une spécialisation par métier ou par secteur. Un pédiatre ou un rhumatologue sont d'abord des medecins avant d'étre des spécialistes. Un consultant spécialisé peut offrir une capitalisation unique d’expériences, une connaissance fine des évolutions du métier, de ses perspectives d’avenir et de ses acteurs. on attends de lui également un véritable capital d'expériences similaires sur des reconversions ou des passerelles possibles avec une analyse sur les risques et facteurs de succès. Si de plus en plus de cabinets de conseil s'organisent par spécialités il y a certainement une raison... Cordialement. E. Beaudouin Directeur Général d'Oasys Consultants Ancien Président du Syntec CEP