Extrait de l'ouvrage de Laurence Nadeau, intitulé S'installer et travailler aux Etats-Unis (Editions L'Express, 2008).
Le marché de l’emploi aux États-Unis est en effet bien différent de celui de l’Hexagone. Les travailleurs n’hésitent pas à changer souvent d’emploi et l’employeur a moins de réticences à embaucher puisque les charges et les implications sont moindres qu’en France. C’est le royaume de l’embauche et de la débauche minute ! Aux États-Unis, l’employeur et l’employé sont liés par une entente verbale, il n’y a pas de contrat signé. Les CDI (contrats à durée indéterminée) et les CDD (contrats à durée déterminée) n’existent pratiquement pas. Ne cherchez pas à en signer un absolument, vous risqueriez de demeurer longtemps sans emploi.
Patrice, installé à Washington depuis 2000, est aujourd’hui salarié d’une grande banque. « Le stress est continu car on peut être viré du jour au lendemain. Et comme les gens ont une maison, des écoles et des frais de santé à payer, ça fait beaucoup de pression sur leurs épaules », dit-il. Même choc pour Vincent Trinquesse qui travaille à New York depuis 1999. « Aux États-Unis on est plus orienté business. Les syndicats n’ont pas le poids qu’ils ont en France. J’ai assisté à la mise à la porte de six ou sept personnes en à peine une heure, se souvient-il. Elles ont à peine eu le temps de prendre leurs affaires. Les agents de la sécurité étaient là pour encadrer le tout ! »
Pour Laurent Van Soen, de la commission économique à New York, le rythme du travail est très rapide dans la capitale économique des États-Unis. « Les gens ne perdent pas de temps, la communication est très efficace. Le seul but est de faire de l’argent. Alors qu’en France, au niveau des affaires, on cherche à être aimé et rassuré, constate-t-il. Lors des réunions les Américains n’aiment pas revenir sur d’anciennes discussions comme on a tendance à le faire dans l’Hexagone. De même qu’en France, on a besoin d’établir un rapport de confiance et de déjeuner ensemble. Ce n’est pas du tout le cas aux États-Unis. »
Ce que Katy Lebris a particulièrement apprécié lorsqu’elle vivait à Denver, au Colorado, c’est le rapport avec son employeur. « Parce qu’il reconnaît la valeur d’un employé, dit-elle. En France c’est très rare d’obtenir une promotion aussi rapidement qu’aux États-Unis. Ici, dès qu’on nous fait confiance, on nous donne notre chance. La compétence prime sur les diplômes. » Les relations entre collègues sont aussi très différentes. « Il y a moins de détente qu’en France. Les collègues mangent souvent le midi sur un coin de leur bureau. Certains ne te parlent pas et restent cloués à leur ordinateur. Le vendredi c’est le Good Friday, ils sont plus décontractés, et arrivent en jeans et basket. Souvent le patron offre le lunch ce jour-là », raconte-t-elle.

C'est l'effet Pygmalion ou le principe de la prophétie auto-réalisatrice. Extrait en exclusivité pour L'Expansion.com de l'ouvrage de Patrick Amar, intitulé 50 petites expériences de psychologie du manager pour mieux réussir au travail (Dunod, 2008).
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