Un de vos collaborateurs perd soudainement en performance ou refuse des responsabilités. Il montre des signes de stress au travail. Vous craignez qu'il perde pied. Les conseils de Marc Dumas, enseignant-chercheur en sciences de gestion.
Un de vos collaborateurs perd soudainement en performance ou refuse des responsabilités. Il montre des signes de stress au travail (perte de concentration, irritabilité, anxiété, fatigue....). L'accumulation des changements familiaux et professionnels survenus récemment dans sa vie (charge parentale, rythme d'activité, déplacements professionnels...) rend difficile l'articulation vie personnelle et vie professionnelle. Ainsi Véronique confie ses difficultés liées à son changement de poste : « mon passage d'assistante à responsable « hot line » a augmenté mon amplitude horaire et j'ai des responsabilités plus importantes donc j'ai de moins en moins de temps le soir pour m'occuper de mes enfants... Cela implique plus de stress, de fatigue et donc moins de patience ».
« L'entreprise ne peut pas soutenir un salarié qui a des difficultés, c'est à son manager de l'aider ». Stéphanie, responsable Marketing d'une entreprise de cosmétique en est convaincue.
Réagissez à temps pour aider le salarié avant que les problèmes s'accumulent et qu'il perde pied ou décide de partir. Veillez à ne pas être intrusif, mais identifiez ses besoins en discutant régulièrement avec lui. Antoine, DAF d'un équipementier automobile, explique : « si une personne me répond en arrivant au travail, qu'elle est stressée, je ne m'en moque surtout pas et je veux en savoir plus ... et surtout il ne faut pas rajouter de la pression ». Il ajoute qu'on « n'a pas à poser de question personnelle, à moins que le salarié évoque un problème ».
Commencez par Informer le collaborateur sur les pratiques d'aides et de services que l'entreprise propose (crèche, conciergerie, prestation de services domestiques ...). Il est fort probable qu'il ne se soit pas renseigné par manque de temps... Si la situation l'exige orientez-le vers un spécialiste : le médecin du travail, l'assistante sociale... . Antoine explique que son entreprise est plutôt un modèle : « Des brochures sont adressées aux collaborateurs, le journal d'entreprise en parle, des numéros spéciaux sont consacrés aux services d'aide aux salariés, les salariés peuvent se documenter sur l'intranet, mais je pense qu'ils n'ont pas le temps de les parcourir. C'est donc à nous d'informer nos équipes ».
Soyez ouvert à des arrangements informels et à des mesures ponctuelles : absences occasionnelles, absences pour évènements urgents, télétravail occasionnel, flexibilité des horaires. Proposez lui de l'équiper en outils de communication (ordinateur portable, téléphone portable...). « Je ne peux pas répondre que le travail flexible ne correspond pas aux besoins du service tant qu'on n'a pas expérimenté. Si je refuse le salarié va chercher une aide à la DRH et on est court-circuité », explique Antoine. Il s'avoue très conciliant : « Si une personne a besoin de partir en urgence, je répartis le travail ». Lui-même montre l'exemple : « il m'arrive de partir à 17h pour aller chercher mes enfants à l'école ».
Limitez dans le temps ces mesures afin de garantir une distribution équitable des arrangements et que ses collègues ne ressentent pas une injustice. Rappelez le caractère ponctuel des mesures, afin qu'il ne soit pas déçu lorsqu'elles prendront fin. Le retrait d'une mesure peut être perçu comme un signal négatif. De l'avis de Stéphanie, « des collaborateurs peuvent ne pas comprendre pourquoi on l'accorde à l'un et pas à l'autre, il est donc préférable que des arrangements soient trouvés au sein de l'équipe, sans arbitrage de ma part ».
Encouragez le collaborateur en reconnaissant la qualité de son travail, en lui accordant toute votre confiance, en le rassurant sur ses compétences professionnelles (acceptation des demandes de formation, participation au challenge commercial...). Brigitte, assistante commerciale, confie : « si vous n'êtes pas performant d'habitude, le manager se donnera moins de mal pour vous aider et trouver des arrangements ». Elle évoque avoir vécu une période difficile : « je culpabilisais de ne pouvoir réussir comme les autres, car je consacrais moins de temps au travail du fait des enfants. Mais heureusement que mon manager m'a toujours encouragée et soutenue ».


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