
Vingt experts proposent leurs solutions. Salariés, entreprises, pouvoirs publics, chacun est concerné.
Pour un nombre croissant de salariés, le quotidien au travail est synonyme de stress, d'agressions verbales et physiques, de harcèlement, d'isolement, voire de suicide. Pour les sociétés, ces souffrances sont un frein à la compétitivité, car elles génèrent de l'absentéisme, du turnover et une moindre qualité du travail. Pour la collectivité, cette violence entraîne de lourdes pertes financières.
La France est en retard par rapport aux pays anglo-saxons et nordiques dans la prise en compte des risques psychosociaux. L'Etat et les partenaires sociaux se sont saisis du sujet. Mais il faut d'urgence aller plus loin. C'est pourquoi « L'Expansion » a décidé de s'engager. Pour faire avancer le débat, nous avons réuni médecins, cliniciens, sociologues et économistes.
Vingt experts ont livré chacun une proposition. Toutes sont
rassemblées au sein de ce manifeste. Elles incitent à :
- repenser l'organisation des entreprises et les méthodes de
management pour éliminer les sources de stress.
- aider davantage les salariés à faire face à leur
environnement de travail.
- mieux reconnaître et soigner les salariés fragilisés ou
malades du fait de la violence au travail.
Puissent ces propositions inspirer, au quotidien, les pratiques en entreprise.
Pour prolonger l'action au-delà de ce numéro, L'Expansion a décidé de créer le Cercle de l'humain. Ce groupe d'experts, composé de prestigieux médecins, sociologues et consultants, va se pencher sur les grandes problématiques du capital humain, et proposera des pistes originales pour le valoriser. Ce Cercle sera animé par Isabelle Hennebelle, journaliste à L'Expansion et auteure du blog « Les cadres sur le divan », et par Emmanuel Lechypre, rédacteur en chef.
Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, éthologue.
« L'humiliation et le confinement sont deux sources majeures de souffrance au travail. Une proposition parmi d'autres pour restaurer le respect de l'être humain: adopter d'urgence un vrai code de la politesse au travail, comme au Québec, en Finlande ou en Suède. »

« Chaque entreprise devrait mettre sur pied un groupe pluridisciplinaire incluant l'employeur, les partenaires sociaux, les médecins du travail et, éventuellement, des consultants extérieurs pour confronter leurs approches. Mais faire travailler ensemble ces acteurs n'a encore rien d'évident en France. »
Christophe André, psychiatre.
« Trop de managers estiment inutile de complimenter un salarié. « Il reçoit son salaire, c'est bien suffisant ! » se disent-ils. Or la reconnaissance est un besoin fondamental de l'être humain, car elle nourrit l'estime de soi. On ne félicite jamais assez ! Attention, il faut le faire avec sincérité. »
Philippe Davezies, enseignant-chercheur en médecine et santé au travail.
« Les salariés hésitent souvent à s'exprimer sur leur travail, de peur de perdre leur emploi ou d'apparaître faibles. Or ils ont souvent des réponses pertinentes à proposer face aux problèmes d'organisation (rythme, productivité...). Il faut les écouter et, pour cela, créer des espaces de discussions au sein des entreprises. »

« Les salariés se sentent de plus en plus seuls et isolés au travail. Restaurer un soutien social et le sens du collectif est urgent. Pour cela, il faut constituer des services à taille humaine, inciter à la bienveillance entre collègues, favoriser le travail des représentants du personnel et, enfin, veiller à un véritable accompagnement de l'évolution des parcours professionnels. »

« Trop souvent, les démarches de prévention ne sont pas suivies dans la durée. Pour pallier ces difficultés, il faut inventer de nouvelles fonctions comme celle du manager du travail, qui soit l'interface entre les directions opérationnelles, l'encadrement et les ressources humaines. »
Jean-Pierre Le goff, sociologue.
« Les difficultés ressenties dans le monde du travail sont trop souvent ramenées à une analyse du type pervers/victime. C'est dangereux, car cela enferme les "victimes" dans leurs problèmes. Pour les résoudre, il serait plus efficace de procéder à un examen rigoureux des dysfonctionnements de l'organisation du travail et du type de management. »



Le test GRE, nécessaire pour être admissible dans nombre de MBA, est en train de prendre des parts de marché au leader, le Gmat. Le point avec David G. Payne, vice-président et directeur opérationnel des programmes de l'enseignement supérieur de ETS, spécialisé dans l'évaluation académique et professionnelle, de passage à Paris, la semaine dernière.
Depuis une dizaine d'années, la prestigieuse business school a initié des ateliers pour les conjoints des participants au MBA sur le campus de Fontainebleau, en Seine-et-Marne.
En partenariat avec le Congrès HR, Le Cercle de l'humain de L'Expansion organise deux journées-évènement sur la prévention du stress et l'engagement et la motivation.
Les échanges entre écoles se multiplient. Comment cela se passe-t-il vraiment sur place? L'Expansion.com vous livre des témoignages d'étudiants aux quatre coins du monde. Focus sur Paris-Dauphine et l'université Mc Gill. La vie quotidienne de l'étudiant, avec Julien André.
Quels sont les avantages de l'apprentissage sur les stages de longue durée? Comment négocier son entrée sur le marché du travail après l'apprentissage? Les réponses de Manuelle Malot, directrice Carrières et prospective de l'Edhec.
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Bonjour, je vais essayer d'alimenter le débat. Je suis quand même fort étonné que le Plan interministériel Violence et Santé, qui a été travaillé par des commissions d'experts au cours de l'année 2005, n'ait toujours pas vu le jour, alors que Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé avait annoncé sa sortie fin 2006 tout début 2007. Roselyne Bachelot a indiqué en juillet 2007 que les services interministériels continuaient à oeuvrer à sa mise en oeuvre. Faut-il rappeler que nous sommes en octobre 2008. Deuxième élément : un accord cadre européen sur la prévention des violences au travail et du harcèlement a été signé entre les partenaires sociaux en avril 2007. Je suis quand même étonné de lire que Xavier Bertrand estimait qu'on avait trois ans pour en signer un similaire en France et qu'il n'y avait pas urgence. Visiblement il n'est pas pressé. Les partenaires sociaux ont signé en juillet (?) 2008 un accord sur la prévention du stress. Dans ce texte, ils s'engagent à ouvrir des négociations sur les violences au travail et le harcèlement dans un délai d'un an après la signature de l'accord stress. Quand vont donc s'ouvrir ces nouvelles négociations ? Entre l'ouverture et la conclusion des négociations, un temps certain va s'écouler. N'y-a-til pas urgence à prévenir plus efficacement ces risques professionnels particuliers ?
Il serait bien de recenser toutes les études sur ces violences au travail. Parmi lesquelles : "La problématique des agressions physiques des agents du service public de l'énergie, survenues en service et commises par des tiers" en ligne dans sa version 2005 en saisissant : "La problématique des agressions physiques des agents" ou dans sa version 2007 sur le site du CERDACC Journal des Accidents et des Catastrophes n°82 mars 2008 (Rubrique Lu pour vous). Merci pour votre intitiative d'évoquer une nouvelle fois ce fléau des violences au travail, dans un contexte où les partenaires sociaux seront bientôt invités à négocier en France, en s'inspirant de l'accord volontaire signé au plan européen en avril 2007.Mais n'oublions pas que les Fonctions publiques (d'Etat, hospitalière et territorale) sont concernées elles-aussi. Des négociations doivent s'ouvrir aussi dans ces secteurs.
La Direction d'EDF a décidé la création d'un Observatoire de la qualité de la vie au travail... Sans rire. Un Observatoire qui, en l'absence de CNHSCT, en l'absence de parole syndicale et d'expression des salariés qui vivent des souffrances dues au travail, salariés et représentants du personnel qui ont des propositions à faire pour penser le travail et transformer l'organisation et les conditions de travail, sera donc aveugle et sourd. Malheureusement pas muet (car il y aura des discours et de la propagande sur les ambitions, les valeurs, l'éthique, les indicateurs de santé), bref autant d'écrans de fumée !
Alors qu'EDF disposait, comme la plupart des grandes entreprises publiques ou privées (France Telecom) d'un Comité national d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail la Direction d'EDF a décidé de supprimer cet organisme en janvier 2008. Dans ce CNHSCT siégeait des représentants des principales directions et des représentants du personnel, avait pour mission de prévenir les risques professionnels, dont les risques psychosociaux et améliorer les conditions de travail. Il pouvait analyser des accidents du travail significatifs, enquêter par ses propres moyens (un gros travail a été réalisé sur les agressions par les tiers, y compris dans le cadre d'un groupe de travail Directions-représentants du personnel), faire réaliser des expertises (l'économie d'échelle assurait la pertinence des études) et de propositions)... A la place de cet outil qui a fait ses preuves, la Direction veut constituer une instance nationale de dialogue social sur la santé et la sécurité... De qui se moque-t-on ? Un machin qui se réunirait deux fois par an, sans moyen pour les enquêtes et expertises,... simple lieu où la Direction récupère ce qui la gêne le moins pour éditer des "politiques santé-sécurité" vitrine et outil pour planter l'échelon inférieur en cas de problèmes graves... La suppression du CNHSCT est un scandaleux retour en arrière. Sa création répondait, comme pour toutes les autres structures du même type, à une coordination de la prévention sur un ensemble de structures. Personne en France ne met en cause cette nécessité impérieuse d'un renforcement de le coordination de la prévention. Le ministère du Travail préconise aussi cette coordination de la prévention menée par les CHSCT. La Direction d'EDF ne s'est jamais publiquement justifiée de cette suppression... C'est le fait du Prince, on fait n'importe quoi au détriment des salariés!
Non, la proportion de sadiques et d'imbéciles n'a pas brutalement augmenté parmi les managers. Et les DRH se se sont pas mis soudain à embaucher des gens "fragiles" à la pelle. Par contre, beaucoup de "rapports humains" ont disparu, au profit d'utilisation de systèmes informatiques plus ou moins foireux. En matière de violence au travail, l'informatique est au contact humain ce que la mitrailleuse est au poignard : vous tuez, de loin, en masse, à l'occasion par erreur, et sans jamais vous salir les mains ni affronter le regard de vos victimes… Le SAO (stress assisté par ordinateur) est en plein essor. Par exemple, les manager "humains" peuvent laisser une large autonomie à leurs équipes : les logiciels de gestion de temps garantissent une absence totale de souplesse. Quant au "gestionnaire", il a pour objectif d'obliger la réalité à "coller" avec les prévisions. Son bonus annuel en dépend. Il fermera donc le robinet un peu avant la fin de l'exercice, quelqu'un d'autre subissant les conséquences si le travail n'est pas fini, ou s'il est impossible d'en "faire rentrer" l'existence dans l'ordinateur. Il existe des milliers de générateurs de stress de ce type, ou les managers sont "gentils" et l'ordinateur se charge du reste… Le salarié cochera lui-même la case "à virer"… Il n'en aura pas d'autre à l'écran, qu'il faut pourtant "valider". Un dernier exemple quand même : quand un manager base ses décision sur des camemberts, tous comprennent que ce n'est pas le travail qui importe, mais uniquement les camemberts à son propos… Vous avez dit "A380" ? Allez savoir… Après tout, toute l'économie soviétique a "fonctionné" comme cela…
Diplômée d'endeignement supérieur, j'ai été employée à temps partiel par une structure proche d'un ministère, nous étions une quinzaine dans ce cas...parfois 110h par mois, parfois 30h. Manque de locaux, d'ailleurs vétustes, pression sur les heures de travail, à réduire pour la rentabilité de la structure, le stress d'avoir des groupes de 20, ou 40 personnes à gérer seule, et en fin de carrière une dépression nerveuse, mi professionnelle/ mi personnelle (mort d'un enfant): la sécurité sociale qui vous classe en invalidité ne trouve pas de quantité d'heures suffisante pour vous indemniser, l'employeur qui craint de voir tous ses contrats temps partiels requalifiés fait témoigner contre vous vos meilleures copines passées cadres, en bref un "petit boulot" qui m'a bouffé la vie, une action en justice qui en fait autant et qui traine, et un employeur qui fait pression via une collègue au téléphone pour que j'interrompe l'action en justice en cours (chaque fois 3 semaines avant une audience prévue). 1 mois après le suicide de mon fils, une "cheffe de département" m'a demandé de libérer mon bureau pour y mettre un stagiaire: en sortant le soir, j'ai failli passer sous le métro. Une femme nord africaine qui passait sur le quai m'en a empêchée.je la remercie...